Loisirs et culture

Psycho Boys, par Michel J. Lévesque

Coup de Pouce
Loisirs et culture

Psycho Boys, par Michel J. Lévesque

En début de semaine, j’ai dû autoriser la bibliothèque municipale à laisser une de mes filles emprunter un roman destiné à un public un peu plus âgé qu’elle. – Ce livre est pour les jeunes de 13 ans et plus, et votre fille n’a que 11 ans, m’a prévenue la bibliothécaire. – Je sais, mais il correspond à son niveau de lecture. L’histoire n’est peut-être pas pour son âge, mais elle me semble tout de même correcte — entendre ici: pas de scènes sexuelles trop explicites, de drogue ou de violence gratuite. Mon aînée devait avoir 12 ans lorsque je l’ai laissée lire, pour la première fois, une série pour jeunes adultes que je n’avais pas lue au préalable. Elle en était au quatrième tome lorsque j’ai ouvert le premier livre au hasard. Je suis alors tombée sur le seul passage de la série où la jeune héroïne prenait un bain de minuit, nue, lors d’une fête avec ses copains de classe. Pour me rassurer, je me suis dit que j’avais moi-même tout appris de la vie dans les livres. En ai-je été traumatisée? Pas du tout. La découverte du théâtre de l’absurde m’a probablement davantage perturbée que les scènes torrides des Angélique, le  Journal d’Anne Frank ou   Moi, Christiane F., 13 ans, droguée prostituée, que je lisais à 12 ans. Je laisse donc mes filles lire à peu près tout ce qu’elles veulent, même si elles n’ont pas tout à fait l’âge recommandé. Pourtant, quand le livre Psycho Boys, de Michel J. Lévesque, s’est retrouvé sur ma table de travail, j’ai longtemps hésité à le laisser entre les mains de mon aînée. L’histoire de jeunes psychopathes animés d’une rage meurtrière me laissait perplexe. Et s’il contenait des scènes choquantes qui s’imprimeraient à jamais dans son esprit encore impressionnable? Il ne me restait qu’une solution: le lire et juger par moi-même. Et devinez? J'ai franchement aimé! À cause d’un médicament pris par certaines femmes enceintes pour éviter les fausses couches, une génération d’enfants est née sans âme, violente et incapable d’aimer. Aujourd’hui âgés de 18 ans, ces psycho boys, vilains ou jeunes prédateurs cherchent à s’affranchir d’une vie où ils doivent porter un bracelet de repérage et prendre quotidiennement des médicaments pour atténuer leur rage et leur violence. Comme, dans Psycho Boys, la violence n’est qu’un prétexte pour parler d’amour, du bien, du mal et des mille et une nuances de gris entre les deux, je l’ai finalement proposé à mon aînée: « Tu devrais aimer, c’est un roman policier écrit en courtes séquences, un peu comme une série télévisée américaine!» Avais-je bien fait de proposer un thriller à la Dexter à ma fille de 14 ans, cette même enfant qui n’avait pas été capable de regarder Spider-Man à l’âge de 8 ans parce qu’elle était trop sensible? – Ton verdict? – Ça se lit vraiment bien. C’était bon! – Et la violence? Trop intense, trop descriptive? – Euh. C’était pas si violent. T’étais inquiète? – Moi, inquiète? Jamais. Les parents, parfois, on s’en fait juste trop. Psycho Boys, par Michel J. Lévesque, Hurtubise, 2012. 268 p. 14,95 $.

Commentaires

Partage X
Loisirs et culture

Psycho Boys, par Michel J. Lévesque

Se connecter

S'inscrire