«Question cinéma. Dans Casino Royale, quelle est la première question que James Bond pose au Chiffre?»
C’est l’heure du souper. Nous sommes à table. Mon aîné me regarde, cherche dans sa mémoire, ne trouve rien, répond finalement:
— Je sais pas. Qu’est-ce qu’il lui demande?
— «Avez-vous des enfants?» Lire la suite
Blogue Coup De Pouce - Coups de coeur et élans spontanés
langue
Paroles inventées III: jeux de mollets
Paroles inventées II: en fumer du bon
Au sens figuré, bien sûr! Dans ce deuxième volet consacré à la douce folie verbale, nous parlerons de ce qu’on pourrait appeler des hallucinations auditives, comme celles popularisées par CKOI il y a plusieurs années. (Pour des exemples, voir sous ce terme sur YouTube.) Lire la suite
Parlez-vous comme un livre à colorier?
On connaît tous une mère qui s’exprime comme un livre à colorier. Vous savez cette langue faite de sourires, colorée, articulée et lente, aux traits exagérément grossis. Un parler sans accent, pas nécessairement international, mais exempt de tournures orales. Pas de contraction, ni de double « tu » à la québécoise. Même les propositions incises s’entendent trop. Lire la suite
Paroles inventées I: mots dérivés
Au grand dam des grammairiens et des lexicographes, le parler courant ne s’embête guère des dictionnaires. Il aime bien «s’étirer» à la façon d’un grand ado dégingandé, quitte à renverser d’une main maladroite le réveil ou le dentier de mémé. Lire la suite
Je suis le chaos
Les enfants sèment le chaos dans nos vies. Ils ont ce don d’être malades le matin d’une entrevue importante, de piquer une colère au brunch familial annuel ou de recevoir un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, au moment où l’on s’apprête à relever les défis d’un nouveau poste. Lire la suite
La redondine
Une image vaut mille mots, dit-on. Relativisons, si vous permettez. D’abord, c’est surtout vrai au pays des artistes visuels… Ensuite, cela ne veut pas dire qu’on doive en utiliser AUTANT chaque fois qu’on veut faire image, ou même dire quelque chose. Lire la suite
Maudit français!
Non, non, je ne parle pas d’un de nos sympathiques cousins d’outre-mer, comme vous l’avez sûrement tout de suite su en notant l’absence de majuscule au mot «français». Je voulais parler de la langue en général. Plus précisément, de ponctuation. Et plus précisément encore, de virgules. Lire la suite
Écrire dans les livres…
Oui, je l’avoue, moi qui n’écornerais jamais un coin de page, j’écris dans les livres. Et pas mal plus que je ne le pensais! En effet, mon dernier billet m’a incité à faire un petit examen de conscience (et de mes livres) et je dois reconnaître que, pour un gars qui «respecte» le papier imprimé, je barbouille pas mal… Lire la suite
On est tanné… ou tannées?
Si l’usage est roi, cela n’empêche pas la grammaire de grincer des dents de temps à autre. Surtout quand elle lit des phrases du genre «On était familières avec ce genre de chose.»
— Holà! s’écrie-t-elle. N’oubliez-vous pas que «on» est neutre et indéfini, donc masculin (aucun sous-entendu) et singulier de surcroît?
— Ce n’est pas le même «on», lui répond-on. (Ça, ça l’est, par contre.)
— Ah non?
— Non, ce «on», c’est nous. Il n’exclut pas la personne qui parle. Au contraire, il l’inclut ainsi que toutes celles qui sont comme elle.
— Ah bon… répond-elle, pas du tout convaincue. On en reparlera.
— Qui ça?
— Ben, nous.
— Voilà! Vous venez de le dire.
En effet, de plus en plus dans la langue parlée (et donc, par ricochet, dans l’écrite), «on» signifie «nous».
«À quelle heure arrivez-vous, Pierre et toi?
— On arrive vers huit heures.»
Jusque-là, ça va. Là où ça commence à grincer (je parle des dents de madame la grammaire), c’est lorsqu’on se met à accorder des attributs, des participes, des adjectifs, etc., avec ledit «on». C’est alors que le sens s’en mêle et qu’on se retrouve avec des «on» qui sont fatiguées, des «on» qui sont pressés et même des «on» qui sont (comme dans Coup de pouce où, traditionnellement, on accorde au féminin singulier) étonnée.
Ce dernier vous étonne, justement? Eh bien, pensez à la situation suivante. Le mari, qui s’est levé à l’aube, voit sa femme, une lève-tard notoire, entrer dans la cuisine vers les dix heures. Il lui lance: «Alors, chérie, on est finalement levé…?»
D’ailleurs, je vous fais remarquer que ce «on» ne signifie pas «nous», mais plutôt «tu»… Aïe aïe aïe! On peut bien être mélangés!
Brave comme le Larousse
Larousse ou Robert? Dans mon travail de réviseur-correcteur, j’utilise le Petit Robert, considéré, m’a-t-on inculqué à mes débuts, comme le seul dictionnaire «normatif» de la langue française. Une notion à laquelle je suis un tantinet rébarbatif: à mes yeux, c’est l’usage qui est normatif. Mais j’avoue qu’il est précieux de pouvoir trouver les mots ou expressions que l’on cherche «en contexte»; cela permet de mieux les cerner.
Cela dit, j’admire la bravoure du Larousse, qui n’hésite pas, année après année, à intégrer des mots nouveaux: «plus de 3 000 nouveaux mots, sens ou expressions et… quelque 150 nouveaux noms propres dont plus de 60 artistes, écrivains, scientifiques ou sportifs», lisait-on dans Cyberpresse la semaine dernière. Et j’applaudis le fait qu’on y trouve désormais des mots comme filovirus ou corium, qui font autant partie de notre réalité que le virus Ebola ou la catastrophe de Fukushima. Et pas besoin d’attendre qu’un comité de grands-pères à perruque statue que ces réalités existent bel et bien.
Par contre, ce qui m’agace un peu dans chaque nouvelle édition, c’est le même empressement, la même naïveté, à intégrer des noms de gens connus. Parce que là, les choix (et je ne parle pas juste des derniers en date) reflètent des jugements de valeur. Leonardo DiCaprio? Et pourquoi pas Christian Bale ou Daniel Day-Lewis? Les Rolling Stones? Et pourquoi pas Frank Zappa ou Eric Dolphy? Dany Laferrière? Je veux bien, mais où est Gauvreau? Sans parler des entrées qui sentent le gros provincialisme: Claude François? Line Renaud?
En passant, je ne peux m’empêcher de me demander si quelqu’un fait du nettoyage dans tous ces noms (ceux des politiciens, par exemple) une fois qu’ils sont «passés date», comme on dit par ici. Jean Charest et Jacques Parizeau à jamais dans le dictionnaire? Allons! L’Histoire ne peut pas nous faire ça!
And je speak french…
Ce n’est pas d’hier qu’on emprunte des mots aux langues voisines. Pudiquement, au début, on leur met des guillemets. Puis on s’enhardit et on leur badigeonne le contour avec de l’italique. Pour finalement, impérialistes que nous sommes, les annexer carrément. Bienvenue, les sushi, les bistrots, les t-shirts, les ersatz…
Et ce n’est d’hier que ça dérange, certains jetant les hauts cris, d’autres s’en amusant. À preuve, cette chanson doublement tendancieuse de Léo Ferré, qui date de 1962.
C’est une barmaid qu’est ma darling
Mais in the bed, c’est mon travelling
Mon best-seller et mon planning,
c’est mon starter after-shaving
J’suis son parking son one man show
Son fuel, son king, son slip au chaud
Rien qu’un p’tit flash au five o’clock
J’paie toujours cash dans l’bondieu scop
Et j’cause français, c’est un plaisir
C’est ma starlette, ma very good,
mon pick-galette, mon Hollywood
C’est ma baby au tea for two,
c’est ma lady au one two two
J’suis son jockey, son steeple-chase,
j’sais la driver à la française
Dans l’sleeping car after paillasse,
à son milk-bar, j’me tape un glass
Et j’cause français, c’est un plaisir
C’est ma call-girl, ma savourex
qu’efface sa gueule à coups d’kleenex
C’est ma lucky, c’est ma pall mall,
ma camel qui fait ça pas mal
Quand c’est OK, on fait l’remake,
quand c’est loupé, on fait avec
J’lui fais l’mohair et la syntaxe,
très rock in chair, je shoote relaxe
Et j’cause français, c’est un plaisir
C’est une barmaid qu’est ma darling
mais in the bed, c’est du forcing
C’est du pam pam à chaque coup d’gong
C’est plus une femme, c’est un ping-pong
Quand je suis out, elle m’sex appeal
Et dans l’black out, je smash facile
Sur son standing, in extremis,
j’fais du pressing au self-service
Et j’cause français, c’est un plaisir
C’est mon amour, mon coqu’licot
Mon p’tit bonjour, mon p’tit oiseau
And je speak french, c’est un pleasure.
Évidemment, à titre de réviseur-correcteur, cette pratique m’interpelle et sollicite mon jugement quotidiennement.
Généralement, j’essaie d’adopter une attitude pragmatique. Est-ce le mot le plus efficace (ce qui ne veut pas nécessairement dire le plus correct) dans le contexte? Puis-je le remplacer par un autre, plus français, sans avoir recours à une périphrase? Si oui, je le change. Sinon, je le garde. Je pense ici à des mots comme t-shirt, party, al dente, kaizen, ronin…
Il reste que l’emprunt lexical suscite des questions et… des inquiétudes. La peur, entre autres, que cela ne soit un pas de plus vers notre totale assimilation à la culture nord-américaine de langue anglaise. Et il faut reconnaître que, contrairement à nos cousins français, que cela ne gêne pas du tout de mâcher du chewing avec les pipeul, nous sommes plutôt frileux à cet égard. Particulièrement les plus vieux d’entre nous (j’en suis), qui ont subi le mépris unilingue des mythiques vendeuses de chez Eaton.
Mais je ne veux pas me lancer dans des considérations culturelles ou politiques. Je suis simplement curieux, chères lectrices (et lecteurs), de connaître votre position sur ce sujet. Alors…
Êtes-vous pour ou contre?
Cela vous dérange-t-il beaucoup, un peu ou pas du tout?
Et surtout, donnez-moi des exemples de mots anglais que vous acceptez volontiers ou, au contraire, que vous refusez farouchement. Dans ce dernier cas, indiquez le mot français que vous utilisez.






