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Pourquoi les athlètes Québécois performent-ils si bien ?

Pourquoi les athlètes Québécois performent-ils si bien ?

Alexandre Bilodeau Auteur : Coup de Pouce

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Pourquoi les athlètes Québécois performent-ils si bien ?

Cent jours avant les présents Jeux olympiques, nous avons demandé à sept athlètes québécois: «Pourquoi croyez-vous que le Québec produit autant de bons athlètes? Que fait le Québec de mieux que les autres provinces? Que peuvent apprendre les autres provinces de votre expérience d'athlète québécois?» Voici leurs opinions, basées sur leurs expériences respectives.

 

> Collectivement, on se fait souvent dire qu'on est des chialeux, des brasseux! On est des gens déterminés, on a la tête dure, et ça, c'est bon pour la performance. Les Québécois font partie d'un peuple qui se tient debout. Aussi, je crois fortement qu'il faut laisser la chance aux athlètes de s'entraîner dans leur milieu. Ce n'est pas bon pour l'aspect mental d'un athlète d'être seul et isolé. Il faut donc investir dans les infrastructures locales.

Dominique Maltais, 33 ans, planche à neige cross.

À lire: notre rencontre avec Dominique Maltais

 

> Au Québec, on ne brûle pas d'étapes! On a une culture de transmission. On se transmet la technique et les valeurs qui accompagnent un sport, et les athlètes plus vieux sont très généreux envers les plus jeunes. Deuxièmement, on est un peuple très fier. On veut gagner. Et, plus important que tout, on a un grand sens du plaisir. Ici, généralement, on commence à pratiquer un sport parce qu'on aime ça. Notre mentalité, c'est le plaisir d'abord, et la performance ensuite. Quand c'est la passion qui t'anime, tout est possible.

Marianne Saint-Gelais, 23 ans, patinage de vitesse courte piste

À lire: notre rencontre avec Marianne Saint-Gelais

«Pourquoi croyez-vous que le Québec produit autant de bons athlètes? Que fait le Québec de mieux que les autres provinces? Que peuvent apprendre les autres provinces de votre expérience d'athlète québécois?»

 

> Cette année, 7 patineurs sur 10 viennent du Québec! Nous pensons qu'on est bien encadrés. De notre expérience d'athlète, dans notre sport, on observe un mouvement émergent d'anciens patineurs olympiques qui sont présents pour la relève. Ils transmettent leurs connaissances, leurs techniques, leur passion, leur vision. Ça fait une immense différence. Quand on va dans les écoles, dans les clubs, on parle aux jeunes et on voit leurs yeux écarquillés: ils boivent nos paroles. On n'a pas idée de ce que ça peut changer dans l'avenir d'un jeune sportif. Oui, parfois, on aimerait mieux passer cette demi-journée à relaxer, bien tranquilles chez nous, mais quand on voit la différence que ça peut faire et comment on peut aider de tout jeunes Québécois à concrétiser leurs rêves, on a franchement moins envie de se reposer à la maison. C'est beaucoup comme ça que ça se passe, la transmission du savoir, au Québec. Au Canada anglais, ça commence à changer. Un centre régional voit le jour actuellement dans l'Ouest canadien, et un autre à Toronto. Ça pourrait les aider au niveau de la transmission des connaissances et de la passion.

Charles et François Hamelin, 29 et 27 ans, patinage de vitesse courte piste

À lire: notre rencontre avec les frères Hamelin

 

> Le Québec produit des entraîneurs qui sont parmi les meilleurs au Canada, et ce dans plusieurs sports. Or, les bonnes fondations reposent sur les meilleurs entraîneurs. Sans eux, pas de relève! Ce sont eux qui inspirent les jeunes. Nos entraîneurs québécois sont tellement bons qu'on les retrouve partout à travers le monde. Mais je ne peux parler de talent sans parler d'argent. Des programmes comme Équipe-Québec, Le Club de la médaille d'or, La Fondation nordique ou L'Athlète de l'excellence de Claude Chagnon participent largement au financement et au soutien des athlètes. À ce chapitre, la Colombie-Britannique et l'Ontario sont loin derrière... Notre système de financement atteint les premières sphères de la pyramide: quand les athlètes sont tout jeunes, ils bénéficient déjà de bourses sport-études, au niveau secondaire et collégial. Il est important que nos athlètes restent aux études pour gérer correctement l'après-carrière olympique, car après les podiums, toute une vie nous attend.

Alexandre Bilodeau, 26 ans, ski acrobatique

À lire: notre rencontre avec Alexandre Bilodeau

«Pourquoi croyez-vous que le Québec produit autant de bons athlètes? Que fait le Québec de mieux que les autres provinces? Que peuvent apprendre les autres provinces de votre expérience d'athlète québécois?»

 

> Je dirais que le financement, c'est le nerf de la guerre, et que plus une nation donne de l'importance à une réalité, plus elle lui accorde du budget. Au Québec, il y a un bon système de subventions aux athlètes d'excellence, et ça commence alors qu'ils ne sont que des espoirs. Je dis «que», mais en fait, des espoirs, c'est extrêmement important et c'est souvent là que l'argent fera une différence: celle entre continuer ou s'arrêter.  Au Québec, le système de subventions existe au niveau Espoir, puis Élite, juste avant de faire l'équipe nationale. Ensuite, il y a le niveau Excellence. Là, la province soutient également l'entraîneur. C'est un cercle bénéfique pour tous. Année après année, le Québec est la province qui produit le plus de médailles olympiques, et je considère que notre système de soutien financier est un élément crucial. Sans faire de politique, je dirais également que le fait français y est pour quelque chose. L'identité québécoise te donne une double fierté. Quand tu es sur le podium, tu représentes deux nations. Les Canadiens sont fiers de toi, et les Québécois. C'est doublement motivant, et touchant.

Alex Harvey, 25 ans, ski de fond

À lire: notre rencontre avec Alex Harvey

 

> Au cours des dernières années, j'ai pu apprécier la différence avec l'arrivée des bourses Équipe-Québec. La réalité d'un athlète, c'est qu'il doit s'entraîner de nombreuses heures pour arriver au sommet, mais qu'il doit également gagner sa vie. Quand tu es dans la trentaine et que tu travailles encore à temps partiel pour demeurer un athlète de haut niveau, le stress devient parfois un facteur envahissant. Or, une bourse aide grandement à se concentrer sur l‘entraînement. Notre système québécois, dont notre Institut du sport du Québec, permet à beaucoup de Québécois d'élite de poursuivre leur entraînement au Québec. Moralement, c'est très important.

Caroline Ouellette, 34 ans, hockey féminin

À lire: notre rencontre avec Caroline Ouellette

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