Partys et évènements

Qu'est devenu le carême?

Qu'est devenu le carême?

� Istockphoto.com Photographe : � Istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

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Qu'est devenu le carême?

Bien qu'il ait perdu en popularité en même temps que les églises se sont vidées, le carême n'a rien perdu de son sens pour ceux qui le pratiquent. Et ils ne sont pas si rares que ça. D'aussi loin qu'il se souvienne, Daniel Desjardins, 46 ans, a toujours fait le carême. « Mes parents étaient très pratiquants et croyants. À la maison, on était six enfants et on faisait tous le carême. Je me rappelle qu'on ne pouvait pas manger de bonbons », raconte-t-il, ajoutant en souriant qu'aujourd'hui, il n'y a plus que lui et sa mère qui font encore le carême dans la famille.

« Avec le temps, le côté religieux est moins présent, note Daniel Desjardins. Aujourd'hui, je vois plus le carême comme un temps d'arrêt, de réflexion, pour prendre conscience de l'abondance qui nous entoure », explique-t-il. C'est ainsi que pendant 40 jours, chaque année, Daniel Desjardins dit bye bye aux sucreries, à l'alcool, au pain, aux pâtes et aux pommes de terre. « J'en profite pour faire une cure santé! », lance en riant celui qui apprécie tellement le carême qu'il a inspiré certains de ses amis à le pratiquer eux aussi.

Adapter le carême

Aujourd'hui, on pratique le carême comme on en a envie et on l'adapte à notre mode de vie. En Angleterre, cette année, des évêques anglicans ont même encouragé les fidèles à profiter du carême pour faire un « jeûne technologique », c'est-à-dire passer une journée complète sans téléphone, ordinateur ou télévision, et ainsi ralentir le rythme de leur vie.

La tradition du carême

Si le carême se fait désormais « à la carte », il vient d'une tradition datant de plusieurs siècles. Du début du IVe siècle, pour être plus précis. « Au départ, le carême était un temps de préparation à la grande fête chrétienne de Pâques », explique Gilles Routhier, professeur à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. Quant au mot « carême », il vient du latin 40, en référence aux 40 jours que Jésus a passés dans le désert.

Le carême représente encore une période importante aux yeux des pratiquants, selon Gilles Routhier. Cela dit, il peut prendre plusieurs formes. « Les trois manières classiques de faire le carême incluent la prière, le jeûne et l'aumône. Les trois sont liées », observe le professeur de théologie.

Lorsqu'il est question du jeûne, le professeur précise que l'objectif de celui-ci n'est pas de se punir, comme certains pourraient le croire. « Le jeûne est une façon de casser la dynamique de satisfaction immédiate et du besoin de consommation. C'est l'occasion de réfléchir à ce qui pourrait nous nourrir, nous remplir autrement. Cette réflexion amène une ouverture à l'autre. Ce qu'on ne prend pas pour soi, on peut l'offrir aux autres. »

Gilles Routhier voit un avantage à la pratique actuelle du carême; il s'agit de la liberté qu'on a de le faire ou non. « On ne peut pas imposer à quelqu'un de faire le carême, ça enlève tout le sens. Mais je crois que c'est important de prendre un temps pour réfléchir et de refaire ses choix, et le carême est l'occasion idéale pour le faire. »

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