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Pas bête, la zoothérapie!

Pas bête, la zoothérapie!

Auteur : Coup de Pouce

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Pas bête, la zoothérapie!

La plupart des gens cohabitant avec des animaux vous diront que les bienfaits qu'ils leur procurent sont nombreux. Pas étonnant que la zoothérapie soit de plus en plus reconnue et utilisée auprès de patients atteints de maladies ou de syndromes divers, en complément aux traitements traditionnels.

Mais qu'est-ce que la zoothérapie? Une approche où l'animal agit comme partenaire du thérapeute et «facilitateur relationnel». Car en présence d'un animal, une personne ne se sent pas jugée sur son aspect physique, son passé ou son état psychologique. Elle abandonne ainsi plus facilement ses défenses. Grâce à ce détachement, le zoothérapeute peut établir plus aisément une relation avec son patient et l'aider à cheminer en analysant son rapport à l'animal.


La zoothérapie auprès des autistes
En intervention auprès de personnes atteintes d'autisme, le zoothérapeute décrypte le comportement de l'animal, qu'il se doit de bien connaître, pour tester l'intensité de la présence de l'autiste. Auprès de ces patients, on vise particulièrement à améliorer l'aspect relationnel en donnant des outils de communication et en travaillant à maintenir ceux déjà en place. Certaines personnes atteintes profondément conserveront en mémoire le vécu et les expériences de la thérapie. De plus, elles pourront peut-être acquérir quelques réflexes de communication. D'autres patients réussiront à prendre conscience de leur fonctionnement relationnel et cela permettra l'apprentissage de certains comportements et aptitudes.

L'hyperactivité et la zoothérapie
Pour traiter l'hyperactivité, on s'emploie à tempérer les comportements impulsifs du patient en lui permettant de canaliser ses pensées. Concrètement, on pourrait pratiquer l'exercice suivant lors d'une intervention: on demande à l'enfant de faire asseoir un chien dans un cerceau en ayant préalablement choisi un chien qui n'écoutera pas trop facilement. Évidemment, il n'est pas permis de forcer le chien à s'asseoir dans le cerceau en utilisant la force physique. On valorise aussi auprès de l'enfant le contrôle de son corps et de ses gestes afin de favoriser une communication fonctionnelle avec le chien. Si l'enfant fait des gestes brusques, crie, court et s'esclaffe, la communication entre ce dernier et le chien ne sera pas efficace, voire inexistante. Enfin, lorsque le chien est assis sagement dans le cerceau, on change l'exercice pour le rendre plus long ou plus complexe.

Chez les enfants hyperactifs, les résultats de la zoothérapie varieront en fonction de la gravité de l'affection. Il faut mentionner que la zoothérapie devrait faire partie d'un ensemble de mesures favorisant l'amélioration de l'état de l'enfant.L'animal et les patients en soins palliatifs
Ici, «accompagnement» est le mot clé. Un des buts principaux de la zoothérapie en soins palliatifs est de diminuer le sentiment d'isolement ressenti par le patient. Par exemple, le fait de toucher l'animal et de lui manifester de la tendresse calme et réconforte. Dans un autre ordre d'idées, le zoothérapeute tentera aussi d'améliorer la communication entre le patient et son environnement incluant le personnel prodiguant les soins appropriés, la famille et les amis. Souvent, la zoothérapie bénéficie aussi à l'entourage du patient sans que celui-ci en soit tout à fait conscient.

Quand pitou et minou font peur…
Croyez-le ou non, on peut traiter la zoophobie par la zoothérapie! Le feu contre le feu! Il s'agit d'un processus de désensibilisation qui se fait graduellement. Le zoothérapeute procédera en établissant une relation de confiance avec le patient. Ensuite, ce dernier apprendra avec le zoothérapeute à apprivoiser l'animal. Certains clients commenceront par apprendre à tolérer un animal dans la même pièce qu'eux. D'autres amorceront leur désensibilisation avec une image ou un animal en peluche. Les résultats sont généralement très positifs et certains clients se surprendront même en fin de thérapie à jouer avec un chat ou un chien.

La zoothérapie pour tous?
Tout à fait! On peut tous bénéficier de la zoothérapie, ne serait-ce que pour améliorer nos relations avec notre entourage. À titre d'exemple, on peut aider une personne incapable de dire «non» ou de faire respecter son refus à gagner de l'assurance. Pour intervenir, le zoothérapeute choisira un chien qui n'obéit pas tout à fait ou qui a tendance à se tenir près des gens pour recevoir des caresses. Ensuite, il demandera à la personne de faire asseoir le chien d'un côté de la pièce et de se tenir elle-même de l'autre côté. Le zoothérapeute dessinera ou déterminera une frontière que le chien ne devra pas dépasser. Par la suite, il sera de la responsabilité du patient de faire obéir le chien. Celui-ci essaiera de s'approcher. Puis, le patient lui demandera de rester où il est, ou de retourner à son point de départ. Mais, petit à petit, le chien avancera une patte, puis une autre, pour finalement empiéter sur la frontière. Au début, le patient sera incapable de faire respecter la consigne mais, avec le temps et l'aide de l'intervenant, il apprendra que le chien est tout aussi heureux de le retrouver même s'il fait respecter ses limites. D'ailleurs, il adoptera ce comportement au quotidien.

Un des avantages de la zoothérapie par rapport à la thérapie traditionnelle est de pouvoir mesurer les progrès d'une personne par le comportement de l'animal. En thérapie traditionnelle, le thérapeute doit se fier aux conclusions de son patient pour mesurer le chemin parcouru. En plus, la zoothérapie réussit parfois là où les thérapies traditionnelles ont échoué. Une discipline qui «prend du poil de la bête»
Aux États-Unis, la zoothérapie est de plus en plus préconisée auprès des personnes âgées. Lors des évènements du World Trade Center, le gouvernement américain a demandé qu'on traite les victimes et particulièrement les enfants dans le besoin par la zoothérapie. De surcroît, certains États qui financent les centres d'hébergement de personnes âgées ont permis l'intégration d'animaux de compagnie chez des bénéficiaires. Les résultats sont d'ailleurs positifs et très peu de bénéficiaires sans animaux se sont plaints de la présence de ces derniers dans les établissements.

Au Québec, de plus en plus de gens se regroupent et travaillent à faire reconnaître la profession et à améliorer la visibilité de la thérapie assistée par l'animal. Il existe aussi une institution, l'École internationale de zoothérapie, qui dispense une formation professionnelle approfondie dans le domaine.

Ressources
  • Association québécoise de zoothérapie
    170, Jacques-Cartier N. (C.P. 37) Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec
    Tél.: (450) 346-2577 ou 1-877-346-2577 Téléc.: 450-346-2816
  • École internationale de zoothérapie (EIZ)
    Pavillon Claire-McNicoll, Université de Montréal (Montréal)
    Tél.: (514) 485-9480 Téléc.: (514) 485-1763

    Références
  • DE PALMA, Maryse, Entre l'humain et l'animal - De la zoothérapie à la télépathie, Éditions Québecor, 2004.

    Remerciements sincères à Madame Arielle Berghman, psychothérapeute, zoothérapeute et consultante en zoothérapie, pour avoir partagé son expérience et ses connaissances.
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