0-5 ans

Maintien et sentiment de sécurité

Maintien et sentiment de sécurité

� iStockphoto.com Photographe : � iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

0-5 ans

Maintien et sentiment de sécurité

Le maintien (ou holding), c'est tenir un bébé dans ses bras, le bercer, le regarder et lui parler. Ce maintien avec un enfant adopté lui permet de ressentir une présence sécurisante et crée les conditions d'un attachement sain.

La majorité des parents font du maintien par instinct, que leur bébé soit calme et intéressé par les interactions qui se déroulent à ce moment entre son parent et lui, ou qu'il pleure parce qu'il ressent des sensations désagréables. Après quelque temps, l'enfant s'apaise et souvent s'endort.

Cette forme de maintien, qui est aussi appelée «contenance», permet au bébé de ressentir la sécurité, la protection et la force tranquille qui émanent de son parent, ce qui le rassure, le calme et lui donne envie d'aller plus loin dans les interactions (regards, gazouillis, caresses) avec lui. On appelle cela «l'accordage affectif» («attunement»).

Le maintien permet aussi au bébé de se sentir en sécurité dans les bras de son parent et de créer progressivement la confiance en ce dernier, base de l'attachement.

La pratique naturelle du maintien est donc aussi un outil préventif incontournable de rematernage et de repaternage de l'enfant adopté. Il doit être utilisé avec une intention bienveillante et chaleureuse, comme avec tous les bébés, mais avec quelques particularités d'usage et de mise en garde. L'enfant adopté n'en a peut-être pas l'habitude (il était laissé à lui-même dans sa bassinette) ou il a l'habitude d'être porté, mais par quelqu'un d'autre que son parent adoptif (sa mère de naissance ou une nourrice qu'il vient de quitter).

Un rituel quotidien

Parents d'un enfant nouvellement adopté, faites du holding un rituel quotidien. Chaque jour, prenez le temps de vous asseoir dans un fauteuil ou un canapé avec bébé dans les bras de maman et maman dans les bras de papa.

Parlez à votre bébé, répétez-lui combien vous l'aimez, combien vous êtes heureux qu'il soit avec vous, que vous êtes fier de lui, de ses progrès, de son sourire, de ses gazouillis. Accompagnez vos paroles de caresses sur ses mains, de mouvements de bercement, de petites chansons. Laissez-lui le temps de vous répondre par ses regards, ses mouvements, ses gazouillis. Faites-en un moment de bonheur à trois (ou à deux).

Si l'enfant résiste, atténuez ses peurs

Attention, certains bébés, même très jeunes, n'aiment pas (ou plus) le contact physique. Il sera parfois difficile de tenir longtemps votre enfant dans vos bras sans qu'il ne manifeste un certain inconfort. Dans ce cas, allez-y plus doucement, plus progressivement.

Ne faites pas durer ce moment plus longtemps qu'il ne le supporte, de jour en jour ce temps s'allongera. Dites au bébé que vous savez que cela lui est difficile, car il n'a pas toujours reçu des soins et de l'attention et que cela peut lui faire peur. Dites-lui que dans vos bras, il n'est pas en danger et que dans ses yeux vous ne voyez jamais un mauvais bébé, mais parfois de la peur. Une peur de petit bébé...

Dites-lui que maintenant il ne sera jamais seul dans vos bras avec sa peur ou sa colère, vous n'avez pas peur de cette colère, de cette peur. Vous la comprenez et c'est votre travail de bon papa ou de bonne maman de vous en occuper. Dites-lui que vous êtes triste qu'il ait souffert avant, mais que maintenant il est en sécurité avec vous.

Des repères sécurisants

Dans les moments d'inconfort, de malaise, de détresse de votre enfant (après le vaccin, quand il est fiévreux, quand il a été réveillé en sursaut, quand il a peur, etc.) reprenez la même attitude, les mêmes paroles, bercements, chansons. Cela lui permettra de retrouver ses repères et de s'apaiser plus facilement en se sentant en sécurité dans vos bras.

Avec un enfant adopté après l'âge d'un an, essayez de créer le même rituel. Cela prendra sans doute plus de temps, votre enfant sera certainement plus méfiant, moins enclin à se couler dans vos bras au début. Mais n'arrêtez surtout pas. Par ailleurs, ne dépassez pas la durée que l'enfant peut supporter. Éventuellement, ne le tenez pas au creux de vos bras au début, mais avec une petite distance, assis sur vos genoux plutôt que sur vos cuisses par exemple. Essayez de croiser son regard sans insister au début. Pas question de le forcer à rester dans vos bras, ce qui devrait être un bon moment se transformerait ainsi très vite en séance de torture.

Appelez ce moment d'intimité comme vous le sentez: le moment des câlins, proposez à l'enfant de «recharger ses batteries», de faire «le plein d'affection»... Mais essayez envers et contre tout que ce moment soit très régulier, tous les jours, toujours à la même heure, toujours dans le même fauteuil. Que cela devienne un rituel attendu tant par lui que par vous.

Pour sa part, le sucré participe également à la sensation de sécurité. Vous pouvez ainsi profiter de ce moment de contenance pour donner un biberon ou, chez les enfants plus grands, des bonbons.

Un échange de tendresse constant

Ce qui est important, c'est que ce moment revienne aussi régulièrement et rituellement que possible, et qu'il soit vécu dans la tendresse et dans le calme. C'est un moment précieux d'échanges, d'accordage entre le parent et l'enfant.

Chaque fois que votre enfant vit une difficulté, un sentiment de détresse, d'abandon, quel que soit le lieu et l'heure, reprenez autant que possible cette attitude pour le sécuriser.

Lorsque vous le pratiquerez en temps de crise, il est probable que cela lui rappellera des sensations agréables et l'aidera à s'apaiser, et il sera clair pour lui que vous cherchez à le réconforter, et non à le sanctionner. Il ne doit pas y avoir de gagnant ou de perdant lorsqu'on fait cela, seulement un moment où l'on souhaite être en communication affective saine et intense avec son enfant, comme le ferait une maman qui berce un bébé qui a des coliques.

Développer la sécurité et l'attachement

Ce temps de maintien sert avant tout à développer la sécurité et l'attachement chez un bébé, chez un petit enfant ou un plus grand nouvellement arrivé dans la famille. Mais le temps de maintien peut aussi être utilisé de façon plus thérapeutique quand l'enfant est en colère ou quand le parent veut lui faire savoir qu'il n'accepte pas un de ses comportements.

Le saviez-vous?

Faire une période holding tous les jours, surtout durant la première année de l'arrivée d'un enfant adopté, peut faire toute la différence dans la création ou non d'un lien d'attachement. Dans un objectif préventif, on peut «prescrire» cette période qui devrait idéalement se faire dans une chaise berçante pour favoriser la stimulation vestibulaire, stimulation si importante pour développer la motivation et la concentration.

Mais le holding peut et doit être fait d'abord par la maman en présence ou non du papa qui la supporte à son tour. N'oublions pas que les mamans adoptives ont à réparer des blessures que d'autres femmes ont causées. C'est dans le nouveau lien plus sain que ces blessures peuvent se soigner. C'est donc maman d'abord et, plus tard, papa. Par contre, de temps à autre, il est très important que le papa soit là, derrière la maman pendant le holding. Il supporte sa conjointe, la valorise beaucoup aux yeux du bébé. Il l'encourage à poursuivre, même lorsque les émotions deviennent très fortes. Il doit tolérer la colère ou la tristesse de la maman puis la diriger vers l'accordage. / Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Le monde est ailleurs, 2007

Sources

Martha G. Welch. Holding Time, Simon and Shuster, New York (1989).

Doris A. Landry. Holding emotionally or physically should be one in the same, 2004.

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