Décoration

Une chambre d'enfant bien pensée

Une chambre d'enfant bien pensée

Auteur : Coup de Pouce

Décoration

Une chambre d'enfant bien pensée

Les tout-petits (2 à 5 ans)

Bébé a grandi: il marche, babille et escalade les parois de son lit. Le moment où il passe à un lit de grand est souvent l'occasion de repenser l'aménagement de sa chambre.

 

Côté psycho

  • Le besoin de sécurité. Le monde semble bien impressionnant quand on est haut comme trois pommes! Un jeune enfant se sentira plus à l'aise dans une pièce à sa mesure: petite et intime. On installe une veilleuse pour le rassurer dans la noirceur.
  • La fragilité du sommeil. «C'est un âge où le sommeil est facilement perturbé, sans qu'on parle pour autant d'un trouble», explique la psychologue Diane Vadeboncoeur. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on allège le décor de façon à limiter les stimulations: on restreint le mobilier à quelques pièces essentielles, on sort les peluches et les jouets superflus et on évite les couleurs criardes.
  • L'affirmation de soi. Lorsqu'on planifie le décor de sa chambre, on le laisse choisir parmi quelques propositions simples. Par exemple, on lui propose deux choix de couleurs et trois choix de douillettes. Il sera enchanté d'avoir décidé tout seul!

 

Côté déco

  • La récupération. On avait beaucoup investi dans la chambre de bébé? Changer de lit ne signifie pas qu'on doive tout redécorer: on pourrait se contenter de trouver une nouvelle douillette qui cadre dans le décor.
  • Les thèmes. Princesses, chevaliers, voitures, animaux: pour un succès assuré, on crée une chambre thématique. «L'imaginaire des tout-petits est très fertile. On peut vraiment s'éclater!» dit Catherine Gauthier, décoratrice chez Bébé Plus. On rêve d'une grande murale, mais on n'a pas l'énergie pour la peindre? On se procure une scène murale autocollante ou en papier peint; elles s'installent en un tournemain.
  • Les parures de fenêtres. Essentielle: l'opacité! Le store de toile est le plus efficace. Les stores horizontaux ont plus de style, mais ils laissent passer davantage de lumière. Si on en pose, on s'assure que les cordons ne sont pas accessibles pour éviter les risques d'étranglement. Pour un beau coup d'oeil, on ajoute des panneaux décoratifs de part et d'autre de la fenêtre.
  • Le mobilier. On choisit des meubles de couleur sobre (caramel, naturel, blanc) qui pourront suivre notre enfant jusque dans sa future chambre d'ado. On évite le mobilier chocolat, noir, rouge, bourgogne, vert forêt, des couleurs qui vont et viennent au gré des modes.

Côté rangement

Pour les vêtements:
  • On place une seconde tringle à la hauteur de l'enfant dans le garde-robe, pour l'aider à développer son autonomie à l'heure de l'habillage.
  • On organise les tiroirs de sa commode de façon à mettre les morceaux les plus utilisés à sa portée. L'enfant sera enchanté de choisir lui-même ses petites culottes, ses chaussettes, son pyjama, etc.


Pour les jouets:
  • On récupère l'espace sous le lit en y glissant un bac-tiroir à roulettes, où on rangera vite fait les jouets épars.
  • On évite de multiplier les bacs, qui compliquent le rangement. «Les bacs modulaires sont souvent instables, ceux en osier sont impossibles à laver. Bref, les bons systèmes sont denrée rare!» déplore Sophie Legault, organisatrice résidentielle et auteure du livre Vaincre le désordre. Sans compter que les jouets trop bien rangés finissent par être oubliés. Pour faciliter le rangement, on installe des tablettes à la hauteur de l'enfant et on y place les livres et les gros jouets faciles à ranger. Quant aux casse-tête et aux jeux comportant une multitude de petites pièces, on les range hors de portée; on évitera ainsi de les retrouver éparpillés à tout moment. Le reste pourra aller dans bacs faciles à manipuler.

 

Pour le bricolage:
  • On trie les crayons de cire et de bois et les feutres, ainsi que les accessoires (ciseaux, colle) et on les range dans des petits contenants en plastique ou facilement lavables. Ça nous simplifiera la vie à l'heure du dessin.
  • Pour éviter d'abîmer les murs à force d'y coller et d'en décoller des dessins, on installe un grand babillard ou une «corde à dessins» à laquelle on accroche les oeuvres de notre petit Picasso à l'aide de pinces à linge.

 

Des idées tirées de la vraie vie

«Des crochets! J'en ai posé beaucoup à la hauteur de ma fille. On y met ses vestes, ses innombrables sacoches et ses chapeaux. Accrocher quelque chose demande peu d'effort, et c'est une bonne manière de lui apprendre à ranger ses choses.» Évelyne, maman d'Alice, 4 ans

«Des tapis en mousse pour protéger le plancher, mais surtout pour éviter les boum-boum sur la tête des voisins d'en bas.» Patrick, papa de Ludovic, 5 ans

«J'ai créé un passage "secret" en faisant ouvrir le bas du mur qui sépare les garde-robes des enfants afin qu'ils puissent se glisser dans la chambre de l'autre sans être vus. Les enfants et leurs amis adorent!» Joanie, maman d'Elliotte, 4 ans, et de Scarlette, 2 ans

«Ma fille ne joue pas beaucoup dans sa chambre, mais ses jouets y sont rangés. Elle aime qu'on les ait placés dans des petites boîtes légères, à poignées. Elle peut les transporter là où elle préfère jouer!» Nathalie, maman de Chloé, 3 ans

«On a un "mur des célébrités" dans sa chambre, où on affiche des photos de tous les membres de la famille immédiate et étendue. C'est devenu un jeu pour lui de pointer chaque photo et de nommer les gens qu'il aime.» Marie-Pascale, maman de Thomas, 3 ans

«Mes filles adorent le miroir que j'ai placé à leur hauteur. Le fait de pouvoir admirer leurs agencements stimule leur autonomie à l'heure de l'habillage.» Annie, maman d'Élodie et de Delphine, 3 ans

L'enfant d'âge scolaire (6 à 11 ans)

L'entrée à l'école: voilà une étape importante dans la vie de l'enfant! Pour bien marquer la transition, on adapte sa chambre à sa nouvelle réalité.

 

Côté psycho
  • L'affirmation de son identité. Notre enfant a maintenant des goûts et des intérêts bien définis et veut que sa chambre les reflète. On note déjà une différence marquée entre les garçons et les filles, selon Diane Vadeboncoeur: «Celles-ci accordent beaucoup d'attention à chaque petit détail de la déco. Les garçons, eux, n'ont besoin que de quelques repères (des posters, une douillette qu'ils ont choisie) pour être à leur aise.»
  • Des goûts en constante évolution. Les champs d'intérêt changent vite. Un an ou deux après qu'on aura refait la chambre, il est possible que l'enfant ne l'aime déjà plus. On privilégie donc un style de mobilier et des couleurs polyvalentes, faciles à agencer à de nouveaux accessoires, et on le prévient que ce qu'il choisit sera là longtemps.
  • Un sommeil déficient. D'après la psychologue, les horaires de la vie moderne sont mal adaptés au biorythme de l'enfant de cet âge: «S'il s'écoutait, il se coucherait et se lèverait plus tard. Il accumule un déficit de sommeil.» Le sachant, on adopte la même ligne de conduite que pour les tout-petits: priorité à un environnement reposant pour qu'il trouve le sommeil rapidement.
  • L'importance de travailler ensemble. La décoration se fait en collaboration avec notre enfant: on l'invite à faire des propositions et on laisse ainsi s'exprimer sa personnalité. Ensuite, on recadre le projet en fonction de considérations qui lui sont encore étrangères... comme le budget!

 

Côté déco
  • Les motifs. Les univers thématiques ont encore la cote, mais à coup de petites touches discrètes, pas pour décorer la chambre au complet. La tendance est plutôt aux formes abstraites et aux motifs: cercles, carrés, grosses fleurs. Pour relever le décor, on utilise des appliques murales autocollantes: on peut les retirer et les repositionner en toute facilité.
  • Le jeu des couleurs. On choisit des couleurs qui lui plaisent, en évitant les teintes trop vives (rouge, fuchsia, jaune), qui pourraient nuire à son sommeil. Pour un mariage réussi, la décoratrice Catherine Gauthier recommande de respecter les proportions suivantes: «Une couleur dominante qui couvre environ 60 % de la pièce, une couleur complémentaire qui en occupe environ 30 %, et avec 10 % d'accessoires de couleur vive pour ajouter du punch.» Une erreur à éviter: peindre les moulures ou les portes en couleur. On choisit plutôt des tons de crème ou de blanc, qui sont indémodables.
  • Les accessoires. Pour suivre l'évolution de ses goûts sans se ruiner, on mise sur des accessoires: luminaire stylisé, belles boîtes décoratives, gros coussins...

Côté rangement

Pour les vêtements :
  • On conserve le système de garde-robe à double tringle, mais on remonte un peu celle du bas pour que les vêtements soient toujours à sa hauteur.
  • «Si l'effort à faire pour ranger est trop grand, l'enfant laissera tout traîner, remarque Sophie Legault. On fait en sorte que les tiroirs ne soient pas trop pleins. Si c'est le cas, il est temps de trier et de sortir ce qu'on n'utilise plus!»
  • Une bonne manière de faire un tri sans brusquer l'enfant: on place un sac dans le garde-robe et on l'invite à y glisser les jouets et vêtements qu'il n'aime plus, à mesure qu'il s'en lasse.

 

Pour les activités:
  • Les intérêts et les besoins varient d'un enfant à l'autre, et il n'existe pas de solution de rangement miracle qui convienne à tous. La recommandation de l'organisatrice résidentielle: «On observe ce qui s'accumule, et on s'adapte!» Un petit collectionneur aura besoin de bocaux transparents pour ses roches et coquillages. La comédienne voudra accéder facilement à ses déguisements. Le bricoleur adorera exposer ses créations sur une tablette et ranger ses babioles dans des petites boîtes.
  • On n'encombre pas la chambre avec ce qui sera utilisé ailleurs. Par exemple, on garde les jeux de société au salon. Quant aux ouvrages de référence, ils seront plus utiles près de la table de cuisine ou à l'endroit où il s'installe pour faire ses devoirs.

 

Des idées tirées de la vraie vie

«J'ai un lit à deux étages pour moi tout seul. En haut, j'ai installé mes Playmobil.» Laurier, 7 ans

«Ils apprécient de pouvoir faire plusieurs configurations de meubles et ils sont heureux quand je leur fais la surprise de changer des choses!» Jennifer, maman de Benjamin, 12 ans, et Philippe, 9 ans

«Dans sa chambre, chacune a un énorme babillard qui prend presque un mur complet. Maman et papa n'ont rien à dire sur ce qui va dessus: des bricolages, des posters de chanteuses et même du dalaï-lama.» Danielle, maman de Mathilde, 9 ans, et Juliette, 7 ans

«Quand elle a eu 9 ans, nous avons mis des fées en découpes de papier peint au-dessus de sa tête de lit. En moins d'une heure, la chambre a pris une ambiance chaleureuse. Et c'était plus facile à enlever que des pans de tapisserie!» Sylviane, maman de Camille, 9 ans

«Ils dorment dans la même chambre parce que cela nous arrange, mais, comme ils sont tous deux un peu trouillards, ça les arrange bien aussi! Sur la porte, on a écrit leurs deux prénoms avec des lettres en pâte de sel. Un projet maison qu'ils ont adoré!» Valérie, maman de Julia, 7 ans, et Stéphane, 4 ans

L'ado (12 ans et plus)

Il n'est plus un enfant, mais pas encore un adulte... et sa chambre emprunte parfois aux deux univers entre lesquels il oscille! Comme parent, il est temps de se mettre en retrait: c'est lui, le maître des lieux.

 

Côté psycho
  • Le besoin d'autonomie. Rien de neuf sous le soleil: autonomie et indépendance sont des leitmotivs de l'adolescence. Autrement dit, on leur laisse beaucoup de latitude.
  • Le désordre. C'est un des principaux points de litige à cet âge. Selon Diane Vadeboncoeur, il faut dédramatiser la situation et se rappeler que la chambre est un miroir de l'âme: «L'adolescence est souvent une période de confusion et cela se reflète autour d'eux.» Pour éviter les affrontements continuels, on édicte quelques règles de base (pas de nourriture dans la chambre, pas d'accumulation de poussière, un peu de rangement lorsqu'on reçoit de la visite), mais, surtout, on continue de donner le bon exemple ailleurs dans la maison: mine de rien, notre ado apprécie vraiment ces repères qu'on lui donne!
  • L'âge de l'autonomie. On peut lui donner des conseils et établir certaines limites (en matière de budget, de ce qui est acceptable, etc), mais on doit lui laisser une grande marge de manœuvre. Sa chambre, c'est son territoire privé!

 

Côté déco
  • L'influence des pros. Selon Catherine Gauthier, il est très facile de travailler avec un ado: «Il a des idées très claires sur ce qu'il veut et ne veut pas!» Ses goûts nous semblent ceux d'un adulte? Ce n'est pas surprenant: à cet âge, beaucoup sont de grands consommateurs de magazines et d'émissions de déco.
  • Les couleurs. Bye-bye le rose bonbon et le marine! Les couleurs sobres et peu contrastées sont à l'honneur: brun, bleu gris, vert sauge, etc. On est catastrophée à l'idée que notre ado gothique veuille tout repeindre en noir? «Si on se braque contre l'idée, elle deviendra encore plus attrayante! signale Diane Vadeboncoeur. De toute façon, est-ce si grave? On peut négocier un mur noir, à condition qu'il le remette dans son état initial quand il en sera lassé.» Bonne nouvelle: beaucoup changent d'idée au moment d'acheter le pot de peinture!
  • Les accessoires. Pour relever le décor, ce sont les accessoires rétro qui ont actuellement la cote, du meuble vintage à la chaise moulée en plastique, en passant par les lampes des années 60 à 80. Le grand favori: l'épais tapis shag, qui sert à la fois à égayer, à isoler et à délimiter une zone.

 

Côté rangement
  • Les vêtements traînent pêle-mêle dans la chambre? Sophie Legault suggère d'aborder la question de la surconsommation avec eux. «Avec beaucoup d'ados, on touche une corde sensible en parlant d'écologie. Les inciter à acheter moins, c'est l'astuce de rangement la plus efficace.»
  • On ne lui impose pas de système de rangement, mais on le responsabilise en inversant l'équation: on lui demande de quoi il a besoin pour que sa chambre soit en ordre.

 

Des idées tirées de la vraie vie

«J'apprécie de pouvoir changer facilement l'emplacement les meubles de ma chambre. Je change la disposition toutes les deux semaines!» Ariane, 14 ans

«J'aime mon sofa, qui me donne l'impression d'avoir un petit salon dans ma chambre. Et comme il se transforme en lit, je peux recevoir un ami à dormir!» Antoine, 12 ans

«Elle craque pour un buste de mannequin en fil de fer qui ajoute une touche de distinction à sa chambre.» Sylviane, maman de Camille, 14 ans

«Le must chez nous: les paniers suspendus en filet, parfaits pour y glisser foulards et ceintures.» Jacinthe, maman de Charlie, 17 ans

Dessiner sa chambre de rêve

Les jeunes enfants n'ont pas les mots pour exprimer clairement leurs désirs en matière de décoration. Pour les aider, on les invite à dessiner leur chambre idéale. C'est ce qu'a fait l'équipe de Grandir en santé, du CHU Ste-Justine. Ce comité d'experts a analysé 350 dessins d'enfants pour guider la conception des chambres qui seront construites dans les futures unités de soins. Diane Vadeboncoeur, qui est membre du comité, recommande de faire dessiner l'enfant avant de magasiner: «On s'assure ainsi que l'imaginaire de l'enfant est au centre du processus, au lieu de succomber à la pression d'acheter ce qu'il y a sur le marché.»

 

Astuces pour une chambre partagée

Quelques stratégies pour préserver l'intimité de chacun:
  • Séparation psychologique. On délimite des zones distinctes à l'aide de tapis. On choisit un duo de couleurs qui se marient bien et on peint deux murs de l'une, et deux de l'autre.
  • L'espace de rangement. On le distribue équitablement. Pour que les possessions de chacun soient clairement identifiées, on peut reprendre le code de couleur des murs sur les tiroirs.
  • Séparation physique. On divise la pièce à l'aide d'un grand rideau ou d'un paravent.


Réservé au dodo

Pour que le sommeil soit réparateur, la chambre doit être un lieu reposant. On évite d'y mettre un téléviseur ou une console de jeux vidéo, par exemple. En invitant plutôt l'enfant à s'installer dans les pièces communes, on contribue à la dynamique familiale... tout en assurant le contrôle parental!

 

On ne veut pas non plus que notre ado ait l'impression de dormir dans un bureau: pour éviter que le coin études ne soit trop envahissant, on recherche un meuble qui se referme à la manière d'une armoire. Une fois les portes fermées, rien n'y paraîtra. Faute d'espace, ce n'est pas possible? On essaie du moins de créer une séparation psychologique entre le lit et l'espace de jeu ou de travail: rideau, bureau escamotable...

 

Merci aux spécialistes qui ont contribué à ce dossier:

• Catherine Gauthier est décoratrice professionnelle en chef chez Bébé Plus. Elle dirige des projets d'aménagement de chambres tant pour les nouveau-nés que pour les ados.

• Sophie Legault est organisatrice résidentielle et auteure de Vaincre le désordre, Le comprendre pour l'éliminer (Publistar, 2007, 192 p.). Son expertise lui a valu plusieurs collaborations avec différents médias. On peut visiter son blogue.

• Diane Vadeboncoeur est psychologue à la clinique d'endocrinologie du CHU Sainte-Justine et auteure du roman jeunesse Valéria et la note bleue (Pierre Tisseyre, 2008, 145 p.). Elle compte parmi les experts sélectionnés pour guider la conception des chambres qui seront construites prochainement au CHU Ste-Justine.

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