La veille du premier de l’An, la tradition familiale veut que nous recevions ma belle-famille à la maison. Nous les accueillons, mais c’est mon beau-père qui nous reçoit. Il fournit absolument tout, y compris la traditionnelle dinde.
L’histoire commence donc trois jours avant le réveillon, lorsque mon beau-père arrive avec une dinde congelée de 22 kilos (48,4 lb), une bête plus lourde que notre fille de trois ans! Notre premier défi : la faire entrer dans le frigo.
29 décembre
À ce poids, il faut un minimum de six jours pour que la dinde décongèle au réfrigérateur. Nous n’avons pas ce temps. Pour éviter la contamination croisée —le site web de Santé Canada est formel—, elle doit décongeler, complètement immergée dans l’eau, pendant une période de 22 heures et l’eau changée toutes les heures. Mais, l’animal n’entre que partiellement dans l’évier de la cuisine. Devons-nous l’immerger dans la baignoire? « Non, me répond le boucher du coin. Il suffit de la retourner toutes les heures dans l’eau. » Première nuit blanche à veiller la dinde.
30 décembre
La rôtissoire est trop petite, évidemment. Qu’à cela ne tienne, nous plaçons la dinde dans une grande assiette d’aluminium pour que le jus de cuisson s’écoule en toute sécurité. Elle entre de justesse dans le four; la cuisson peut commencer. Une heure plus tard, la grille plie sous le poids de l’animal, qui se retrouve dans le fond du four! Mon ingénieur la répare. Tout est réglé.
23 h. Le jus de cuisson déborde et la maison s’enfume. Quatre enfants paniqués se réveillent au son du détecteur de fumée. La logique aurait voulu que l’animal soit découpé par le boucher, mais ce n’est qu’à minuit que nous faisons le deuil d’une belle dinde sur la table.
31 décembre
Minuit passé. Notre jugement s’effrite. On cherche frénétiquement une scie à métaux électrique pour couper les cuisses du monstre! On appelle mon père en renfort, qui arrive avec les outils nécessaires au dépeçage.
Vers 1 h, je me sers un gin-tonic. Le processus du lâcher-prise commence. L’utilisation de la scie compromet la salubrité du repas, mais mon homme s’acharne. Même en plusieurs morceaux, la dinde est toujours trop grosse pour nos deux rôtissoires.
Je déclare forfait et file au lit. Mon conjoint persiste et monte la garde. Le jus de cuisson, qui déborde malgré tout, exige une surveillance de chaque instant. Le détecteur de fumée sonne une seconde fois. Il est maintenant 3 h du matin.
Je me lève. Retire l’oiseau du four et le jette dans la poubelle extérieure.
J’ai lâché prise. Enfin.
Il neige. Une grosse journée nous attend. Dormons.







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27 décembre 2011 à 7 h 48 min
Très drôle, vite putputput SAt-Hub…
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27 décembre 2011 à 8 h 39 min
J’ai aussi une petite anecdote… Un jour certain jour de l’an, j’ai troqué la dinde pour un canard, mon premier à vie! Préparation à la Jehane Benoit, ça sentait bon dans la chaumière. Lorsque vint le temps de servir la bête, horreur, peu, très peu de viande sur les os! Grosse ossature mais très peu charnue. Vraiment pas assez pour 6 personnes (4 adultes et 2 enfants). Que faire? St-Hubert BBQ voyons! Mais non, l’homme a une superstition, ne jamais dépenser un sou le premier de l’an, cela porte malheur. On sert donc les enfants et on attend minuit pour commander du poulet.
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27 décembre 2011 à 12 h 38 min
Je ne peux pas croire que l’histoire c’est vraiment passé comme ça….hum…finalement en y repensant bien, comme je te connais, c’est sûrement la réalité! hihi!
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28 décembre 2011 à 19 h 13 min
moi je l’Aurais fait scier en 2 et je me serais partager la cuisson avec quelqu’un d’autre…mais bien sûr, c’est après qu’on y pense Ha!!!
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16 mars 2012 à 22 h 29 min
Elle était bonne ta dinde ( LA DEUXIÈME )