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Désir à la baisse, absent, coupable... On vit toutes, à l'occasion, des inquiétudes liées au désir. Mais, souvent, on entretient des idées erronées à son sujet. On fait la lumière sur les fausses croyances les plus répandues.
Ce n'est pas toujours vrai, car le désir n'est pas nécessairement relié au sentiment amoureux. Tout comme on peut ressentir du désir pour quelqu'un sans qu'il y ait de relation amoureuse. «On peut aimer énormément son conjoint sans que celui-ci ne nous fasse fantasmer», explique la sexologue Geneviève Parent, qui ajoute que plusieurs choses peuvent influencer le désir avec le temps. Se perçoit-on encore comme un couple, comme des amoureux ou simplement comme une famille? Passe-t-on du temps de qualité ensemble? Est-ce que notre conjoint fait moins attention à lui ou a-t-il cessé de vouloir nous plaire? Prend-on le temps de laisser le désir s'installer? Est-on attentive à nos sensations?
La relation est bonne, mais ce n'est plus comme au début? «C'est normal, rassure la sexologue. Prenez par exemple une personne qui aime le gâteau au chocolat, mais qui ne s'en permet qu'un morceau de temps en temps, et une autre qui en mange tous les jours. Cette dernière ne «salivera» peut-être pas autant que la première, mais elle trouvera le gâteau tout aussi bon!». Bien entendu, quand la relation s'est dégradée, qu'on n'admire plus l'autre ou qu'il nous inspire des sentiments négatifs, il ne faut pas s'étonner que le désir s'étiole.
Qu'on se rassure, le désir peut revenir. À condition toutefois d'être prête à travailler à améliorer la relation, par exemple en se donnant du temps à deux ou en réglant les conflits et les tensions qui minent la dynamique du couple. «Le désir, ça se reconstruit, ça se retrouve, affirme Sylviane Larose, sexologue. Parfois, c'est la monotonie qui fait fuir le désir: on connaît d'avance la séquence des gestes qui seront posés, le temps que cela va prendre... Cela ne nourrit pas le désir».
La solution? «Il faut réfléchir à la façon dont on vit sa sexualité, explorer des sensations, être créatif. Cela ne signifie pas faire l'amour dans toutes les pièces de la maison ou tester mille et une positions! On cherchera plutôt à développer sa sensualité, par exemple en explorant de nouvelles façons de se toucher ou en variant les préliminaires. C'est cela qui nourrit le désir. Trop souvent, on limite sa sexualité au mode génital.» Dans certaines circonstances, la seule chose que l'on puisse faire est de se donner du temps, en l'occurrence lorsqu'on traverse des périodes difficiles. Quand on perd son emploi, que notre enfant est malade ou qu'on vit un deuil, il va de soi que le désir ne se retrouve pas en tête de liste de nos priorités.
L'absence de désir et la frigidité, c'est pareil.
Avoir du désir est une chose. Se «connecter» à son désir en est une autre. «Prétendre qu'une femme est frigide, c'est dire qu'elle n'a aucune réaction sensuelle, aucun intérêt pour la sexualité. C'est extrême!, lance Geneviève Parent. Souvent, une femme aura du désir, mais en sera déconnectée.» C'est le cas notamment de celles qui courent tout le temps, qui sont constamment «dans leur tête» ou qui s'investissent dans une multitude de projets. Or, pour éprouver du désir, il importe de se recentrer sur soi, sur son corps. Chaque personne est différente et prendra plus ou moins de temps pour se recentrer sur son désir. Geneviève Parent nous met en garde: «Attention aux comparaisons! C'est à soi-même qu'il faut se comparer et non à ses amies ou à son conjoint.» Comment était mon désir il y a cinq ans? Six mois? Deux semaines? Personne n'est mieux placé que nous pour évaluer la situation.
J'éprouve du désir pour des inconnus, je suis une mauvaise conjointe.
Un regard de velours, une démarche féline, des épaules de joueur de football… Tout cela entre dans le domaine du fantasme. «Le fantasme a sa place dans la sexualité et il est nécessaire au désir, avance Sylviane Larose. Il agit un peu comme un moteur qui va réveiller des émotions et des sensations. Le fait de ressentir de l'attrait pour une autre personne n'est pas problématique tant que cela ne va pas plus loin, que l'on a toujours du désir pour son conjoint et que celui-ci est plus important que le désir que peut susciter en nous d'autres personnes.»

















