Le printemps est toujours difficile pour les enfants d’âge scolaire. Le beau temps les appelle, mais ils doivent fournir un dernier effort avant les grandes vacances estivales.
Je me souviens d’une journée d’avril, où ma deuxième fille était alors âgée d’environ 6 ans. Fidèle à mon habitude, je m’informais du déroulement de la journée de mes filles à l’école.
- Vous avez passé une belle journée?
- Hum, me répondit l’aînée, à la manière d’une adolescente.
- Et vos examens?
- Hyper bien, affirmait l’autre d’un air convaincu.
- Vraiment? Pourtant maman a oublié de te faire réviser tes mathématiques hier soir. (Je ne sais pas ce qui me fait le plus honte : parler de moi à la troisième personne ou oublier de faire réviser mon enfant.)
- L’examen était facile, mais je n’ai pas eu le temps de le finir.
- Ce qui veut dire?
- Ben, j’ai pas répondu à quinze questions.
- Quinze! Sur combien?
- J’sais plus. Trente-cinq.
C’était de ma faute. J’aurais dû l’aider à réviser la matière. Déterminée à prendre les choses en main, je pris place à la table et l’invitai à s’asseoir à mes côtés. Elle me fixa alors d’un air incrédule.
- Pas besoin. Je suis super bonne en maths!
- Mais la moitié des questions sont restées sans réponse, tu n’étais peut-être pas assez vite…
- Je connais très bien mes jeux d’addition, m’affirmait-elle les poings sur les hanches.
- Tu pourrais peut-être prendre juste un peu plus de vitesse dans tes réponses…
- C’est pas ça le problème, me répondit-elle fâchée.
- Éclaire-moi, alors.
- Ce sont les autres élèves qui les savent trop.
Ils appellent ça comment déjà? L’estime de soi. Ici, c’est réussi.





