Demander ou accepter de l’aide n’est pas toujours facile. Surtout quand on se fait une fierté d’être autonome et indépendante. Ces dernières années, j’ai accepté de dépendre davantage des autres et ma vie est drôlement plus facile. Voici pourquoi et surtout comment je demande de l’aide.
Travailler en équipe. Tous les dirigeants, sportifs ou producteurs savent que pour avoir du succès, il faut être entouré d’une bonne équipe. Eh bien, quand on veut réussir sa vie personnelle, c’est la même chose! Il faut une équipe solide sur qui on peut compter, en tout temps! Je me souviens d’un soir d’été, où mon conjoint était en Chine pour son travail et que mon bébé faisait des coliques. On l’entendait pleurer à des kilomètres. À un point tel, qu’une voisine est venue sonner à ma porte pour m’offrir son aide –elle savait que j’étais seule avec les enfants. J’aurais pu lui dire non, que tout allait bien, mais je lui ai demandé ce qu’elle préférait. Faire le souper, superviser les devoirs des grandes, le ménage ou bercer un bébé en pleurs? Elle a choisi le bébé et tous les soirs suivants, elle venait le chercher, dès 18h, pour le bercer et m’éviter de vivre les coliques!
Prendre l’habitude d’être aidée. L’aide, c’est comme la course à pied. Pour faire un marathon, il faut s’entraîner. Alors, on n’attend pas qu’une grande épreuve (divorce, mortalité, maladie, handicap, faillite) frappe à notre porte pour apprendre à demander et à accepter l’aide. Dans notre vie de tous les jours, il faut demander l’aide, identifier nos besoins et à établir nos limites. Quand j’ai recommencé à travailler après mon congé de maternité, ma maison était sens dessus dessous. Ma mère, qui a toujours su me prêter main-forte, est venue garder les enfants à la maison et voulait m’aider avec la lessive. En toute honnêteté, elle me nuisait plus qu’autre chose. Je lui ai dit: « si tu veux vraiment m’aider, tu me cuisineras quelques repas à l’occasion »! Et c’est ce qu’elle fait depuis, quand elle constate que je suis au bout du rouleau.
L’aide, c’est non remboursable. On m’a déjà dit: « si je lui demande de garder mon enfant malade, elle me demandera de faire la même chose avec sa fille. Je ne suis pas prête à m’embarquer là-dedans.» Certaines personnes croient qu’il existe un système informel de débit-crédit, où l’aide accordée et reçue est minutieusement comptabilisée. Si notre détresse est grande, on n’osera surtout pas demander d’aide et vivre à crédit jusqu’à la fin de nos jours! Mais curieusement, on « rembourse » rarement l’aide qui nous a été donnée à ceux qui se sont dévoués pour nous. Toute l’aide reçue de mes parents sera probablement remise à mes propres enfants. Et l’amie que je dépanne le plus, n’est pas celle qui accourt quand j’en ai besoin. C’est comme ça.
Montrer l’exemple à nos enfants. J’ai souvent entendu des femmes plus âgées dire avec fierté: « Après mon divorce, je m’en suis sortie toute seule. Je n’ai jamais rien demandé à mon ex! Même pas de pension alimentaire! » Et si en voulant être un exemple de femme autonome, on apprenait à nos enfants qu’il est honteux de demander de l’aide? J’aimerais plutôt être un exemple de souveraineté-association; une femme autonome qui évolue avec des associés (parents, amis, collègues, voisins). Je ne veux surtout pas que mes enfants me perçoivent comme une personne inaccessible qui, elle, s’en est sortie seule. J’aimerais qu’ils osent me dire leurs faiblesses et surtout qu’ils demandent de l’aide quand ils en auront besoin.
Cesser d’avoir peur d’être déçue. La peur d’être déçue est une autre bonne raison pour faire cavalier seul. On a déjà demandé de l’aide et on s’est fait dire « non »? Notre vie est une longue suite de trahisons amoureuses et amicales? Les gens changent parfois. L’aide qu’on nous a refusée, il y a dix ans, nous sera peut-être accordée aujourd’hui. On se bute encore à des refus? Il est peut-être temps de faire du ménage dans nos amitiés!
Et vous, attendez-vous d’être complètement épuisées pour demander de l’aide ou, au contraire, vous sonnez l’alarme avant d’être au bout du rouleau?





