Jardinage

Un potager bien pensé

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Auteur : Coup de Pouce

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Un potager bien pensé

Cultiver ses légumes, c’est plus facile qu’il n’y paraît. Même si on dispose de peu d’espace! Il suffit de bien planifier et d’adopter de bonnes pratiques de culture. Une experte nous conseille.

Dans son plus récent livre, Mon potager santé, l'agronome Lili Michaud décortique le sujet sous toutes ses facettes, de la planification à la réalisation, en passant par les semis, les récoltes et les dommages possibles aux plantes, sans oublier l'aspect santé, humaine autant qu'environnementale, très cher à l'auteure. Elle partage avec nous ses astuces et ses conseils.

Potager: choisir un endroit de choix

L'idéal est d'avoir un coin de verdure dans la cour. (On habite en appartement? Voir Potager: la culture en pot, en page 5.) Notre potager doit bénéficier d'un ensoleillement maximal, c'est-à-dire d'au moins 6 à 8 heures de soleil par jour. Si on a le choix entre deux zones également ensoleillées, on privilégie celle qui reçoit les premiers rayons du matin. On préfère également un terrain plat. S'il y a une pente, il est souhaitable qu'elle soit orientée vers le sud ou l'ouest, et elle ne doit pas être trop prononcée. Aussi à considérer: la présence d'arbres. Ils sont du plus bel effet dans une cour, mais, situés trop près du potager, ils feront de l'ombre à nos plantes et leurs racines draineront une part importante de l'eau et des nutriments du sol. Dernier point: le sol doit être bien drainé; on ne veut pas que nos légumes aient les pieds dans l'eau!

Potager: les questions à se poser avant de commencer

Un des secrets du succès: bien se préparer avant de se lancer. D'abord, on évalue nos connaissances en jardinage. On est débutante? On se limite à des cultures faciles comme la bette à carde, la laitue ou la tomate. Ensuite, on détermine l'ampleur du projet: on a de l'espace pour trois ou quatre pots, ou on dispose de plusieurs mètres carrés? La réponse influencera le choix des légumes qu'on fera pousser. Autre facteur à considérer: nos goûts et ceux des gens qui profiteront de nos récoltes. Par exemple, les enfants apprécient souvent les mini-légumes, comme les mini-tomates; c'est le temps d'y penser.

Bien équipée pour bien jardiner

Certains outils nous faciliteront grandement la vie:

  • une binette pour ameublir la terre en surface et incorporer le compost;
  • une fourche à bêcher pour travailler le sol en profondeur et pour faciliter la récolte des légumes-racines;
  • un râteau pour tracer les allées;
  • une pelle pour ajouter le compost et les divers amendements et pour planter les grosses plantes;
  • un coupe-bordure pour bien délimiter le contour du potager;
  • une brouette ou de gros seaux pour transporter le compost et la terre;
  • une petite binette à dents, un sécateur et une petite pelle pour les plus petits travaux (un truc: on les choisit avec des manches de couleur voyante pour les repérer facilement);
  • des boyaux d'arrosage et un arrosoir;
  • de la corde et des piquets pour tracer le contour du potager;
  • un chapeau à large bord, des gants de travail résistants et des genouillères.

On commence? Pas besoin de se lancer à la quincaillerie pour acheter tous ces articles d'un coup. Mieux vaut emprunter le matériel d'une amie et se procurer un outil de bonne qualité par année, par exemple. La qualité est importante: une binette dont les dents sont tordues après deux ans n'est pas vraiment une économie.

Une bonne idée: la culture en planches

Les planches de culture sont des surfaces de sol de longueur et de largeur déterminées, sur lesquelles plusieurs rangs peuvent être regroupés. Elles sont bordées d'allées communes et leur niveau peut être plus ou moins surélevé, selon le type de sol. On détermine leur largeur en fonction de la longueur des bras de la jardinière, de façon que tous les plants soient accessibles. Concrètement, si on a accès aux deux côtés de la planche, elle devrait être de 1 à 1,5 m; si on n'a accès qu'à un côté, on ne dépasse pas 1 m de largeur. La longueur des planches peut être de 1,5 à 2 m, mais on n'a pas avantage à les faire trop courtes puisqu'on perd alors en surface de culture. Finalement, la largeur des allées peut être d'environ 30 cm, soit la largeur de la partie métallique d'un râteau.

Potager: des associations payantes

Dans la nature, certaines plantes s'associent spontanément pour mieux survivre. On gagne à appliquer ce principe au potager, afin de protéger nos plants des ravageurs ou d'attirer les insectes pollinisateurs. Ainsi, les plantes aromatiques créent de la confusion chez le ravageur, qui retrouve difficilement sa plante-hôte. Dans cette optique, la tomate et le basilic ou le chou et la marjolaine font bon ménage. De même, certaines plantes (concombres, courges, etc.) ont besoin de la visite des insectes pour leur pollinisation et la production de leurs fruits. Des fleurs réputées pour attirer les pollinisateurs: le thitonia, la gaillarde, le tournesol ou l'échinacée, par exemple.

Un plan détaillé et un journal de bord

Ça y est, on est maintenant prête à dresser la liste des plantes qu'on aimerait cultiver et à dessiner un croquis de notre projet! Évidemment, notre potager peut prendre la forme qu'on veut, mais les carrés et les rectangles sont les formes les plus populaires, étant les plus faciles à aménager. Les formes arrondies, pour leur part, se confondent davantage avec le jardin. Un conseil à cette étape: si on en est à nos premières armes, on ne s'emballe pas et on reste modeste dans nos ambitions. Voici un exemple de jardin de débutant:

 

Et pourquoi ne pas réunir la liste de nos semences et notre plan de jardin en un seul et même endroit en tenant un journal de bord? Comme la mémoire est une faculté qui oublie, on y note:

  • la date du dernier gel printanier et du premier gel automnal;
  • les dates de semis, de repiquage et de récolte;
  • les événements climatiques exceptionnels (pluies diluviennes, grande sécheresse);
  • les dommages observés sur nos plants ainsi que les méthodes de prévention et de contrôle utilisées

 

La mise en place du potager

Ça y est, le printemps est arrivé et le sol est suffisamment sec. Notre plan en main, c'est le moment de passer à l'action. Voici comment.

  • On délimite le contour du potager à l'aide de piquets et de corde pour les lignes droites. Pour tracer les lignes courbes, on utilise un produit de marquage comme des coquilles d'oeufs broyées.
  • On découpe le contour du potager à l'aide d'un coupe-bordure. On découpe ensuite de petites plaques de gazon qu'on retourne à l'aide d'une bêche et qu'on laisse sécher sur place. Après environ 24 heures, on les secoue pour récupérer un maximum de terre.
  • On procède au bêchage. Cette opération a pour objectif d'ameublir la terre et de retirer tous les indésirables: herbes, pierres, vers blancs et gris, limaces, etc. On fait attention à nos alliés, les vers de terre, et on bêche toujours à reculons, pour ne pas marcher sur la terre qui vient d'être travaillée.
  • On trace le contour des planches et des allées à l'aide de piquets et de cordes.
  • On ajoute du compost ou des engrais naturels là où il en faut selon les exigences de nos plantes.
  • On aplanit les surfaces tout en conservant un léger rebord sur le pourtour des planches.

Pour un sol en santé

Peu importe le type de sol, quelques règles de base permettent de le conserver bien en santé ou de l'améliorer.

  • On le travaille au bon moment et seulement lorsque c'est nécessaire.
  • On l'amende avec du compost ou d'autres amendements calcaires au besoin.
  • On évite l'usage d'engrais chimiques. Si on doit en utiliser, on privilégie les engrais naturels.
  • On évite de circuler sur le sol lorsqu'il est humide.
  • On évite de laisser le sol à nu pendant de longues périodes. Si on n'a rien à y cultiver, on le couvre de paillis organique.

Bien gérer l'eau

Les Québécois sont les plus grands utilisateurs d'eau dans le monde après les Américains avec 424 L par personne par jour. Une consommation énorme, qui peut doubler l'été en raison d'un arrosage parfois excessif. Pour protéger cette ressource, il est souhaitable d'adopter de bonnes pratiques de gestion de l'eau.

  • On recueille l'eau de pluie dans de grands contenants placés sous une gouttière ou exposés aux intempéries.
  • On arrose moins souvent mais en plus grande quantité. Cela aide les racines à bien se développer, ce qui rend la plante plus autonome et lui permet de mieux résister aux périodes de sécheresse ou de canicule.
  • Idéalement, on arrose le matin ou en fin d'après-midi. On évite la période entre 10 h et 16 h: on pourrait causer des brûlures à nos plantes et une grande partie de l'eau se perdrait de toute façon par évaporation. On évite aussi d'arroser en fin de soirée: le feuillage reste alors plus longtemps humide, ce qui rend nos plantes plus vulnérables aux maladies.
  • On porte une attention spéciale à l'humidité du sol après les semis et la transplantation: il doit rester humide de 10 à 14 jours. Après, on arrose au besoin.
  • Lorsque les plants sont établis, on les arrose à la base plutôt que par aspersion.

Potager: la culture en pot

On habite un haut de duplex? Tout n'est pas perdu. On peut cultiver nos légumes en pots sur notre balcon si ce dernier bénéficie d'un ensoleillement d'au moins 6 heures. Le choix de cultures est alors plus limité (tomates, poivrons, aubergines, etc.), même si le fait que le terreau se réchauffe plus qu'en pleine terre favorise la culture des plantes légumières qui aiment la chaleur (tomates, aubergines, etc.).

Pour ce type de culture, l'idéal est d'utiliser des contenants à réserve d'eau, dont la base permet de stocker de l'eau pour plusieurs jours, voire une semaine (de 55 $ à 65 $). Les plantes et le terreau se trouvent dans la partie supérieure, tandis que la partie inférieure contient de l'eau. Entre les deux, une section contenant un matériau poreux qui permet à l'eau de monter par capillarité. Un tube qui longe la paroi du bac facilite l'approvisionnement en eau. Sur le marché, les deux marques principales sont Earthbox et Biotop, mais on peut aussi fabriquer nos propres contenants avec de vieux seaux de plastique.

Voici quelques trucs pour la culture en pot:

  • Si on choisit des terreaux prêts à l'emploi, on privilégie ceux qui sont certifiés pour la culture bio. On peut réutiliser le terreau de l'an dernier, mais il faut y ajouter des amendements. Pour cela, on verse le terreau dans un grand sac de plastique, on évalue le volume obtenu, on ajoute le tiers en compost, on mélange bien et on remet le tout dans le contenant. Si on utilise des bacs à réserve d'eau, on se réfère aux recommandations du fabricant.
  • Pour minimiser les pertes d'eau, on couvre le sol de nos pots de paillis: bois raméal fragmenté (BRF) finement haché ou écales de cacao.
  • Pour faciliter le déplacement des gros contenants, on les dépose sur des bases munies de roulettes.
  • On profite de nos rampes d'escaliers ou de nos murs pour y faire grimper les haricots, les pois et les concombres sur des filets ou des grillages.

 

 

 

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