13 ans et plus

Communiquer avec son ado: mode d’emploi

Anne Villeneuve Photographe : Anne Villeneuve Auteur : Coup de Pouce

13 ans et plus

Communiquer avec son ado: mode d’emploi

«J’sais pas», «J’m’en souviens plus», «Ouais»... Voilà à quoi se résument trop souvent les conversations avec nos ados. Comment s’assurer de garder contact?

Les psys disent que l'adolescence est marquée par une quête d'identité et d'autonomie qui passe souvent par une certaine distance avec les parents. Que nos grands souhaitent préserver leur jardin secret et se confier à leurs amis plutôt qu'à nous, on peut le comprendre. Mais comment échanger plus de deux ou trois mots avec eux?

Ma soeur Diane, qui a trois filles de 17, 15 et 13 ans, utilise l'humour. «Je les taquine gentiment, dit-elle, je blague, je niaise avec elles. Ça désamorce les tensions, ça les met à l'aise. Parfois, on fait juste rire ensemble et ça ne va pas plus loin. Mais d'autres fois, ça déclenche une conversation.»

Marie-Klaude, mère de trois enfants de 20, 17 et 11 ans, remarque pour sa part que les déplacements en auto sont propices aux discussions. «Mon aîné, qui a une personnalité réservée, en profite pour me parler de ce qui le préoccupe.»

Cette mère d'expérience a aussi fait sien le vieil adage qui dit de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. «Avant d'amorcer une conversation délicate, je réfléchis à mon message, je choisis mes mots et j'attends d'être seule avec mon fils ou ma fille. Généralement, ça nous rend tous les deux plus réceptifs.»

Quand une situation est plus corsée, Diane a pris l'habitude de se mettre mentalement à la place de ses filles. «J'essaie de comprendre comment elles se sentent, comment je réagirais si j'étais elles. Ça change tout. Si je leur dis que je comprends combien elles peuvent être déçues, fâchées ou trouver telle ou telle situation frustrante, elles sont plus portées à s'ouvrir et à discuter.»

Cette attitude facilite également les compromis de part et d'autre. Car se mettre dans la tête de notre ado entraîne forcément une plus grande ouverture. «Je ne laisse pas tout passer, loin de là, mais quand mes filles ont de bons arguments, elles peuvent me faire changer d'idée», dit Diane.

De l'ouverture, il en faut quand on a des ados et c'est peut-être notre meilleur atout pour avoir une bonne communication. À l'inverse, le style «Je te dis quoi faire et tu obéis» ainsi que le fait de porter des jugements sur les gestes et opinions de notre jeune ou sur ses amis sont des obstacles, selon la coach familiale Nancy Doyon. «Il se rebellera ou ne voudra plus rien nous dire. Le mieux, c'est d'agir comme un guide en l'écoutant, en le questionnant pour le faire réfléchir, en abordant les problèmes non pas avec des reproches, mais sous l'angle de la recherche de solutions.»

Pas question, toutefois, pour Diane et Marie-Klaude d'essayer de forcer les confidences. Quand leurs jeunes ne veulent pas parler, elles n'insistent pas. Si elles ont compris une chose, c'est ceci: quand on est parent d'un ado ou d'un jeune adulte, il faut accepter de ne pas tout savoir.

J'ai moi aussi ma règle d'or: toujours garder une bonne relation avec les blondes de mes fils. Car c'est souvent par elles que j'apprends ce qui se passe dans la vie de mes gars! 

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