La pilule miracle existe-t-elle?
Pour régler la libido, a-t-on accès à une pilule miracle comme le Viagra chez les hommes? Pas encore. Jusqu'à présent, les effets secondaires des médicaments de ce type (augmentation de la pilosité, transformation de la voix, etc.) chez la femme sont en effet trop importants pour qu'on mette en marché de tels produits. La recherche se poursuit toutefois. La firme pharmaceutique allemande Boehninger teste d'ailleurs actuellement une nouvelle molécule appelée Ectris auprès de 5 000 femmes américaines. Si les résultats obtenus par cet antidépresseur à effet rapide s'avèrent concluants, le produit pourrait être mis en marché dès 2009 aux États-Unis. Il ne serait toutefois pas disponible au Canada avant que Santé Canada en autorise la commercialisation.

D'ici là, quand la question survient, la pharmacienne Geneviève Duperron avoue diriger ses clientes vers le rayon des produits naturels. La maca, plante médicinale millénaire, aurait notamment des effets heureux sur la libido. «Ce produit, dit-elle, n'a aucun effet secondaire. Il ne présente pas non plus de risques d'interactions connus avec d'autres médicaments. La plupart des clientes à qui je l'ai conseillé me disent avoir senti un changement réel.» À moins d'avoir subi une ablation des ovaires en raison d'un cancer, pas question non plus, selon la Dre Dupuis, de prescrire des androgènes pour réveiller la libido endormie.

C'est que, dit-elle, «cela présenterait des dangers majeurs.» Pour être réellement efficace, la dose prescrite devrait en effet dépasser le taux normal d'androgènes nécessaire au fonctionnement du corps et pourrait provoquer l'arrêt des menstruations, voire l'infertilité. Dans le cas des maladies vulvaires, plusieurs traitements sont à l'essai pour réduire la douleur. Les femmes qui en souffrent peuvent notamment recourir à des gels analgésiques pour endormir la zone sensible ou à des médicaments qui agissent sur les récepteurs de la douleur.

Le recours à la physiothérapie est aussi fréquent. Professeure à l'université McGill et physiothérapeute, Claudia Brown, reçoit tous les jours des patientes souffrant de vestibulodynie dans ses cliniques de Laval et de Montréal. Par diverses techniques, elle leur apprend «à identifier le muscle tendu par la douleur répétée et à le relâcher pour en arriver à avoir des relations sexuelles plus agréables». Entre huit et dix sessions suffisent généralement pour obtenir des résultats satisfaisants. Selon elle, on obtient cependant les meilleurs résultats en combinant plusieurs traitements, tels que le suivi médical, la physiothérapie et la sexologie. En cas d'échec, on peut aussi, ultimement, recourir à la chirurgie. Accomplie par un gynécologue, l'intervention présente un taux de succès avoisinant les 50 %.