Trois jours ont passé depuis la fusillade de vendredi au Connecticut. Comme tous les parents, j’ai encore peine à regarder les images tellement la douleur des parents, des amis, des frères et des sœurs crève les écrans. L’horreur qui vous tombe dessus par un vendredi matin de décembre, dans une école élémentaire… On a eu des drames semblables ici : Polytechnique en 1989 et Dawson en 2006. D’ailleurs, c’est la tuerie de Polytechnique qui avait donné l’élan au registre des armes à feu au Canada, celui-là même que le gouvernement conservateur vient de mettre au rancart. Évidemment que le contrôle des armes à feu n’enrayera jamais la folie humaine qui signe ces crimes, et que des dizaines de crimes seront commis, avec ou sans contrôle des armes. Mais si une seule de ces tueries pouvait être évitée par un contrôle plus strict, ne pardonnerait-on pas aux différents systèmes de contrôle leurs imperfections? La société prend bien des mesures de sécurité pour éviter les accidents d’avion sachant pertinemment que ces mesures ne préviendront jamais 100% des cas! Comment est-ce possible que la même société qui contrôle assidument le droit de conduire une voiture baisse si vite les bras devant l’idée de contrôler l’accès à des armes de combat, conçues pour tuer des gens?
Comme beaucoup de parents, j’ai serré bien fort mes enfants pendant la fin de semaine et leur ai dit 100 fois que je les aimais. Et j’ai pensé autant de fois aux vies bousillées de ces petits enfants, de leurs professeurs et de leurs familles. Cette tuerie s’est passée aux US, mais d’autres se sont passées ici. Des deux côtés de la frontière, nos familles méritent mieux que le fatalisme, le défaitisme et les calculs des politiciens qui reculent toujours devant le lobby des armes à feu. Dans une triste ironie, Barak Obama a fait depuis vendredi plusieurs fois fait allusion à sa volonté d’un contrôle plus stricte, pendant qu’au Canada, on semble persister à aller dans le sens inverse.
En terminant, j’étais à Polytechnique comme journaliste le 6 décembre 1989 et j’ai parlé à ces parents il y a 23 ans. Je sais qu’aujourd’hui leur souffrance dure toujours, et je pense très fort à eux, ainsi qu’aux parents du Connecticut dont la vie vient de basculer dans l’horreur, et aux autres parents, frères, soeurs ou amis qui ont perdu des êtres chers dans des drames semblables.






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22 décembre 2012 à 12 h 43 min
Tellement triste. L’intervention des pro-armes à feu hier m’a vraiment cachée. Excusez-moi mais c’est ce que je pense.