Je dépense trop. Beaucoup trop. J'ai un rapport assez particulier avec l'argent, dont je vous ai parlé ici même il y a quelques années. J'ai l'intime conviction que l'argent est fait pour être dépensé, partagé, distribué. Je n'aspire pas à finir mes jours avec un compte en banque bien garni ni ne rêve de judicieux placements qui fructifieraient pendant que je me ferais dorer la couenne au soleil. Dans mon esprit, l'argent est un outil, un moyen, et non une fin en soi.

 

Cela dit, est-ce une raison valable pour consommer autant? Est-ce que le fait d'accorder peu de valeur aux dollars m'autorise à dilapider les miens sans trop savoir où ils s'en vont? Permettez-moi d'en douter. Me serait-il possible de trouver une façon de conserver mon attitude désinvolte tout en étant un peu plus responsable quant à mon comportement de consommatrice? La chose mérite mon attention. Bien qu'en vérité je sois une redoutable chasseuse d'aubaines, toujours fière de déclarer que ce chemisier ne m'a coûté que 20 $, je dégaine ma carte un peu trop souvent, merci. Toutes les occasions, ou presque, se valent. Une petite déprime passagère? Tchik-a-tchik. Un bon coup à célébrer? Tchik-a-tchik. Un être cher à gâter? Tchik-a-tchik. Si certaines craquent pour les chaussures ou le maquillage, moi, ce sont les librairies et les épiceries fines qui me font succomber.

 

Devant un présentoir de romans, d'essais ou de biographies, je trouve invariablement un sujet d'intérêt, même si ma bibliothèque personnelle compte plusieurs titres qui attendent patiemment d'être pris en main. Et imaginez ma folie dans une maison de la presse, surtout dans les aéroports, alors que des revues des quatre coins du monde sont à ma disposition! En mettant le pied dans un marché, je perds carrément la raison. Je salive à la vue d'olives farcies aux amandes, de rosette de Lyon ou de fines tranches de saumon fumé. J'avoue même une passion sans nom pour les moutardes fines, au point d'y consacrer un espace tablette franchement important dans mon frigo! Au royaume de la surconsommation, nous avons chacune nos péchés mignons. Si c'est salé ou que ça se lit, c'est pour moi!