Loisirs et culture

Des femmes tricotées serrées

� iStockphoto.com Photographe : � iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

Loisirs et culture

Des femmes tricotées serrées

Dans la province de Québec, 25 Fédérations regroupent 697 Cercles de Fermières (CFQ). Avec ses 40 000 membres, c'est la plus grande association de femmes au Québec. Sa mission: l'amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille, ainsi que la transmission du patrimoine culturel et artisanal.

Mouvement des femmes: les Cercles contre le clergé

1915: tandis que les premiers soldats canadiens débarquent en Europe pour y faire la Grande Guerre, deux agronomes, M. Désilets et M. Bouchard, lancent les Cercles de Fermières pour contrer l'exode rural. Sept ans plus tard, le mouvement compte déjà 70 Cercles et 5 000 membres. En 1940, sous les auspices du Service domestique du ministère de l'Agriculture, l'organisation des Cercles calque les fédérations agronomiques régionales en s'éloignant du découpage diocésain des paroisses. Le clergé s'en offusque et décide de créer une autre association féminine, l'Union catholique des fermières. Mais les Cercles finiront par l'emporter, non sans avoir semé beaucoup de chicanes féminines dans les cantons. Les Cercles de Fermières contribuent ainsi à poser les premiers jalons du Québec moderne.

Recettes, textiles et artisanat

Les réalisations des Cercles sont nombreuses.

Il y a «L'Actuelle», une publication bimestrielle qui traite de la famille, de la femme, de la santé, de la société et de l'artisanat.

Il y a la collection des fameux livres de recettes Qu'est-ce qu'on mange, qui se vend à coups de millions d'exemplaires.

Il y a aussi un concours provincial annuel d'art textile dont les critères sont d'une telle sévérité que seule la perfection y est admise.

Les fées des Cercles de Fermières ont par ailleurs créé en 1995 un tartan original qui a été homologué à la Scottish Tartan Society et inscrit dans le livre officiel de Lord Lyon. Les Cercles excellent aussi dans le carreau! Voilà pour la postérité.

Mères et fermières: briser l'isolement

Mais les Cercles de Fermières, c'est avant tout, dans chaque village, un lieu de rencontre pour pratiquer des techniques d'artisanat, pour parler, pour briser l'isolement des femmes à la maison, pour partager les joies comme les moments difficiles, pour s'échanger des conseils tant sur l'éducation des enfants que la survie des couples, le reprisage des chaussettes ou le montage d'une dentelle au fuseau. Ce lien de solidarité est une source de fierté pour toutes les femmes qui s'y impliquent, et ce, peu importe leurs activités professionnelles et particulièrement pour celles qui décident de rester à la maison pour s'occuper de leurs enfants. Les CFQ se battent d'ailleurs, année après année, en votant des résolutions qui sont déposées à l'Assemblé nationale, dont une pour l'accessibilité au Régime des rentes du Québec à toutes les femmes au foyer.

La fierté du savoir manuel

Le savoir immense de nos mères et de nos grands-mères sur les techniques de tissage, de broderie, de dentelle, de tricot ou de courtepointe risque de se perdre à jamais s'il n'est pas revalorisé dans notre société. Il est tellement plus commode d'acheter «Fait à Chine»! Pour l'âme, on repassera... Mais s'il faut sauver son âme, justement, réapprenons l'amour du bel ouvrage. Dans leur cuisine de Cacouna ou de Saint-Jean-des-Piles, les gentilles petites mémères ne faisaient pas que crocheter à l'unisson: elles célébraient la fierté du travail bien fait. Ce que font nos petites fermières fait maintenant l'envie des yuppies qui cherchent un sens à leur vie, et New York, Londres ou le Plateau Mont-Royal deviennent des terreaux fertiles pour la «tricot-thérapie» et autres activités de rédemption manuelle. Martha Stewart avait déjà flairé la bonne soupe...

Une révolution de fil en aiguille

Les Cercles de Fermières, véritables conservatoires des techniques artisanales, sont les gardiens de la flamme. La ténacité de certaines femmes, la revalorisation des pièces traditionnelles, l'utilisation de matériaux nobles comme les lins, les cotons et les laines, commencent à porter fruit. Au Smithsonian les pantoufles en Phentex! Le peuple est affamé de qualité et le piquage de la couverte est un acte de résistance à la surconsommation de produits jetables. Ne riez pas, ça s'est déjà vu! Prenez Gandhi, par exemple: il préconisait l'usage du rouet dans toutes les familles. Il souhaitait que les Indiens résistent à l'invasion des produits manufacturés anglais en fabriquant eux-mêmes leurs produits de première nécessité. Oh! Que les Anglais n'aimaient pas ça! Le rouet de Gandhi figure d'ailleurs sur le drapeau indien. C'est le symbole de l'Inde indépendante. Et c'est un symbole magnifique.

Gandhi et fermières, continuons le combat!

Maintenant, je vais vous révéler quelques secrets, vous le méritez bien.

FRIVOLITÉ: c'est une dentelle fabriquée à la navette;

LA CONFITURE: c'est un régal;

L'ORGUEIL DES MARINS: c'est un patron de tapis;

FRAPPÉ SUR OPPOSÉ: c'est une technique de tissage.

Source

Les Cercles de Fermières du Québec 

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