Loisirs et culture

Bienvenue en Dystopie

Billet de blogue par
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Une expérience qu'on n'oublie pas Photographe : Marathon Man

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Définition du Petit Larousse: société imaginaire régie par un pouvoir totalitaire ou une idéologie néfaste, telle que la conçoit un auteur donné. Un peu vague. Voyons du côté du Robert en ligne: nom féminin singulier, (philosophie) contre-utopie, du type 1984, de George Orwell. Voilà qui est déjà plus précis. On parle donc d'une société où les faits et gestes des citoyens sont épiés et surveillés, où certaines choses ne peuvent être dites, où certains passages de l'Histoire sont récrits, voire effacés, pour les faire correspondre aux intérêts de l'État.

Mais... mais... pourquoi le Larousse parle-t-il de société imaginaire? N'y sommes-nous pas déjà? Avec les USA qui espionnent non seulement leurs concitoyens mais aussi leurs partenaires économiques? Avec Assange et Snowden traqués pour avoir révélé des choses qui devaient rester cachées? Avec ces photos de Kadafi copain-copain disparues du site de Sarkozy à la veille de la «libération» de la Libye? Avec le risque (si on vit dans le mauvais pays) de disparaître avec tous les gens de notre quartier parce qu'un drone a ciblé un de nos voisins soupçonné d'être un terroriste en puissance? Bien sûr, dirait Machiavel, il faut ce qu'il faut. Et les fourberies d'un État envers l'autre, l'espionnage international («My name is Éon, chevalier d'Éon»), les guerres civiles et les assassinats politiques, ça se faisait déjà aux temps jadis. Pensez aux Borgia, aux Rois maudits. Bref, la raison du plus fort est toujours la meilleure, comme disait La Fontaine, et le vernis qui cache le requin sous l'homme n'est jamais très épais.

Cela dit, mon intention n'est pas de parler de politique, mais plutôt de vous suggérer des romans qui présentent, justement, des univers façon «Big Brother». Un genre littéraire qui ressemble au blues dans la mesure où plus c'est dark, meilleur c'est. Mon palmarès de récits paranos pour citoyen pépère, en quelque sorte.

• Dans le genre, le classique des classiques est sans contredit 1984, de George Orwell, bien que je me rappelle avoir été plus impressionné encore par La Ferme des animaux, du même auteur.

• Toujours du côté anglophone, on pourrait aussi mentionner Le Meilleur des mondes, de H.G. Wells, et Fahrenheit 451, de Ray Bradbury (dont François Truffaut a tiré un superbe film qui mérite encore aujourd'hui d'être vu).

• Communisme stalinien aidant, les Russes ont aussi produit leur lot de récits correspondant à l'angoisse sociale qu'ils vivaient. Très particulier, le roman Nous autres, d'Ievguéni Zamiatine, et le très beau et totalement capoté Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov.

• Finalement, pour le bad trip total du quidam innocent aux prises avec un univers bureaucratique, je vous recommande, de Franz Kafka, au choix: Le Procès, Le Château ou La Colonie pénitentiaire. Comme la maison des fous des 12 Travaux d'Astérix, mais puissance 10. Évidemment, c'est de circonstance, je vous souhaite une très mauvaise lecture. P.-S.: Vous en connaissez d'autres? Vos suggestions sont bienvenues.

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