Loisirs et culture

Peut-on être heureux après la mort de son enfant?

Coup de Pouce
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Peut-on être heureux après la mort de son enfant?

Mardi matin, j’ai eu la chance de faire une rencontre formidable. Elle s’appelle Anne-Dauphine Julliand, elle est journaliste, elle vit à Paris et son histoire est complètement démesurée. Fin 2005, c’était une femme comblée: deux fois maman, amoureuse, travailleuse, amie, etc. Tout le tableau. Elle s’apprêtait à fêter les deux ans de sa fille Thaïs quand son monde s’est écroulé: la petite a un diagnostic d’une maladie dégénérative rarissime, la leucodystrophie métachromatique. Essentiellement, de la petite fille parfaitement normale qu’elle était, son état s’aggraverait petit à petit, elle perdrait l’usage de la parole, la capacité de marcher, de manger, de voir, jusqu’à mourir. Aucun répit possible. Pire, Anne-Dauphine est alors enceinte de sept mois d’un enfant qui a une chance sur quatre d’être atteint de la même maladie. Thaïs est décédée à l’âge de trois ans et trois quarts. Aujourd’hui, sa fille Azylis, atteinte elle aussi, est très lourdement handicapée. Mme Julliand a décidé d’écrire son témoignage en hommage à ses filles, une façon de survivre quand sa vie a basculé. Deux petits pas sur le sable mouillé est devenu un best-seller en France et au Québec. Vient de paraître maintenant Une journée particulière, le récit qui reprend son témoignage le jour qui aurait marqué les huit ans de Thaïs. L’an dernier, on m’avait proposé de lire son premier témoignage, mais je ne m’en étais pas sentie capable. Parce que je traversais une période difficile de ma vie, je ne m’imaginais pas lire un récit aussi dramatique et triste. Mais c’est que je n’avais pas idée à quel point Mme Julliand était un être particulier, une force tranquille et un être qui a fait le choix – car c’est un choix ! – d’être heureux. Marquée ainsi par autant de tragédie, on pourrait penser qu’Anne-Dauphine Julliand s’est noyée dans sa peine. Pourtant, c’est une femme souriante, confiante, rayonnante que j’ai rencontrée. Et son message est porteur de lumière et d’espoir: «On n’est pas maîtres de ce qui va nous tomber dessus dans la vie, mais on l’est de comment on y réagit. Cette décision nous appartient», dit-elle. Alors, même si elle vit aujourd’hui sans sa princesse, «comme vivre sans un bras», elle vit quand même… et heureuse, en plus! Et sa grande qualité d’auteure, c’est de partager son témoignage en généralisant les messages, de façon qu’on se sente interpellée. Car on traversera tous nos épreuves. Certaines inimaginables. On tend à se dire «Je n’en serai pas capable», «Je n’ai pas la force», «Je n’y arriverai jamais». Dans ce bouquin particulier, on comprend qu’on possède en nous des forces insoupçonnées. Et que si on choisit la voie du bonheur, c’est déjà un premier pas vers une vie qui peut, malgré tout, être heureuse. Surveillez le numéro de Coup de pouce de septembre pour en lire davantage sur ma rencontre avec Anne-Dauphine Julliand. Une journée particulière (Transcontinental, 2013, 240 p., 24,95 $).

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