13 ans et plus

Aider son jeune à choisir son champ d'études

Aider son jeune à choisir son champ d'études

Aider son jeune à choisir son champ d'études Photographe : iStock Auteur : Nathalie Vallerand

13 ans et plus

Aider son jeune à choisir son champ d'études

Notre ado hésite encore quant au choix de son programme d’études? Voici 5 questions pour l’aider à s’orienter.

1. Quels sont tes champs d'intérêt?

«Pour qu'un jeune s'oriente, il doit savoir qui il est, dit Isabelle Falardeau, conseillère d'orientation au Collège de Maisonneuve. Comme parent, on peut jouer un rôle de miroir en verbalisant les intérêts et les qualités de notre enfant et ce, dès son jeune âge. Lui parler de ses forces et des activités qu'il aime l'aide à mieux se connaître.» D'abord, on répertorie avec lui ses loisirs, habitudes, petits plaisirs, matières scolaires préférées, les sujets qui l'allument, etc. Pour obtenir un portrait plus précis, on l'invite ensuite à décortiquer chacun d'eux. Ainsi, s'il aime la natation, on l'invite à se demander pourquoi: il se sent libre dans l'eau? il aime la compétition? il carbure aux défis? il apprécie l'esprit d'équipe qui règne dans son club de natation? Cela lui permettra de se découvrir d'autres préférences.

Aussi, il peut penser à ce qu'il trouve important dans la vie: autonomie, respect, ambition, argent, équilibre travail-famille, justice, sauvegarde de l'environnement, accomplissement dans le travail, engagement social, etc. Ses valeurs lui serviront de critères dans le choix de sa carrière, car il sera davantage motivé et épanoui si sa profession est en lien avec celles-ci.

Enfin, l'attirance pour une profession ne suffit pas pour y accéder. Il faut également posséder les capacités et les qualités requises: capacité à résoudre des problèmes, sens de l'esthétique ou de l'organisation, créativité, facilité à s'exprimer ou à prendre des décisions, intelligence, empathie, souci du détail, patience, discrétion, débrouillardise, résistance au stress, dextérité, etc. Les matières dans lesquelles notre jeune réussit, ses talents, les activités et les tâches qu'il accomplit facilement, ses réussites, sa façon de résoudre les problèmes sont autant d'aspects à explorer pour dresser le bilan de ses aptitudes.
 

2. Combien d'années veux-tu consacrer à tes études?

Souhaite-t-il faire des études collégiales ou universitaires? À moins qu'il n'opte pour une formation professionnelle au secondaire (DEP)? On aurait tort d'être déçue que notre jeune ne vise pas l'université, car les DEP ainsi que les programmes techniques au cégep mènent à des emplois intéressants et souvent bien rémunérés. Et ces formations ne ferment pas les portes du cégep ou de l'université, loin de là! S'il le désire, il pourra poursuivre des études supérieures en se faisant créditer certains des cours suivis.

À savoir: «Les programmes préuniversitaires du collégial sont un passeport vers l'université. Pas vers un métier!» met en garde Dominique Demers, conseillère d'orientation à l'École secondaire Grande-Rivière, à Gatineau. Si notre jeune n'a pas l'intention de faire de longues études, on évite donc de l'inciter à s'inscrire en sciences de la nature, en sciences humaines ou en arts et lettres. Il sortirait du cégep avec une formation générale, ce qui mettrait hors de sa portée les emplois les plus intéressants.

Il veut aller à l'université. Mais est-ce une bonne idée d'opter pour les sciences de la nature, au cégep, parce que cela ouvre toutes les portes? Il est vrai que c'est un préalable pour la plupart des programmes de la santé et des sciences pures et appliquées. «Toutefois, si le jeune sait déjà qu'il n'a pas envie de travailler dans ces domaines et si la chimie et la physique lui déplaisent, il trouvera ses cours ennuyants et difficiles, avertit Dominique Demers. L'important, c'est qu'il puisse ouvrir les portes qui lui conviennent, pas nécessairement toutes les portes.» La meilleure stratégie pour trouver une voie qui rendra heureux? Respecter ses goûts.

 

3. Avec quels domaines as-tu le plus d'affinités?

Le monde du travail se répartit en cinq grands domaines: vivant (santé humaine, vie végétale et animale), matière (biens et matériaux, habitat, transport, etc.), humain (société, relation d'aide, éducation, etc.), gestion (ressources humaines, informatique, biens et services, administration, etc.) et culture (arts, langues, mode, communication, etc.). «En 5e secondaire, le jeune qui prévoit aller à l'université peut déterminer le domaine qui l'intéresse sans nécessairement choisir une profession, note Dominique Demers. Et s'il hésite entre deux ou trois, il sait au moins lesquels ne l'intéressent pas!»

Il faut ensuite identifier quels programmes d'études mènent aux domaines choisis et examiner chacun en profondeur. À cet effet, un conseiller d'orientation pourra aider notre grand à établir des liens entre ses intérêts et les programmes ainsi qu'à y voir plus clair dans les centaines de formations offertes. Aussi, la plupart des centres de formation professionnelle et certains cégeps permettent d'être étudiant d'un jour avant de s'inscrire. On l'incite à s'en prévaloir.

Vers quel genre d'emplois mène cette formation? Question élémentaire, mais parfois oubliée! Les programmes préuniversitaires du cégep ne conduisent vers aucune profession précise. Sait-on qu'il en est de même pour certains programmes universitaires, tels sciences humaines, lettres, sciences pures, sciences physiques, psychosociologie et arts? «Les diplômés doivent affronter un marché du travail très difficile, écrit le conseiller d'orientation Jacques Langlois dans Le Guide des professions. Seuls les plus doués parviennent à faire carrière dans leur domaine. Les autres poursuivent leurs études par dépit, trouvent un travail décevant, ou se réorientent.» Mieux vaut en être averti.

 

4. Pourquoi veux-tu devenir avocat, vétérinaire, plombier?

Pour choisir une profession, il faut savoir ce qu'il en est réellement. Qu'est-ce que ça fait, au juste, un actuaire? un inhalothérapeute? Quels sont les débouchés, les conditions de travail, le salaire moyen, les horaires, le degré d'autonomie, le niveau de stress? Les avantages et les inconvénients? Travaille-t-on seul ou en équipe? On encourage notre jeune à s'informer par des lectures, à questionner des gens qui font carrière dans le domaine, à faire un stage d'un jour. C'est le temps de faire jouer nos contacts! On l'incite aussi à s'imaginer pratiquer ce métier. «Es-tu à l'aise avec tel ou tel aspect?» Puis, on l'aide à se donner des critères pour évaluer les professions qui l'intéressent (conciliation travail-famille, besoin de sécurité financière, taux de chômage, localisation des emplois, salaire, stress, employeurs potentiels, travail individuel ou en équipe, etc.).

Elle veut être chirurgienne, mais elle a peur du sang. Il veut être cuisinier, mais il ne sait même pas se faire cuire un oeuf. «L'écart entre la perception des jeunes et la réalité est parfois immense, remarque Isabelle Falardeau. Ces temps-ci, plusieurs rêvent d'être enquêteurs sur des scènes de crime, comme dans la série CSI. Mais ils ignorent qu'il faut être policier et que très peu d'enquêteurs travaillent aux homicides.» Que faire lorsque le choix de notre jeune nous semble fantaisiste? On évite de rire de lui. On l'amène plutôt à approfondir sa réflexion pour déterminer lui-même si c'est réaliste. On l'invite à décrire les tâches qu'un dentiste accomplit, ce qui l'attire vers cette profession ou encore les étapes à franchir pour y arriver. Il réalisera peut-être que son choix est trop ambitieux en regard de ses résultats scolaires, qu'il ne correspond pas à ses goûts véritables ou que la réalité est différente de l'idée qu'il s'en fait.

Son choix nous déçoit? On doit le respecter. «La destination choisie par notre enfant correspond à ses intérêts, insiste Isabelle Falardeau. C'est à lui de décider.»

 

5. Et si tu es refusé?

Un plan B et un plan C sont essentiels, car plusieurs programmes sont contingentés. Notre jeune doit trouver des solutions de rechange à son premier choix. Quelles autres professions s'en rapprochent le plus? Lesquelles font appel aux mêmes intérêts et aptitudes? «C'est un mythe de croire qu'une seule voie lui est destinée, affirme Isabelle Falardeau. La plupart des gens peuvent s'accomplir dans plusieurs professions.»

À LIRE: Mon enfant n'aime pas le cégep

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