Loisirs et culture

Humour: les femmes prennent la relève!

Humour: les femmes prennent la relève!

Victor Diaz Lamich Photographe : Victor Diaz Lamich Auteur : Coup de Pouce

Loisirs et culture

Humour: les femmes prennent la relève!

Dorothy Rhau, humoriste
Nom:
Dorothy Rhau
Âge:
38 ans
Public:
Les hommes surtout, mais aussi les femmes.
Site web
, Facebook, Twitter

On la connaît pour son personnage de Mémère Radote, une femme de 75 ans d'origine haïtienne à l'accent créole prononcé, mais aussi pour son numéro sur l'homme noir. Pétillante et énergique, Dorothy Rhau a plus d'un tour dans son sac!

Que faisiez-vous avant d'être humoriste?
Je travaillais au département des ressources humaines d'une compagnie pharmaceutique. Cela faisait des années qu'on me disait de me lancer dans l'humour, mais j'hésitais. Dans la culture haïtienne, une femme doit être bien mise et réservée. En fait, j'ai décidé de faire de l'humour à un tournant de ma vie, alors que je vivais une rupture amoureuse. J'ai rencontré François Avard lors d'une émission de radio communautaire et il m'a dit que l'École nationale de l'humour offrait des cours du soir. Comme il n'y avait pas d'humoriste noire, je me suis lancée!

Les sujets qui vous branchent? Ce qui vous inspire? Bien que je sois une fille très «ghetto», j'ai envie de parler de tout. De la beauté, de la laideur, des fesses, de la séduction, du célibat, des relations homme/femme, de la discipline corporelle et de l'épilation brésilienne! Je m'inspire d'anecdotes ou de faits vécus.

Être humoriste, c'est différent quand on est une femme? Pour ce qui est de l'humour, je n'ai pas l'impression que c'est différent. L'hiver dernier, j'ai donné des spectacles dans des pénitenciers et le public masculin m'a très bien accueillie. Si je ne ressens pas la différence des genres, je ne peux pas en dire autant pour la couleur! Quand je sors de Montréal, je réalise que je suis noire! (Rire.)

Être une femme humoriste, c'est peut-être plus difficile pour la conciliation travail-famille, mais ce n'est pas impossible. J'ai un garçon de 5 ans et je réussis à faire mon métier.

Votre avenir idéal, vous l'imaginez comment? J'aimerais faire un one-woman-show. Et, pourquoi pas, une télésérie en français et en anglais! (Rire.)

Un aperçu de son spectacle 

 

Nom: Émilie Ouellette
Âge:
31 ans
Public:
les parents
Site web
, Facebook

Rien n'arrête Émilie Ouellette, humoriste, écologiste et mère de deux jeunes enfants. Elle s'est fait connaître avec ses capsules "DVD au suivant" et son récent spectacle Accoucher de rire, présenté au Zoofest 2012.

Que faisiez-vous avant d'être humoriste? J'ai fait un DEC en art dramatique au Cégep Saint-Laurent, mais j'ai travaillé dix ans en intervention sociale auprès d'enfants ayant des troubles envahissants du développement, des adolescents, des immigrants et des personnes âgées. Quand j'ai étudié en art dramatique, on m'a dit: «T'as pas de talent, mais t'es drôle!» Alors, quand mes amis sont partis étudier le théâtre dans les grandes écoles, j'ai été faire l'École nationale de l'humour. Aujourd'hui, je réussis à allier le travail social et l'humour en travaillant pour Dr Clown, un programme de clown thérapeutique, et en donnant des conférences sur comment intégrer l'humour dans la discipline des enfants.

Les sujets qui vous branchent? Ce qui vous inspire? Je vis des situations surréalistes, alors je m'inspire de mes anecdotes personnelles. J'écrivais lors de mon premier congé de maternité, mais je n'avais pas encore envie de parler de maternité. En 2011, j'étais prête! Pour mes shows du Zoofest, je me suis inspirée du cinéma bébé et la formule a vraiment bien fonctionné!

Être humoriste, c'est différent quand on est une femme? Il n'y a pas beaucoup de femmes humoristes qui ont fait le métier avec de jeunes enfants. C'est difficile pour moi de suivre le parcours standard des jeunes humoristes et de faire des spectacles dans les bars. Je travaille dans la marge, à ma manière. Je concilie humour et bébés parce que je suis comme ça. J'étais prête à avoir un enfant et on l'a fait. J'ai fait des spectacles jusqu'à 8 ½ mois de grossesse et j'ai même allaité en coulisse! Il faut dire que j'ai eu beaucoup de soutien de l'équipe technique et de mon conjoint.

Votre avenir, vous l'imaginez comment? Je vois encore avec deux ou trois autres enfants! (Rire.) J'aimerais continuer à faire rire le monde jusqu'à la fin de mes jours. Que ce soit avec des spectacles, des conférences ou des chroniques, je veux faire rire les gens.

Un aperçu de son spectacle

 

 

Nom: Silvi Tourigny
Âge:
30 ans
Public:
Tout le monde!
Site web
, Facebook

On la connaît sous le nom de Carole, cette femme au col roulé beige qui trouve des solutions à tous nos problèmes de la vie quotidienne. Mais Silvi aussi fait de l'humour et elle est vraiment drôle!

Que faisiez-vous avant d'être humoriste? Je veux être humoriste depuis que j'ai 12 ans. Mais je suis assez réservée et très rationnelle, alors j'ai fait une technique en santé animale, un DEC en sciences santé et une majeure en kinésiologie. À travers mon parcours académique, je montais sur les planches à tous les deux ou trois ans. J'ai même obtenu une deuxième position à Cégep en spectacle! Je venais d'être acceptée à l'université en ergothérapie lorsque ma patronne en santé animale m'a dit: «Tu vas en accumuler longtemps, des diplômes avant d'aller en humour?»

Les sujets qui vous branchent? Ce qui vous inspire? Avec Carole, je peux parler de n'importe quoi, tandis que, pour Silvi, je m'inspire de trucs que je vis. Par exemple, je me questionne présentement sur les enfants. Est-ce qu'on fait des enfants pour faire des enfants? J'ai été 11 ans en couple avec mon chum du secondaire et mariée trois ans. Quand je suis tombée célibataire, ce n'était pas évident. Mais cela m'a inspiré un numéro.

Être humoriste, c'est différent quand on est une femme? J'ai fait une tournée avec cinq autres filles humoristes. Après la troisième ou quatrième fille à monter sur scène, on entendait: «Ah, non! Pas encore une fille!» Il n'est pas rare que le public nous attende les bras croisés, mais c'est à nous d'aller chercher les gens. Je crois que les femmes peuvent aborder les mêmes sujets qu'un homme. Peut-être pas de la même manière, mais elles peuvent tout dire.

Et l'avenir, vous l'imaginez comment? J'aimerais m'investir dans un projet télé. D'ailleurs, j'ai toujours dit que je rêvais de jouer la fille illégitime de Réjean, dans La P'tite Vie! J'aimerais aussi éventuellement monter mon premier one-woman-show.

Un aperçu de son spectacle

 

 

Nom: Mélanie Couture
Âge:
35 ans
Public:
Les deux sexes.
Site web

Demi-finaliste de En route vers mon premier gala Juste pour Rire, Mélanie Couture a un rire contagieux et du charisme à revendre. Mais attention, elle pourrait vous séduire!

Que faisiez-vous avant d'être humoriste? J'ai un baccalauréat en sexologie et j'ai fait cinq ans de pratique auprès des femmes, mères et adolescentes victimes d'agressions sexuelles et d'inceste. En consultation, je passais mon temps à dire que ce qu'on voit dans les médias, ce n'est pas la réalité. J'ai vite compris qu'une spécialiste ne fait pas le poids face aux médias. Alors, je me suis dit: «Plutôt que de les combattre, joins-toi à eux! Deviens un média!» Maintenant, je parle de la vraie vie... dans les médias! (Rire.) J'avais 28 ans quand une collègue m'a convaincue de me lancer. Elle m'a dit: «T'as pas d'enfants ni de dettes. Vas-y!»

Les sujets qui vous branchent? Ce qui vous inspire? J'aime parler de séduction, de l'image du corps et de tout ce qui est relié à la sexualité. On me dit souvent que je parle de sexe, mais jamais de cul! (Rire.) J'aime aborder les choses qui me frustrent et qui me fâchent, comme un mauvais service à la clientèle. L'humour désamorce ce qui peut avoir l'air dramatique. C'est presque thérapeutique!

Être humoriste, c'est différent quand on est une femme? Il y a encore des gens qui trouvent qu'une fille, c'est moins drôle qu'un gars. Je dispose généralement de deux minutes pour leur prouver le contraire et ensuite, tout va bien. Certaines filles doivent se battre contre leur image de belle fille pour faire rire, mais je crois que les beaux gars vivent la même chose. Pour les femmes humoristes, le plus gros défi reste la conciliation travail-famille. Grossesse et humour, ce n'est pas facile.

Votre avenir, vous l'imaginez comment? Dès que le bon moment se présente, je me lance dans mon propre one-woman-show!

Un aperçu de son spectacle

 

Nom: Korine Côté
Âge:
31 ans
Public:
Humour unisexe.
Site web
, Facebook

Révélation du Festival Juste pour Rire 2012, Korine Côté a le vent dans les voiles! Cet automne, on apprécie son humour caustique avec sa nouvelle websérie Simple comme Korine, diffusée sur MSN.ca.

Que faisiez-vous avant d'être humoriste? J'ai étudié en design de présentation. J'étais étalagiste dans une compagnie en atelier et montage en magasin. Mon emploi n'était même pas assez payant pour pouvoir partir en appartement.

Les sujets qui vous branchent? Ce qui vous inspire? Je n'ai pas de thème précis. J'y vais avec ce qui m'inspire. Des trucs qui me font pogner les nerfs et qui me font suer, par exemple. Les dents de sagesse, les caves au volant de leur voiture ou la télévision. La conciliation travail-humour-bébé est peut-être plus difficile pour les femmes. J'imagine.

Être humoriste, c'est différent quand on est une femme? Je ne vois pas de différence. C'est certain que mes blagues passent par mon cerveau de fille, mais je ne crois pas que le métier soit très différent ou plus difficile. Il arrive qu'on rencontre des préjugés, dans le genre: «Ah non! Pas une fille, ce sera pas drôle!», mais on réussit à leur prouver le contraire.

Votre avenir, vous l'imaginez comment? Je scénarise dans mes temps libres, alors je m'imagine bien faire une série humoristique! Un truc de 45 minutes, ce serait bien!

Un aperçu de son spectacle


Difficile de conduire à Montréal pour Korine... par youhumour

 

 

Commentaires

Partage X
Loisirs et culture

Humour: les femmes prennent la relève!

Se connecter

S'inscrire