Où est passée ma libido?
- Par
- Guylaine Boucher ,
- Publié:
- 15 décembre 2008
- Mise à jour:
- 21 octobre 2009
Estime de soi déficiente, image corporelle négative, anxiété de performance... On parle souvent des facteurs psychologiques qui nuisent à la libido. Mais les problèmes de santé peuvent aussi affecter notre désir sexuel.
Le poids de la maladie
Épreuve majeure dans la vie d'un individu, la maladie peut faire basculer le désir sexuel. Au-delà du stress qu'ils entraînent, certains problèmes de santé peuvent en effet hypothéquer le bon fonctionnement de l'appareil sexuel et de la libido. Quelques-uns des facteurs qui peuvent provoquer une baisse de libido:
l'hypertension, les problèmes cardiaques et le diabète, notamment parce qu'ils entraînent des problèmes de circulation sanguine. «Pour qu'il y ait orgasme, explique la Dre Dupuis, le sang doit pouvoir affluer vers la vulve. Quand la circulation sanguine ne va pas bien, il est possible que le désir s'atténue.»
un dérèglement endocrinien. De fait, selon le Dr François Gilbert, endocrinologue à la Clinique AccessMed, «tout mauvais fonctionnement du système endocrinien peut affecter la libido à divers degrés», notamment l'hypothyroïdie, maladie caractérisée par un ralentissement, voire un arrêt complet de la glande thyroïde. «La thyroïde influence toutes les réactions chimiques qui se produisent dans le corps humain. Quand son fonctionnement est insuffisant, c'est comme si le corps entrait en hibernation. Tout tourne au ralenti, même les métabolismes en lien avec l'humeur et le plaisir, incluant le plaisir sexuel», explique le spécialiste. Un dérèglement de la glande hypophyse ou une tumeur hypophysaire peuvent aussi nuire considérablement à la libido. Et pour cause: cette glande contrôle notamment le fonctionnement des testicules et des ovaires. En cas de problème, une diminution de la production des hormones sexuelles (testostérone, notamment) survient, et, avec elle, une baisse du désir.
une glycémie élevée en raison d'un diabète mal contrôlé. Cette dernière peut favoriser l'apparition d'infections vaginales et des voies urinaires, qui peuvent également hypothéquer la sexualité.
la fibromyalgie, caractérisée par une fatigue chronique et des douleurs intenses de type arthritique ressenties un peu partout dans le corps. Chantal, 42 ans, ne s'en cache pas: sa sexualité a été quasi réduite à néant en même temps que sont apparus les premiers symptômes de la maladie. «Non seulement je n'ai pas beaucoup d'énergie, mais certains jours, la douleur est telle que le simple fait de laisser quelqu'un effleurer ma peau est inconcevable. On est loin d'être dans un contexte favorable à l'épanouissement de la vie sexuelle.»
la dépression, fréquemment associée à une baisse du désir. Le dysfonctionnement global des activités cérébrales, du cortex préfrontal en particulier, expliquerait la chute de libido. Grand responsable de nos réponses émotionnelles (désir, affection, plaisir, etc.), cette zone du cerveau jouerait en effet un rôle central dans la sexualité.
les maladies de la vulve, qui affectent entre 10 et 15 % des femmes. La plus répandue est la vestibulodynie. Elle se caractérise par des brûlements et des sensations de déchirure lorsqu'il y a pénétration. Ces douleurs peuvent apparaître dès la première relation ou après quelques mois, voire quelques années de relations indolores. Contrairement à l'irritation pouvant résulter d'une infection vaginale, les douleurs liées à cette maladie sont constantes et s'expliqueraient par le fait que certaines cellules transmettent des signaux erronés (des signaux de douleur extrême) à la moelle épinière. Difficile d'éprouver du désir dans un tel contexte. «Dès ma première relation sexuelle à 17 ans, le sexe a été pour moi douloureux, confirme Véronique, aujourd'hui âgée de 27 ans. À un certain moment, l'idée même de faire l'amour me traumatisait. Peu importe le partenaire, j'avais la libido en dessous de zéro.» D'autres problèmes vulvaires, comme les fissures, sorte de petits craquèlements à la vulve, souvent situés à l'entrée du vagin et principalement dues à l'assèchement de la peau, à la contraction des muscles ou au frottement, peuvent aussi entraîner des douleurs et une baisse du désir. Il en va de même pour le lichen simplex, une maladie de la peau semblable à l'eczéma qui s'attaque surtout aux grandes lèvres.
Cela dit, selon la Dre Dupuis, «à long terme, il est rare qu'une maladie, quelle qu'elle soit, empêche une femme d'éprouver du désir et d'avoir une vie sexuelle satisfaisante. Généralement, dit-elle, si on suit bien les directives de notre médecin, on apprend à vivre avec notre condition et ça inclut la vie sexuelle.»
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