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Rien d'original à la Commission Charbonneau

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Rien d'original à la Commission Charbonneau

shutterstock_168128816Rien ne se perd, rien ne se crée, a dit Lavoisier. C'est vrai en chimie. Ça l'est malheureusement aussi avec les fonds publics. L'argent qui se retrouve dans les enveloppes brunes et, de là, dans les poches de magouilleurs provient hélas, directement ou indirectement, des poches des contribuables. Par contre, même sur le plan des magouilles et des crosses, les amis de la Commission Charbonneau seront peut-être déçus de leur peu d'originalité: ils n'ont rien inventé. C'est Zola qui me l'a dit. Mise en contexte. Au hasard de mes lectures (qui varient beaucoup selon mes humeurs), j'ai entrepris il n'y a pas si longtemps de lire, par le début et au complet, toute la série des Rougon-Macquart, d'Émile Zola, qui retrace l'histoire de la Troisième République française à travers les destinées des différents membres d'une même famille. (Si ça vous tente de faire de même, je vous conseille de commencer par le premier roman, La Fortune des Rougon, qui pose les bases de toute la série.) Mais c'est du deuxième que je veux vous parler: La Curée. La curée, c'est la portion du gibier tué que les chasseurs donnent à dévorer aux chiens. Par extension, c'est le pillage auquel se livrent les vainqueurs aux dépens de leurs victimes. La Curée raconte l'histoire de Renée, jeune fille de bonne famille mariée par arrangement avec un arriviste. Mais son destin, qui rappelle celui de Madame Bovary (je n'en dis pas plus pour ne pas brûler le punch), est secondaire dans ce récit. La vraie histoire de ce roman, c'est le pillage de Paris auquel se livrent les nouveaux élus et leurs amis. Conflits d'intérêts, spéculation immobilière, pots-de-vin, faux documents, insider trading... La plupart des magouilles immobilières que nous révèle la Commission Charbonneau y sont décrites dans le détail, sous d'autres noms et dans le contexte du Paris de 1850. Mais tout est là. C'est hallucinant! Si vous vous ennuyez du spectacle quotidien de la Commission en cette période de campagne, allez voir ça. Ça vaut vraiment le coup. Et l'histoire de Renée vaut aussi le déplacement. (Si vous n'aimez vraiment pas lire, voyez le film de 1966 de Roger Vadim avec Jane Fonda et Michel Piccoli. Attention: scènes sulfureuses!)   Illustration: Shutterstock.    

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