Loisirs et culture

Rencontre avec Brigitte Lafleur

Rencontre avec Brigitte Lafleur

Julie Perreault Photographe : Julie Perreault Auteur : Coup de Pouce

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Rencontre avec Brigitte Lafleur

Elle joue, elle peint, elle anime. Elle materne, elle câline, elle aime. Et elle est aimée en retour. Oui, la vie, ça peut être un joyeux jackpot.

«Attends... C'est notre 13e maison ou notre 14e?» La comédienne hésite, et réfléchit, au sujet de la maison que son époux et elle viennent de rénover sous l'œil de la caméra, dans une émission qui sera présentée à Canal Vie, en 13 épisodes, dès janvier. «Je sais qu'on en a rénové une par année, depuis qu'on est ensemble. On dirait que plus le projet est d'envergure, plus ça nous stimule, mon chum et moi. Quand on a prévu trois heures sur le chantier, on reste cinq heures, en réalité. Il faut vraiment aimer ça!»

Brigitte Lafleur aime tellement ça qu'une équipe de producteurs de Canal Vie est venue chercher cette habituée de l'émission VIP Design pour animer sa nouvelle émission de rénovation, Comment rénover quand on mène une vie de fou!. L'objet: leur propre maison à rénover. La vie de fou: la leur! Brigitte est de la distribution de Pour Sarah et de Rupture, qui sera diffusée dès janvier. Elle conserve son personnage dans L'auberge du chien noir, qui bat tous les records avec une 15e année en ondes. Et de plus, elle prépare la reprise de La galère, mais en version théâtrale, pour l'été prochain. À Canal Vie, on pourra suivre ses conseils de pro dans sa nouvelle émission de réno. Et à presque 40 ans, elle a accouché d'une petite fille, qui a maintenant un an et demi. Heureusement qu'Uma, leur vieux setter anglais, est tranquille!

«Ma vie, c'est un jackpot!» lance-t-elle, sans une once de prétention. J'anime un show de réno avec mon chum, qui le produit, et je peins et je joue - deux métiers difficiles d'accès, mais au sein desquels j'ai trouvé ma place. J'ai une famille heureuse, harmonieuse. J'ai des amis extraordinaires. Les miens et moi sommes en santé. Notre vie est pleine. On se couche à 21 h, brûlés. Du "bon" brûlé!»

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Peindre le mystère
Cette deuxième carrière d'artiste peintre s'est greffée petit à petit à celle de comédienne, et elle a pris son envol avec Odysséo, le spectacle que produit Cavalia. «Il y a cinq ans, j'ai dû suivre un cours d'équitation, pour les besoins d'un long métrage. Ç'a été une rencontre très particulière. Le regard des chevaux nous transperce l'âme, et ça m'a renversée. J'ai commencé à les peindre. Quand je réussis une toile, c'est parce que j'ai l'impression que le cheval transmet une émotion.» Brigitte marque une pause, puis ajoute, espiègle: «Des fois, je ne réussis pas. Et je les cache, celles-là!»

Mais celles qu'elle ne cache pas ont capté l'attention des gens de Cavalia. Avant le spectacle Odysséo, on peut désormais voir les toiles de Brigitte parmi les œuvres équestres de quelques autres artistes, dont des photos de sa sœur Sophie. «Lorsque Odysséo va quitter le Québec, mes toiles vont se retrouver en tournée mondiale. Je capote!»

Pour peindre, elle doit toutefois se lever à 5 h. «Je fais des 5 à 7, mais le matin! Mon chum s'occupe de notre fille à son lever, à 6 h. Ma sœur Sophie est notre nounou officielle. Elle débarque quand on a besoin d'elle. Quand on a tourné Paul à Québec, on
a loué une maison. Pendant les pauses, j'allais voir ma fille à la maison. Ma sœur était avec nous. On est vraiment chanceux. Mais on a fait des choix. Il y a des voyages qu'on ne fait pas, des chalets qu'on n'achète pas... Mais j'ai une super belle vie!» Elle lève son verre, ses grands yeux bleus se font plus que bleus, et le ton n'est pas sans rappeler celui de sa Mimi nationale: «Je suis chanceu-eu-eu-euse!»

Avoir de qui tenir
Née à Val-d'Or et élevée par un père commerçant et une mère infirmière, Brigitte est la plus jeune d'un trio de filles, Maggie et Sophie étant ses grandes sœurs. «On est trois filles, et la famille, chez nous, est tissée super serrée. Avec nos parents, on habite tous sur la rive sud de Montréal. Même ma grand-mère, jusqu'à son décès, l'an dernier, était avec nous. J'ai essayé d'acheter des maisons ailleurs, mais je ne suis franchement pas capable. Et je dirais que, quand j'ai connu mon chum, j'ai reconnu sa famille: une gang qui ressemblait à la mienne.»

Jeune, Brigitte a passé huit ans de sa vie à Val-d'Or. Son père y avait une boutique de décoration. (Tiens, tiens!) La famille a tout quitté après l'incendie du magasin. «On est venus vivre dans un petit quatre et demie complètement crado, à Ville LaSalle. Mes parents avaient tout perdu. À partir de là, on a démé- nagé chaque année. Mon père est devenu planificateur financier. C'est lui qui m'a incitée à acheter ma première maison, vers 25 ans.»

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La rencontre d'une vie
C'est l'année suivante qu'elle a rencontré son Mario. C'est un ami commun, ex-collègue d'études devenu propriétaire d'un théâtre à Asbestos, qui a dit à son producteur, Mario Provencher, qu'il fallait absolument embaucher Brigitte pour jouer dans leur pièce. «J'ai eu de bonnes critiques auprès du boss avant même d'avoir dit un mot, lâche-t-elle dans un grand rire sonore. Mario m'a engagée, et j'ai eu un coup de foudre immédiat.» Mais apparemment, pas lui!

En fait, l'ami Yannick avait tout de même bavassé à Brigitte que le Mario en question l'avait trouvée bien cute. «Avant d'arriver à Asbestos, je me suis dit: "Oh, my God! Je vais me mettre sur le cas!"» Encouragée, Brigitte-la-romantique a alimenté son kick. Mais une fois sur place, elle a compris, à son grand désarroi, que l'objet de son désir avait... une blonde! «C'est la première fois de ma vie que j'ai fait ça, mais je n'ai pas
lâché le morceau! C'était irrespectueux, mais plus fort que tout. Je savais au fond de mes tripes que Mario et moi, on était faits l'un pour l'autre.»

Tout l'été, Brigitte déploie son énergie et participe à toutes les fêtes. «Mais lui, le "mautadine", il partait de bonne heure! Il me voyait comme une comédienne olé olé, à Asbestos pour un été et prête à s'en retourner en ville une fois le show terminé. Comment lui dire que j'étais sérieuse? À la fin de l'été, je l'ai invité à Montréal, à un lancement. Il est venu quelques fois, et puis pouf! il a fait le saut. Et tout s'est fait simplement. Quand tu es fait pour être avec quelqu'un, tout coule de source...»

Brigitte, qui n'avait jamais cohabité avec quelqu'un auparavant, laisse alors Mario acheter la moitié de sa maison. «Je n'ai pas eu peur. Mais ça n'a pas duré. La maison, je veux dire. On l'a vendue. Puis on en a acheté une autre, puis une autre...»

La valse de l'immobilier
D'achats de maison en rénovations, il est vite devenu naturel pour le couple de penser «bébé». «D'emblée, on a voulu adopter, avant même de savoir que la fertilité ne serait pas une affaire facile pour nous.» Ils ont entrepris des démarches en 2007. Huit ans plus tard, ils attendent toujours. Entre temps, Brigitte a souvent demandé à son chum de passer à la pharmacie pour acheter un test de grossesse. La dernière fois, il s'est trompé et est revenu avec des tests d'ovulation... si bien que le couple a mis un moment avant de refaire le test révélateur.

«Dans ma petite salle d'eau... Je vais me souvenir de ce moment-là toute ma vie.» Ses larmes montent encore, plus de deux ans plus tard. «Tu ne peux même pas rire ni pleurer. C'est comme une zone inconnue, émotivement. Mon chum était dans son bureau, à l'autre bout de la maison. Tout à coup, ça sonne à la porte. C'est le gars pour aiguiser mes couteaux. J'ai laissé l'aiguiseur effiler tous mes couteaux... sans dire un mot. Quand j'y repense, ce n'était pas vraiment le moment romantique que j'avais imaginé. Mario aussi est resté bouche bée. Après neuf ans d'attente, on n'y croyait tellement plus...» Pourtant, Agathe est née en janvier 2014. «C'est le rêve! Je ne pourrais pas être plus heureuse.»

La famille s'agrandit
Avec la venue d'une enfant, le couple ne veut plus déménager ni entreprendre de grands travaux. «Pour la première fois de ma vie, j'ai un peu souffert pendant les dernières rénovations. J'ai eu l'impression que le temps que je consacrais au chantier, c'était du temps volé à mon bébé.» Mais aussitôt ces mots lâchés, elle se reprend. «On pense qu'il nous reste peut-être encore deux occasions pour changer de maison et y faire des rénovations, avant qu'Agathe ne commence l'école.» On dirait une joueuse compulsive à qui il ne reste que deux jetons en main... La comparaison la fait rire. Elle rit tout le temps, d'ailleurs. «Déménager, c'est dramatique pour les enfants. On ne va pas faire ça aux nôtres.» Impossible de ne pas souligner le pluriel qu'elle vient d'utiliser. «On attend des nouvelles de l'adoption. On a aussi envie d'en faire d'autres, si on peut. Le bonheur, il faut que ça se propage!»

Parfois, elle rêve d'une toute petite maison. Et d'un chalet. Puisqu'il lui reste deux occasions de rénover, selon ses calculs, ça tomberait juste bien.

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En rafale
> Votre principale qualité? L'ouverture d'esprit.

> Votre principal défaut? Je peux être très impatiente.

> Ce que vous appréciez le plus chez vos amis: La franchise. 


> Un trait de caractère qui vous séduit particulièrement chez les hommes? Le calme. 


> Et chez une femme? La dévotion, la générosité du cœur, le sens de l'entraide, des traits dont sont dotées ma mère et mes sœurs. 


> Une image qui représente votre conception du bonheur? Un lac. Et je n'en ai pas dans ma vie! Faudrait que ça change!

> Le don que vous aimeriez avoir: Être habile en cuisine.

> Vous rencontrez la jeune Brigitte à 18 ans. Que lui dites-vous? «Arrête de t'en faire avec ton corps!» Pendant longtemps, je n'ai pas eu confiance en mon sex-appeal. C'est plate à dire, mais j'ai eu besoin du regard d'un homme pour reconnaître ma beauté. 


> Une chose que les gens ne soupçonnent pas à votre sujet? Que Mimi était «rembourrée». Avec mon visage rond, ça fonctionnait parfaitement. Et quand j'ai tourné Paul 
à Québec, je venais d'accoucher. Je joue les rondes, les bonnes vivantes, assez facilement. 


> Si Dieu existe, qu'est-ce que vous aimeriez l'entendre vous dire, à votre mort? «Tu as été une bonne maman, tes enfants sont OK, tu peux partir en paix.» 


> Votre devise? Vivre le moment présent. Mais «mautadit» que c'est dur! Voir un enfant qui crie au meurtre et qui rit la seconde suivante, c'est une leçon de vie. C'est ça, le moment présent. Les bébés ne s'apitoient pas sur leur sort. 


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