Vacances et voyage

Parcourir l'Alaska en caravane

Catherine Cr�peau Auteur : Coup de Pouce Crédits : Catherine Cr�peau

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Parcourir l'Alaska en caravane

Prendre la route de l'Alaska, c'est faire des choix parfois déchirants, surtout si on n'a que deux semaines à y passer. L'État américain est immense par rapport à la densité de sa population. Il couvre plus de 1 477 260 km2, juste un peu moins que le Québec (1 540 680 km2), et regroupe à peine quelque 679 000 habitants. Les distances sont souvent importantes entre les villes et les routes peu nombreuses, ce qui oblige le visiteur à revenir souvent sur ses pas. Certaines régions ne sont même accessibles que par avion ou par bateau. Juneau est en outre la seule capitale d'un État américain continental à être inaccessible par la route, à cause des montagnes abruptes qui l'entourent.

Ces contraintes ont joué un rôle important dans le choix de mon itinéraire. J'ai décidé d'arriver à Fairbanks, au centre de l'État, et de repartir d'Anchorage, de façon à éviter de reprendre la même route sur plus de 580 kilomètres. C'est que j'allais rejoindre mes parents qui avaient quitté Montréal six semaines plus tôt à bord de leur caravane. Celle-ci nous a d'ailleurs permis d'être autonomes et de modifier notre trajet à notre gré.

Nous avons élaboré notre voyage au jour le jour, en fonction de la météo et du temps dont nous disposions. Ainsi, j'ai dû faire une croix sur le passage du cercle polaire. Il pleuvait lors de mon arrivée à Fairbanks, et attendre que le ciel s'éclaircisse nous aurait fait perdre une journée. Nous avons aussi renoncé à voir Juneau, Prudhoe Bay (le point le plus au nord de l'Alaska) et la côte est, atteignables uniquement en avion. Nous avons plutôt choisi de nous concentrer sur le parc national Denali, le plus visité de l'État. Anchorage et les villes côtières nous permettraient d'aller à la pêche au flétan en mer et de faire des croisières à travers les glaciers.


Une fois les grandes lignes établies, nous consultions chaque jour les cartes et les guides touristiques pour planifier le déplacement du lendemain, en nous réservant le droit d'en changer en fonction de nos découvertes. Nous n'avions donc pas fait de réservations, mais cela n'a jamais posé de problèmes, même en juillet. En ce qui concerne l'hébergement, les parcs nationaux se sont révélés nettement plus agréables que les campements aménagés dans les villes. Si ceux-ci offrent plus de services, c'est sans doute pour compenser leur manque de charme. On s'y croirait parfois dans un stationnement!

Les routes de l'Alaska serpentent entre les montagnes au milieu de paysages alpins entrecoupés de larges vallées où coulent des rivières sauvages. Ces dernières hésitent entre le bleu turquoise et le gris, un phénomène dû au sable provenant des glaciers des montagnes. Mais ce qui marque l'imagination, ce sont les montagnes.

Le vert tendre de la toundra côtoie le rouge de la terre, le gris des rochers et le blanc des neiges éternelles. S'ajoute le jeu d'ombre et de lumière auquel le livrent les nuages et le soleil sur leurs flancs. Si les sommets du parc Denali m'ont impressionnée, la balade en avion autour du mont McKinley, le plus haut sommet en Amérique du Nord avec ses 6189 mètres, m'a séduite. La succession de vallées, de rivières de glace et de pics enneigés est à couper le souffle.

L'Alaska garde des traces de son appartenance à la Russie, propriétaire du territoire jusqu'en 1867. On y trouve ainsi de nombreuses églises orthodoxes, mais aussi des signes de la présence des Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale. L'État est le seul territoire américain, avec Pearl Harbor, à avoir été attaqué lors du conflit. Les Japonais ont même occupé certaines des îles Aléoutiennes entre 1942 et 1943. Des bases militaires, des routes, des tunnels et des chemins de fer ont été construits pour faciliter l'approvisionnement et les déplacements de l'armée. Dans des musées, il arrive donc que les dépliants soient fournis en anglais et en japonais.

Les chercheurs d'or ont aussi laissé leur marque dans la région. Un peu partout sur la route, on veut nous faire vivre l'expérience des pionniers. Moyennant une vingtaine de dollars, nous avons passé un seau de sable et de roches au tamis. J'aurai finalement récolté une quinzaine de flocons d'or, soit l'équivalent d'une quinzaine de dollars.

 

La version originale de cet article a été publiée sur le site Servicevie.com.

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