Loisirs et culture
18 août 2016

12 faits sur la vie d’une juge en plongeon

Par Annie-France Charbonneau
12 faits sur la vie d’une juge en plongeon

Hélène Morneau, juge de plongeon Auteur : Annie-France Charbonneau Crédits : Hélène Morneau

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18 août 2016

12 faits sur la vie d’une juge en plongeon

Par Annie-France Charbonneau
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Juge en plongeon internationale, la Québécoise Hélène Morneau, ancienne plongeuse et physiothérapeute, vit la consécration ultime: être invitée à juger sa première compétition olympique à Rio. Comment arrive-t-on là?
 

Athlète en plongeon pendant près de 10 ans dans les années 1970, Hélène Morneau ne s’est jamais éloignée de son sport lorsqu’elle a arrêté de plonger pour devenir physiothérapeute. En plus d’être bénévole auprès de son club, à Québec, elle a gravi les échelons pour devenir juge internationale.

1. J’ai arrêté de plonger pour me concentrer sur mes études. Ensuite, j’ai continué à juger. J’avais décidé d’arrêter pour terminer mes études que je ne pouvais plus faire à temps partiel. C’est souvent là qu’un athlète quitte l’entraînement. Surtout dans un domaine d’études où il y a des stages à faire. À mon époque, il n’y avait pas de cours à distance.

2. Devenir juge, c’est rester en pays de connaissance. En commençant à juger, ça m’a fait rester active dans le sport, en contact avec le groupe d’amis que je me suis fait dans le milieu: entraîneurs, parents, et d’autres plongeurs aussi devenus juges.

3. Il faut avoir été athlète au préalable. C’est très rare de rencontrer des juges qui n’ont pas été des athlètes eux-mêmes, surtout au niveau mondial. Au niveau régional ou provincial, il y a des parents qui s’impliquent, et on leur donne des formations.

4. Le Canada offre les meilleures formations pour les juges. Des cours sont offerts, et selon le potentiel et le niveau d’activité des jeunes juges, on peut les promouvoir. Au Canada, on a des programmes plus élaborés qu’ailleurs. On cible ceux qui ont beaucoup de potentiel, des plongeurs de niveau international, par exemple, et on les encadre pour qu’ils progressent rapidement. On fait beaucoup de mentorat avec les jeunes.

5. Partir juger à l’étranger, c’est mes vacances. Toutes mes vacances y passent, et aussi beaucoup de congés sans solde. Quand on part une semaine ou deux, on essaie de joindre l’utile à l’agréable en prolongeant de quelques jours pour visiter. On essaie de faire venir la famille pour en profiter avant ou après les épreuves. Heureusement, on a souvent de magnifiques destinations.

6. On se fait évaluer constamment. Des évaluateurs de juges toujours présents en compétition. Il y a maintenant des programmes informatiques qui analysent les notes qu’on donne. Ensuite, les juges sont placés en ordre de niveau technique. Nos résultats sont donc considérés pour la sélection du jury aux compétitions internationales. Il faut aussi être capable d’apporter son opinion et de discuter.

7. Avant d’arriver aux Olympiques, c’est un long processus. Ça fait plusieurs années que je juge pour les Championnats du monde, les World Series et tous les grands prix de plongeon. En plus de mes résultats, de mon niveau d’activité, l’ancienneté est prise en compte dans la sélection. Être nommée juge aux Jeux olympiques, c’est boucler la boucle. C’est la cerise sur le sundae.

8. J’espère toujours ne pas juger en finale. Pas pour ne pas travailler, mais parce que je souhaite que nos plongeurs canadiens se classent. Je pourrais les juger en préliminaires, en demi-finales, mais pour s’assurer de l’impartialité, on ne peut pas juger si on a des représentants de notre pays. On appelle ça un panel neutre. C’est pour ça que ça prend toujours une vingtaine de juges disponibles sur place.

9. Je connais tous les plongeurs. Comme j’ai jugé beaucoup au niveau international, on revoit toujours les mêmes. Et comme j’ai jugé longtemps au niveau national, je les ai vus évoluer chez nous depuis leurs débuts, pour la plupart.

10. Même si notre système de pointage est efficace, il y a toujours un peu de subjectivité. Tous les juges arrivent avec leur bagage de connaissances et d’expérience. Et il y a des styles qu’on aime plus que d’autres et des qualités techniques qu’on apprécie davantage. À l’épreuve individuelle, sur les sept notes données, on enlève les deux plus hautes et les deux plus basses. Il reste donc trois notes qui sont comptées. Au niveau du synchro, on a 11 juges.

11. Ça se transmet parfois de génération en génération. Sur mes quatre enfants, les deux plus jeunes ont plongé. Les deux ont aussi fait leur cours de juge. Le plus jeune progresse super bien. C’est très plaisant de discuter avec lui et de confronter nos préférences en matière de plongeon.

12. Plus le niveau de difficulté d’un plongeon est élevé, plus c’est payant pour le plongeur. La normale du niveau de difficulté, c’est 3.0. Ensuite, on multiplie la note par le niveau de difficulté. Chez les hommes, on voit fréquemment des difficultés de 3.4, 3.6 et 4.0. Chez les filles, Jennifer Abel (et une seule autre athlète féminine au monde) fait un plongeon de niveau 3.4.

 

 

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