Une cuisine ergonomique
On déplace plus facilement une ligne sur un croquis qu'un mur dans la maison! Avant d'aller plus loin, mieux vaut imaginer notre future cuisine sur papier. Même si on envisage de confier ultimement cette tâche à un professionnel, tracer un plan est instructif: on est rapidement confrontée à la nécessité de faire des choix et on précise mieux nos besoins.

Pour dessiner un plan, on commence par faire un relevé précis des lieux (on mesure les murs, on note l'emplacement des fenêtres, des renvois d'eau, des prises électriques) et on le transpose sur papier, à l'échelle. On découpe ensuite des rectangles qui représentent nos appareils et des bandes de comptoirs (la profondeur standard est de 25 po), qu'on place sur le plan en tenant compte de certains principes d'ergonomie.

  • Le triangle. Pour rentabiliser l'espace et optimiser les déplacements, le réfrigérateur, la cuisinière et l'évier devraient former un triangle. Peu importe la forme de la cuisine, c'est une recette éprouvée. La distance totale à parcourir entre les trois appareils devrait se situer dans un registre de 12 à 26 pi. «Si le triangle est trop petit, on va manquer d'espace comptoir près des appareils pour bien travailler; dans un triangle trop grand, on se déplace inutilement et on est moins efficace», explique Pierre Dextraze, technicien en architecture.
  • Les zones d'activités. Pour une cuisine encore plus ergonomique, on regroupe les appareils et les espaces ayant des fonctions connexes en zones d'activités, comme dans les cuisines professionnelles. On définit ainsi cinq zones: provisions, rangement, lavage, préparation et cuisson. Par exemple, on limitera les déplacements inutiles en plaçant le réfrigérateur à proximité du garde-manger dans une même zone de provisions. Cette nouvelle manière de diviser l'espace est complémentaire au triangle: on continue de respecter celui-ci entre la zone de provisions, celle du lavage et celle de la cuisson.
  • Les surfaces de travail. Pour cuisiner efficacement, on prévoit des comptoirs de chaque côté de l'évier (c'est l'endroit où on s'installe le plus naturellement pour la préparation), d'un côté du réfrigérateur (pour déposer les provisions) et des deux côtés de la cuisinière. La hauteur standard des comptoirs est de 36 po.
  • Les aires de circulation. Entre les comptoirs qui se font face, on a besoin de 3 pi de distance pour circuler aisément. Pour les appareils dont la porte s'ouvre à l'avant (réfrigérateur, lave-vaisselle, four), on prévoit 4 pi de dégagement. On peut aussi jouer d'inventivité et placer un appareil pour que sa porte s'ouvre face au corridor formé par deux comptoirs.
  • L'îlot. Populaire depuis plusieurs années, un îlot peut être aussi bien un atout qu'un obstacle. Si on installe un îlot vide en espérant l'utiliser comme surface de travail, on fait fausse route puisqu'on ne s'installe pas spontanément sur un comptoir isolé: «L'îlot risque de briser notre triangle et de nuire à la fluidité des déplacements. Pour être utile, il doit accueillir un appareil, comme une plaque de cuisson ou, mieux, l'évier», suggère Pierre Dextraze.