La richesse est collective ou elle n’est pas.
Je me faisais cette réflexion, alors que nous patinions en famille sur l’anneau de glace aménagé par notre municipalité. La soirée était belle et nous filions joyeusement entre les sapins, sur l’anneau éclairé de jeux de lumières, au rythme de la musique qui me rappelait celle des roulathèques d’autrefois.
L’activité était gratuite.
Tous les enfants du quartier y étaient avec leurs parents. Au programme: patin, glissades, spectacle et petite jasette entre parents autour du feu, chocolat chaud à la main : « Ta fille a grandi! », « As-tu trouvé une garderie finalement? », « Ton plus jeune, avec sa nouvelle médication, ça va? », «Tu peux garder ma fille samedi prochain? »
Ce soir là, nous étions riches. Parce que nous étions ensemble. Parce que la glace nous appartenait.
Avoir des terrains aménagés et vivre derrière les barreaux de nos cours clôturées, ce n’est pas tout à fait vivre. Quand on sélectionne qui peut avoir accès à notre terrain, on se ferme à ce qui est étranger, différent et inattendu. On meurt un peu.
Je suis riche de mes sentiers de raquettes, glissades, piscines et bibliothèques municipales, arénas, anneaux de glace, églises, expositions artistiques, pistes cyclables, terrains de jeux et parcs de jets d’eau. Riche de mon patrimoine culturel, relationnel et environnemental.
Riche de mon milieu.





