13 ans et plus

L’adolescent autiste au secondaire

L’adolescent autiste au secondaire

  Photographe : iStock

13 ans et plus

L’adolescent autiste au secondaire

Le passage du primaire au secondaire représente toujours une étape importante pour les adolescents. Pour ceux qui vivent avec un trouble du spectre de l’autisme, les défis sont encore plus grands!

«L’entrée au secondaire génère toujours de l’anxiété chez les adolescents», mentionne Catherine Dorion, psychoéducatrice spécialisée en intervention auprès d’enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). «Comme les jeunes TSA sont plus à risque de vivre de l’anxiété en général, c’est important de les préparer à vivre ce changement.»

Apprivoiser la nouveauté

Ce qui stresse, c’est souvent la nouveauté entourant l’entrée au secondaire: nouvelle école, nouveaux enseignants, nouveaux compagnons de classe, nouveau fonctionnement, nouvel horaire, etc. Pour aider le jeune TSA à bien vivre ce passage, la psychoéducatrice recommande aux parents de visiter l’école avec leur ado avant la rentrée, et de rencontrer les professeurs et les intervenants. «Prendre des photos des différents locaux et demander un plan de l’école permet aussi de donner des références visuelles à l’adolescent, dit-elle. C’est bon de lui parler à l’avance de son horaire, de l’exercer à utiliser un cadenas et de faire quelques fois le trajet jusqu’à sa nouvelle école avec lui.»

Selon leur degré d’atteinte, certains adolescents TSA se trouvent en classe spéciale au secondaire, mais ils ont aussi besoin d’être préparés. Justine, l’adolescente autiste de 14 ans de Catherine Chevrette, fréquente une de ces classes. «Elle est dans un groupe qui compte de cinq à huit élèves, dit Mme Chevrette. C’est un atout pour Justine, qui est sensible aux environnements bruyants. On a visité l’école avant son entrée au secondaire, et ce qui m’a rassurée c’est de voir combien son groupe était bien encadré. Depuis le début du secondaire, elle a les deux mêmes enseignants et le même éducateur spécialisé: trois perles! On communique ensemble presque tous les jours par courriel ou par téléphone. On fait équipe avec eux, et c’est ce qui facilite l’expérience de ma fille au secondaire.»

Le défi des relations sociales

À l’adolescence, les amis prennent de l’importance, et ce n’est pas différent pour la majorité des jeunes TSA. «Ce n’est pas vrai qu’ils préfèrent toujours être seuls. Les adolescents TSA veulent souvent avoir des amis, avance Catherine Dorion. Mais ils ne savent pas toujours comment s’y prendre. Certains ont des centres d’intérêt spécifiques, ils en parlent beaucoup sans comprendre que les autres ne sont pas intéressés. Ils doivent aussi s’adapter aux goûts des autres. En vieillissant, ils prennent conscience de leurs difficultés, ce qui peut augmenter leur malaise. À la maison et avec les intervenants, il faut donc continuer à développer leurs habiletés sociales. Parfois l’école offre des ateliers sur cette thématique.» Dominic Daunais, éducateur spécialisé auprès d’adolescents autistes, conseille de voir s’il n’y a pas des activités parascolaires liées aux centres d’intérêt du jeune. «Cela peut être une belle occasion de se faire des amis, dit-il. On peut aussi l’encourager à parler aux autres de ses particularités pour mieux se faire accepter.»

Être entourés de monde à longueur de journée représente toutefois un défi pour certains autistes. «Il faut voir si l’école accepte certains accommodements, comme le fait d’accorder des pauses à l’extérieur de la classe quand le jeune se sent trop envahi et le port de coquilles ou de bouchons aux oreilles pour réduire le bruit», mentionne M. Daunais.

Le risque d’intimidation

Parce qu’ils ont des comportements ou des commentaires différents, par exemple ils appliquent les règles à la lettre, ils n’ont pas de filtre et disent ce qu’ils pensent ou parlent toujours du même sujet, les élèves TSA peuvent être la cible d’intimidateurs à l’école. «Les parents doivent être vigilants à ce chapitre, croit Catherine Dorion. Surtout que parfois les jeunes ne se rendent pas compte qu’ils sont victimes d’actions malveillantes.» Le parent qui pense que son jeune vit de l’intimidation à l’école doit rapidement communiquer avec l’école pour voir ce qu’il en est et trouver une solution.

Pour aller plus loin

Fédération québécoise de l’autisme

Développer les habiletés des personnes autistes dans un contexte d’intimidation, Stéphanie Deslauriers, Fédération québécoise de l’autisme, 2017, 86 p.

L’autisme expliqué aux non-autistes, Brigitte Harrisson et Lise St-Charles, Éditions Trécarré, 2017, 176 p., 19,95 $

 

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