Blogue Coup De Pouce - Coups de coeur et élans spontanés

Mercredi 6 février 2013

Cesser de crier: mission impossible?

Par Danielle Verville
Danielle Verville
Danielle ne se prend pas au sérieux, mais vit sérieusement les anecdotes de la vie quotidienne. Mère de quatre filles, elle a vite compris que penser en dehors de la boîte était nécessaire à sa propre survie. Ce qui l'inspire : la littérature jeunesse, la décroissance personnelle et le développement durable.

Pendant une semaine, Danielle a participé au défi «Cesser de crier: mission impossible?». Elle partage son expérience avec nous. On vous invite d’ailleurs à tenter l’expérience cette semaine et à nous livrer vos commentaires au bas de ce billet.

Quand on a décidé de faire un reportage sur les mères qui crient, j’ai trouvé l’idée géniale! Après tout, qui n’a pas déjà crié, ne serait-ce qu’une seule fois, après son enfant? Le sujet, délicat certes, me semblait universel et m’interpellait particulièrement, moi, la mère de quatre filles âgées de 2 à 13 ans.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai décidé, avec quelques braves lectrices, de relever le défi de ne pas crier après mes enfants pendant une semaine. Ne me considérant pas comme étant criarde, je me disais que le défi allait être plutôt facile.

Et pourtant.

J’ai haussé le ton, dès les premières heures du défi. Nous étions un vendredi soir. Je devais préparer le souper et finaliser la valise de ma fille de 11 ans, qui partait le soir même pour son camp d’hiver. Les deux petites, âgées de 4 et 2 ans, se chamaillaient pour un jouet, pendant que l’aînée de 13 ans étudiait tranquillement dans sa chambre.

- Aïe! Arrête, c’est à moi! Maman! Maman! Maman! criait ma fille de 2 ans, pendant que l’autre claquait la porte de sa chambre pour manifester son mécontentement.

Pendant que la plus jeune braillait, l’autre revenait lui crier par la tête.

- Tu ne veux pas me donner le petit lapin, eh bien, tant pis!

Et la porte claquait à nouveau. Du fond de la chambre de ma campeuse, située au sous-sol, j’ai hurlé:

- Ça suffit! Vous allez pincer vos doigts avec la porte! Faites un casse-tête ou quelque chose de tranquille!

Du sous-sol, j’entendais la plus jeune me crier.

- C’est pas moi! C’est elle qui veut MON lapin.

-  NON! Tu as tous les plus beaux personnages! C’est toi qui… Aïe! Maman, elle m’a poussée!

Puis, des petits pas se faisaient entendre avant que le claquement de la porte retentisse à nouveau.

Le téléphone a sonné. Aucun combiné sans fil à l’horizon. Je suis montée à l’étage pour décrocher l’unique téléphone avec fil de la maison.

- OUI, ai-je répondu bêtement.

- C’est moi. Ça va?

C’était mon conjoint. Il écoutait sa musique, confortablement assis dans sa voiture. De son point de vue, il vivait un moment difficile, coincé dans la circulation.

- J’ai oublié les pommes de terre! Attends, le chaudron déborde!

Au moment où je me dirigeais vers la cuisinière, des «aïe» et des hurlements se faisaient entendre en provenance de la chambre de ma fille de 4 ans. C’en était trop! J’ai crié «C’est assez!», avant de séparer les filles, chacune dans sa chambre, la porte fermée. Je savais qu’il ne faut jamais isoler un enfant pendant sa crise ou l’envoyer dans sa chambre, mais j’avais besoin d’une pause sonore.

Malheureusement, mon intervention a provoqué une colère monstre chez ma plus jeune de 2 ans, qui lançait ses jouets contre sa porte.

- Maman, est-ce qu’on mange bientôt? m’a alors demandé ma grande de 13 ans, qui ne semblait absolument rien remarquer du drame en cours.

- Si on m’aidait avec les petites, je pourrais  terminer le souper, lui ai-je répondu sarcastique.

- Mais j’ai un examen demain! Tu veux que je coule?

Comme mon conjoint attendait toujours au bout de la ligne et que je n’avais pas l’énergie pour argumenter avec elle, j’ai repris le combiné.

- Je te rappelle plus tard.

À peine avais-je raccroché que ma fille de 11 ans était debout devant moi avec sa liste de matériel à apporter pour le camp.

-  Euh! Je ne trouve pas mes chaussettes chaudes…

J’ai respiré un grand coup avant de lui répondre :

- Maman va d’abord se servir une coupe de vin.

Parce que pour mettre de l’eau dans son vin, il faut d’abord s’en servir, non?

Et vous, il vous arrive de crier après vos enfants? Vous avez des soirées catastrophes, où la patience n’est pas au rendez-vous?

Pour savoir comment trois autres mamans ont relevé le défi, lisez cet article.

Ce billet est classé sous Defi

8 réponses à “Cesser de crier: mission impossible?”


  1. Vous aimez?

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    Bravo Danielle! Quel bonheur de lire un tel texte! Quelle description réaliste d’une tranche de mon quotidien! Je me sens moins seule dans mon univers! Et la prochaine fois, je m’assurerai de suivre ton conseil à la lettre, soit me servir une coupe de vin avant d’intervenir! Un truc de survie essentiel quoi! ;-)

  2. Vous aimez?

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    Chere amie.
    Laisse tout ca derrière et viens passer deux semaines chez nous, en Australie.
    La chambre d’amis sera libre a partir du 11 mars.
    Bisous
    NathBine

  3. Vous aimez?

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    Avant ma paralysie faciale, il était très rare que je crie. Dotée d’une bonne patience, cela allait comme sur des roulettes. Je respirais un bon coup et haussait juste le ton. Puis avec la douleur faciale qui est venue grignoter ma patience, il arrive parfois que je pète un plomb quand je répète la même chose pour la dixième fois. J’haïs ça. à chaque fois que je crie, je me sens en échec…

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    Wow! Que c’est beau, j’ai l’impression que ce texte a été écrit par quelqu’un caché dans une armoire, quelque part chez nous! hihihi…. Je suis maman de trois enfants de 3 ans, 4 ans et 6 ans, et à la maison, c’est parfois (heu…souvent!) chaotique pour ne pas dire carrément alliénant! L’un d’eux est atteint de troubles neuro-développementaux et je peux vous dire que ça change une dynamique familiale! Lorsque les agissements de mon Tannant #2 dépassent quelque peu la logique dû à son trouble, que le Tannant #3 l’imite et que Tannante #1 trouve cela hilarant et les encourage… humm… Il m’arrive de lâcher un « ça suffit!!! »… Mais l’expérience est intéressante, je vais tenter le coup… après un bon verre de vin!

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    Bonjour, contente de voir que je ne suis pas la seule à être dans cette situation. J’ai 3 garçons ( 5, 7 et 13 ans) et ce n’est pas rose tous les jours. Mon plus jeune a bien du caractère et lui aussi lance des jouets quand il n’est pas content sans compter qu’il se tape lui même quand il est fâché. Je le prend dans mes bras et lui dit de ne pas faire ça en lui retenant les mains. Le plus vieux arrête pas d’agacer les deux autres mais surtout mon deuxième, je ne sais pas pourquoi mais toujours il doit l’agacer, ce qui m’agace au final. Mon petit dernier ne veut pas aller à l’école parce qu’il dit qu’il est trop petit hmmm c’est un combat tous les matins pour le faire habiller et l’encourager pour aller à l’école. Bon j’arrête là parce que j’en aurais à dire encore hihi! Merci pour ce bel article et merci de nous encourager. Bonne journée

  6. Vous aimez?

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    Merci merci merci… moi qui suis en pleine crise de culpabilité, je me sens beaucoup moins seule, et beaucoup plus normale après cette lecture. J’espère que d’autres billets vont venir nous aider à ne plus hurler contre nos petits bouts.
    Encore merci et bonne soirée (oui, ici c’est le soir)

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    Wow!! Quel poids lourd enlevé de sur mes épaules!
    On ne vas pas toujours « crier » hi hi !! Sur les toits
    qu’on crie après nos enfants .. Je ne suis pas la
    seule et ca m’encourage et me motive tellement !
    Je relève le défi, et depuis hier soir je n’aie pas crié
    après mes filles de 7,11 et 13 ans et tout ses bien
    passé !!! Votre acticle m’a sauvé … Le bonheur en famille
    sans crier un jour à la fois !!!

  8. Vous aimez?

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    Wow!!! Quel beau texte réaliste de la vie de famille avec plusieurs jeunes enfants. J’ai 5 enfants âgé de 4 à 11 ans (4 filles et un garçon) et oui, je cris. Je me dis tout le temps que je vais rester calme mais un moment donné, je suis au bout du rouleau et je craque!!! Je cible les deux pires tannants du conflit et je les envoie (bien souvent en criant) dans leurs chambres pour une pause bien mérité (pour moi en tout cas) pour une quinzaine de minutes. Et ça fonctionne. Le calme revient… pour un certain temps!!!

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