Non, non, je ne parle pas d’un de nos sympathiques cousins d’outre-mer, comme vous l’avez sûrement tout de suite su en notant l’absence de majuscule au mot «français». Je voulais parler de la langue en général. Plus précisément, de ponctuation. Et plus précisément encore, de virgules.
Êtes-vous de type «à virgules» ou de type «sans virgules»? Moi, de par mon métier, je suis un virguleux. Du latin vir, homme, et gulus, pointilleux. De par mon côté cartésien aussi. Avec les virgules, pas de risque d’ambiguïté. Tout est clair. Dans l’armoire de nos idées, les boîtes de conserve sont ordonnées géométriquement, l’étiquette au garde-à-vous, fièrement tournée vers l’avant.
La première fois que ce fait m’a frappé, c’est à l’université, alors que je lisais, en même temps (gros trimestre), un livre de Claude Lévi-Strauss et un autre de Michel Foucault. La différence dans la ponctuation était flagrante: avec toutes les virgules «économisées» par Foucault, on aurait presque pu bâtir un chalet dans les Laurentides! Mais, par-delà cette considération économique, c’est le style de ces deux auteurs qui paraissait dans leur manière de ponctuer. Et du coup, Lévi-Strauss m’est apparu comme un écrivain du XVIIIe siècle.
Certains «assaisonnent» leurs phrases et en mettent un peu comme du sel, pour marquer des pauses dans le débit ou parce que ça les tente, tout bonnement. Je ne suis pas d’accord avec cette pratique: pas de raison, pas de virgule. Quand on en met une, c’est qu’elle est nécessaire pour clarifier le sens ou pour le nuancer. Ou pour le pervertir…
À titre d’exemple, je me souviens d’avoir hésité de longues minutes, il y a bien des années, devant la phrase suivante (qui parlait d’une jeune chanteuse): «Elle est demeurée cette petite fille que j’ai connue il y a dix ans.» Je me demandais, farceur que je suis, si je pouvais mettre une virgule après «demeurée» sans me faire lyncher par mon patron.
Je n’ai pas pris le risque. Avouez que ça aurait été de la virgule significative. Parfois, j’ai des regrets. Chaque jour, je guette la prochaine occasion…






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29 janvier 2012 à 12 h 48 min
Un grans bonjour à nos cousins francophones.
Alain le Loup, de la lointaine Confédération helvétique !!!