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Guide pour réussir son potager

Guide pour réussir son potager

Thinkstock Photographe : Thinkstock Auteur : Coup de Pouce

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Guide pour réussir son potager

Nul besoin d’être une jardinière chevronnée pour réussir notre potager. Voici un guide pour planifier nos cultures et adopter les bonnes pratiques.

1. Bien choisir l'emplacement

Notre potager doit être situé à l'abri des vents, à proximité d'une source d'eau et il doit bénéficier de 6 à 10 heures d'ensoleillement par jour. Le sol doit être bien drainé et éloigné des arbres matures, car leurs racines peuvent gêner la pousse des légumes.

2. Planifier

Une bonne planification est essentielle pour réussir.

Le plan
Sur une feuille, on fait un croquis à l'échelle de notre potager (10 cm = 1 m, par exemple). On y inscrit ce qu'on veut planter et où on le ferait. On privilégie les formes rectangulaire et carrée, qui sont plus faciles à aménager. Il est également important de ne pas voir trop grand s'il s'agit de notre première tentative.

Au lieu d'une rangée de légumes alternée d'une allée, on dessine des planches de cultures (un potager organisé en buttes séparées par des sentiers étroits). Cette technique maximise l'espace et diminue le piétinement du sol, nuisible à son activité biologique.

La largeur des planches dépend de la longueur de notre bras: on doit pouvoir entretenir le centre de la planche aisément. Ainsi une planche accessible de toutes parts fera de 1 à 1,5 m de largeur. Sa longueur sera de 1,5 à 2 m ou plus, si le terrain est assez grand. Entre les planches, on prévoit des allées (en bois, paillis, paille, pelouse, gravier ou dalles) larges de 30 cm ou plus pour mieux y circuler avec une brouette.

Les plantes

  • On opte pour des plantes qui auront le temps de pousser et de produire dans notre zone de rusticité. On ne connaît pas notre zone? On s'informe auprès de notre pépiniériste ou on se rend sur le site de Météomédia.
  • On opte de préférence pour des plantes qui seront aimées par la famille.
  • Pour éloigner les insectes nuisibles, on nourrit les pollinisateurs (leur butinage favorise de beaux fruits et légumes) et pour parfumer nos plats, on intègre des fines herbes aromatiques (hysope, coriandre, thym, etc.).
  • On s'assure que nos plantes auront assez d'espace. Par exemple, si on a un petit potager, on ne choisit pas de plantes gourmandes et à grand développement comme la citrouille et le maïs.

Intégration des plantes au plan

  • Sur notre plan, on dispose les plantes en leur associant les bons compagnons. Par exemple, le haricot nain éloigne le doryphore de la pomme de terre, les plantes de la famille des alliacées (oignon, poireau, ail) nuisent à la croissance des fabacées (pois, gourgane, haricots) et les herbes comme le thym et la sauge protègent les choux des ravageurs.
  • On met les plantes les plus hautes au nord afin qu'elles ne portent pas ombrage aux plus courtes.
  • On choisit une relève à celles dont la croissance ne s'étale pas tout l'été (aux pois semés au printemps succéderont à l'été les betteraves).
  • On intercale les cultures pour gagner en rendement. Par exemple: le radis marque le rang et sera retiré à temps pour laisser les carottes pousser.
  • On conserve ce plan pour l'an prochain pour effectuer la rotation des familles potagères afin que le sol ne s'épuise pas.

3. Enrichir le sol

Au printemps, lorsque le sol n'est plus détrempé, on désherbe soigneusement la zone délimitée et on récupère le maximum de terre provenant des plaques de gazon séchées. Le reste ira au compost. Ensuite, on bêche le sol avec une fourche-bêche pour favoriser la pénétration de l'eau et de l'air. On surélève le potager de 10 à 30 cm audessus du niveau du sol. On peut creuser le sol des allées pour ajouter de la hauteur à notre rang de culture. Une fois le sol aéré et aplani, on évite de le piétiner. On aplatit la terre autour des planches de façon à former un petit rebord.

Ensuite, on ajoute des amendements (compost, fumier, chaux, etc.) selon la texture de notre sol (sablonneux, loameux, argileux) et son pH. Pour tester notre sol, on s'informe auprès d'une jardinerie sur la meilleure façon de faire un bon prélèvement, qu'elle pourra ensuite évaluer. Le compost étant le meilleur amendement, on l'incorpore à chaque printemps aux premiers centimètres de terre; la quantité requise varie selon la qualité de notre sol et la gourmandise des plantes qu'on choisit de cultiver.

Des denrées intéressantes à cultiver

  • Concombre: un classique à faire grimper sur un treillis pour économiser de l'espace.
  • Carotte: on la choisit selon nos préférences. La gastronome optera pour la nantaise, les enfants voudront des carottes miniatures.
  • Mélange de laitues: lorsque les plants atteignent une dizaine de cm de haut, on coupe quelques pousses aux ciseaux ou on rabat les plants en entier (certains repousseront).
  • Haricots: grimpants et nains pour en déguster tout l'été.
  • Betterave: nutritive de la racine au feuillage.
  • Tomate: cerise, beefsteak, rayée, italienne ou noire, c'est la reine incontestée du potager. Par contre, les tomates demandent beaucoup de soins.
  • Les aromates: aneth, basilic, marjolaine, ciboulette, shiso... on n'en a jamais trop.

4. Les plantations

Pour des récoltes abondantes et continues, on planifie un calendrier de plantation et des semis. On consulte les sites meteomedia.com pour connaître la dernière date de gel dans notre région. Celle-ci nous permettra de baliser nos actions.

Semer dans les règles de l'art

  • Choisir des semences de qualité et datées.
  • Semer lorsque la terre n'est plus gorgée d'eau et qu'elle s'effrite aisément entre les doigts.
  • Faire un sillon, déposer les semences aux distances recommandées sur le sachet et appuyer légèrement dessus avec la main. On identifie le semis avec une étiquette.
  • Arroser au besoin pour que la terre soit toujours humide.
  • Lorsqu'elles atteignent 3 à 4 cm de hauteur, arracher à la main les plantes les moins vigoureuses qui sont en surnombre. Cela favorisera le bon développement des plants les plus forts.
  • Couvrir notre sol de paillis (environ 3 à 4 cm d'épaisseur) pour limiter les arrosages, le désherbage et pour éviter la formation d'une croûte imperméable en surface qui empêche l'eau de s'infiltrer.

Transplanter sans se planter

  • Choisir des plantes trapues et bien enracinées.
  • Privilégier un jour de plantation nuageux et un sol drainé.
  • Arroser les plants avant la plantation.
  • Creuser avec une truelle un trou un peu plus large que la motte de racines.
  • Déposer la plante dans le trou. S'assurer que le collet (la jonction entre la racine et la tige) se trouve au niveau du sol (sauf indication contraire).
  • Remplir le trou de terre et tasser un peu.
  • Arroser en ajoutant un engrais aux algues, pailler et, au besoin, tuteurer.

5. Entretenir nos efforts

Pour que nos efforts portent leurs fruits, il faut visiter notre potager régulièrement.

  • On arrose au pied des plantes, au besoin, et on s'assure que l'eau pénètre loin dans le sol: cela permettra aux racines de se développer en profondeur où elles sauront puiser l'eau durant les périodes de chaleur intense. S'il fait très chaud, on arrose en fin d'aprèsmidi afin que les plantes aient le temps d'absorber l'eau durant la nuit.
  • On sarcle, on désherbe, on nettoie, on taille et on attache les plants lorsque nécessaire.
  • Selon les cultures, on fertilise à l'aide d'engrais naturels (par exemple: des algues liquides, des émulsions de poisson, du fumier déshydraté et d'extraits de plantes).
  • On trouve des insectes sur nos cultures ou on constate des maladies? On s'informe de leur réelle nuisance. Si on doit agir, on préfère des méthodes comme la récolte à la main, les barrières physiques (comme les coquilles d'oeufs qu'on dépose au pied des plantes pour éloigner les limaces) ou on révise nos méthodes de culture. Si on doit appliquer un pesticide, on en choisit un à faible impact sur l'environnement et la santé.
  • On consigne nos observations et nos actions dans un journal de bord (température, semis, pertes, réussites, fertilisations, insectes ravageurs, etc.) pour la mémoire, qui fait parfois défaut!

Des outils indispensables

  • Bêche pour retourner, couper
  • Binette pour ameublir, niveler, butter, désherber, creuser
  • Fourche-bêche pour ameublir, aérer, récolter
  • Pelle ronde pour creuser, planter, amender, mélanger
  • Sécateur pour tailler et récolter
  • Transplantoir pour planter
  • Râteau pour niveler, ratisser
  • Tuyau d'arrosage et arrosoir pour irriguer, fertiliser
  • Seau ou grand panier souple pour récolter.
  • Aussi utiles: gants, ficelle de jute, tuteurs de bambou ou branches taillées, étiquettes, genouillères.

6. La récolte

Ah! le moment tant attendu... Notre labeur est enfin récompensé par la cueillette des produits de notre potager! Comme chaque plante atteint un summum de saveur à un moment qui lui est propre, il est important de savoir quand la récolter. Pour éviter les pertes, on visite notre potager régulièrement.

Potager: 5 trucs de pro

1. Lors de la plantation de grimpantes et de rampantes ou lorsque les plants mesurent quelques centimètres, installer des tuteurs pour éviter que les fruits ne pourrissent au contact du sol.

2. Installer un tuyau suintant ou un système goutte à goutte pour sauver du temps et éviter de gaspiller l'eau.

3. Semer précisément pour éviter un éclaircissage ardu. Lorsque trop de semis ont été mis en terre, il faut supprimer les plants superflus pour favoriser la croissance des autres.

4. Pailler pour minimiser l'évaporation de l'eau et pour éviter la prolifération des mauvaises herbes.

5. Échanger avec d'autres jardiniers expérimentés. Leurs trucs pourront nous sauver du temps et bien des frustrations.

 

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