Entretien
8 oct. 2010

Travaux ménagers: on sous-traite ou pas?

Par Martine Gingras, Coup de pouce, octobre 2010

Auteur : Coup de Pouce

Entretien
8 oct. 2010

Travaux ménagers: on sous-traite ou pas?

Par Martine Gingras, Coup de pouce, octobre 2010
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Temps et argent sont des vases communicants: si notre budget était illimité, déléguer certaines tâches serait un choix facile et on consacrerait ainsi plus de temps aux activités qui nous passionnent vraiment. À l'inverse, si on a tout notre temps, peu d'argent et beaucoup... de talents, on aura plutôt tendance à vouloir tout faire nous-même. Mais, pour la majorité d'entre nous, la question est plus complexe, car temps et argent sont deux denrées rares: on doit peser le pour et le contre avant d'investir nos précieuses économies dans un projet, ou encore choisir d'y consacrer nos rares temps libres. Les critères à considérer:

  • Est-ce que je sais le faire? Si on s'est toujours occupée soi-même des tâches ménagères, on se débrouille sans doute aussi vite et bien que des professionnels pour passer l'aspirateur, affronter la brassée de lavage et faire le grand ménage. C'est une question d'habitude! Par contre, pour des tâches qu'on exécute plus rarement, on ne sera pas aussi douée: on sait peut-être raccourcir un pantalon ou aménager une plate-bande, mais on ne maîtrise probablement pas les petits trucs du métier qui accélèrent le travail et assurent une belle finition.

  • Est-ce que je peux le faire? Pour des travaux risqués ou des tâches exigeantes, on doit tenir compte de notre condition physique et de notre état de santé. On souffre de maux de dos, d'une tendinite ou du vertige? Voilà qui pèsera lourd dans la balance au moment de décider si on peut déneiger nous-même le toit ou émonder un arbre. Mieux vaut parfois payer un pro que de finir chez le chiro!  
  • Est-ce que j'ai envie de le faire? Jardinage, rénos, cuisine: ce qui apparaît aux uns comme une corvée insurmontable est un hobby pour d'autres. On peut en tirer une certaine fierté ou, dans le cas de travaux plus physiques, y trouver une belle occasion de se mettre en forme. À l'inverse, s'obliger à faire des choses qu'on déteste peut nous miner sérieusement le moral et nuire à la bonne entente familiale. On établit nos priorités respectives, on répartit les tâches en conséquence, et pour le reste, mieux vaut déléguer.

  • De quoi puis-je me satisfaire? Le perfectionnisme donne de beaux résultats, mais à quel prix? Apprendre à tourner les coins ronds, voilà une façon facile de sauver du temps (ou des sous). Si la maison n'est pas impeccable, elle n'est pas insalubre pour autant: il y a des degrés de désordre ou de propreté dont on peut très bien se contenter! On s'assure toutefois que notre seuil minimal de tolérance reste sécuritaire pour tous. On peut certainement repousser le ménage de quelques jours, mais pas question d'attendre pour déglacer l'entrée: on ne veut pas que le facteur se casse le cou dans les escaliers!

  • Qui peut m'aider? Si on a l'impression de manquer de temps pour tout faire, c'est peut-être que, justement, on en fait trop. On discute du partage des tâches en famille: est-ce que chacun fait sa juste part? Pourrait-on répartir le travail autrement pour que chacun y trouve son compte? Et on n'oublie pas les enfants: les faire participer aux travaux domestiques est une bonne manière de les responsabiliser. On envisage aussi le troc: on fait appel à une copine douée avec les ordis pour se débarrasser d'un virus informatique, et on lui offre quelques bons repas préparés en retour. Certaines corvées se transforment aussi en activités sociales: déménager, rénover, repeindre, préparer des conserves... voilà autant de projets qui permettent de renouer avec une bande d'amis. En autant qu'on renvoie l'ascenseur quand les copines auront besoin de nous!
  • Est-ce que j'ai le temps de le faire? Si on n'arrive pas à caser les tâches ménagères courantes dans nos week-ends trop courts, on essaie d'en faire un peu chaque jour: on sera moins découragée par l'ampleur du travail. Dans le cas des gros travaux (rénovations, aménagement paysager), on commence par demander une soumission: on peut considérer qu'il nous faudra le double du temps pour exécuter le même travail qu'un pro: non seulement on ne travaillera pas aussi vite, mais on devra aussi passer du temps à s'informer, magasiner, planifier. On évalue aussi à quel rythme on pourra avancer les travaux: consacrera-t-on vraiment une semaine complète de nos vacances de Noël à rénover? Et sinon, est-on prête à ce que ça s'étire jusqu'à l'été?

  • Combien ça coûte? Faire soi-même coûte moins cher, mais ce n'est pas gratuit pour autant. Lorsqu'on compare les prix par rapport aux services d'un professionnel, on n'oublie pas d'inclure le coût de la location ou de l'achat de matériel nécessaire pour réaliser les travaux. Si on est travailleuse autonome ou que nos heures supplémentaires sont payées, on doit aussi en tenir compte au moment de faire le calcul: et si on avançait un contrat payant au lieu de faire du ménage? Au bout du compte, la dépense aura permis de rapporter un revenu, et on se sera épargné une tâche qui nous plaisait moins.

 

Pour aller plus loin

  • Ces gens qui courent tout le temps, S'organiser pour être moins stressé, par Rita Emmett, Les Éditions de l'Homme, 2009, 194 p., ISBN 978-2-7619-2653-9, 22,95 $.
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