Moi, je ne le fais plus. Je les donne. Je m’explique.
Premier souvenir. Il remonte à mon adolescence. J’avais prêté mon exemplaire de La Métamorphose, de Kafka, à un ami, qui tardait à me le rendre. Lorsque je me suis décidé à le lui demander, il m’a répondu qu’il ne me le redonnerait jamais. Il avait fait ça juste pour m’asticoter.
Second souvenir. Je suis à l’université, et mon copain Boileau me parle d’un livre qu’il a lu. Intéressé, je lui demande s’il veut me le prêter. Et il me répond: NON. Comment ça, non? Non, répond-il, parce que j’en ai trop prêté qui ne me sont jamais revenus. Alors, je ne prête plus mes livres.
Après toutes ces années et nombre de livres jamais rendus, j’avoue que l’idée m’est souvent venue de faire comme lui.
Mais — ça doit être mon côté pédagogue — je n’en suis pas capable. J’aime trop partager mes découvertes et mes coups de coeur pour ça. De plus, à bien y penser, je doute que les gens qui ne rendent pas les livres soient mal intentionnés et le fassent dans l’idée de se monter une bibliothèque aux frais de leurs amis! Alors, régulièrement, je me fais prendre et je prête un livre… qui ne revient pas.
En fait, je devrais dire; je me faisais prendre. Parce que maintenant, quand je prête un livre, je considère que j’en fais cadeau à la personne en question. Et quand on me dit: Je ne lis pas vite, tu sais. Ça peut prendre du temps… Je réponds, magnanime:
— Prends tout le temps que tu veux, je te le DONNE.
— Non, non, je vais te le rendre, c’est promis.
— Non, sérieux. Je ne le veux plus. Les chances que je le lise deux fois sont plutôt minces. Si tu veux vraiment faire quelque chose avec, donne-le à quelqu’un d’autre.
Donner au suivant, c’était la solution. Comme on voit dans les auberges de jeunesse, où les voyageurs de tous les pays laissent des bouquins qu’ils viennent de finir pour en prendre d’autres, laissés par des inconnus, qui les intéressent… Comme ces gens qui déposent un livre terminé sur un banc de parc comme une fleur coupée, en souhaitant que son parfum puisse charmer quelqu’un…
Quelle belle façon de partager ces trésors que sont les livres qui nous ont fait rêver, rager, pleurer, rire, tripper… Car c’est de cela qu’il s’agit. De véritables trésors de l’esprit humain. Et pour vraiment apprécier à quel point c’est vrai, je vous suggère de lire Fahrenheit 451, de Ray Bradbury, ou de voir le magnifique film qu’en a fait François Truffault. Et je vous laisse avec cette question: Si vous deviez apprendre un livre par coeur pour le sauver de l’oubli ou de la destruction et pour le transmettre aux générations futures, lequel choisiriez-vous?







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28 septembre 2011 à 22 h 19 min
C’est exactement ce que je fais depuis plusieurs années maintenant. J’ai assez de Zola, Mauriac, Troyat, Balzac dans mon sous-sol pour relire pendant 100 ans… alors vraiment, qui relit un livre? Maintenant, je choisis à qui le donner et je lui dis de le redonner à son tour.
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30 septembre 2011 à 9 h 17 min
c’est une bonne idée puisque de toute façon c’est vrai que la plupart du temps les livres prêtés ne reviennent jamais ou presque…
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2 octobre 2011 à 10 h 26 min
Il est rare que l’on me ramène un livre que j’ai prêté. de plus les livres qui ne reviennent plus sont ceux que l,on préfère. Je crois que le nombre de livres qui ne sont jamais revenus pourraient meubler un pan entier de mon salon.
Mais j’ai fait le mémé choix que vous. Je les abandonne car j’ai trop de plaisir à partager les émotions ressenties lors de la lecture de ceux ci.
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2 octobre 2011 à 15 h 52 min
Oui, je prête, et oui, je donne. Il y a des livres qui me sont chers et beaux, que je prête et dont je suis la trace. Pour les autres livres que j’aime et qui me sont chers, je prête à long terme, autrement dit, ça ne me dérange pas si on oublie de me le rendre, mais ça me fait plaisir si on y pense! Il faut dire que je suis prof et que je relis souvent mes livres!
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2 octobre 2011 à 15 h 53 min
Des livres qui sont intéressants, mais moins essentiels, devrais-je dire, pour ajuster la nuance de mon propos!
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29 octobre 2011 à 16 h 12 min
Sauf exception, je ne prete pas mes livres. Je préfère donner moi aussi.