«Perdre du poids, c'est facile, affirme d'emblée le Dr Paul Boisvert, responsable des communications de la Chaire sur l'obésité de l'Université Laval. Maintenir le poids perdu est bien plus difficile.» Les spécialistes le reconnaissent: la majorité des régimes et diètes tiennent leurs promesses et, en les suivant à la lettre, on a de grandes chances de devenir plus svelte. Mais pour combien de temps? «Bien peu de résultats documentent les effets à long terme d'une diète en particulier», répond Angelo Tremblay, professeur au département de kinésiologie de l'Université Laval. On observe toutefois que la majorité des gens qui ont perdu du poids rapidement le reprennent en peu de temps.» Les facteurs qui expliquent ce phénomène et des façons d'en éviter les pièges.

Perte de poids: changer nos comportements alimentaires

«Le défi du maintien du poids tient au changement de nos comportements alimentaires, souligne Hélène Tremblay, présidente de l'Association des diététistes du Québec. Si le régime est trop différent de leurs anciennes habitudes, la plupart des gens y reviennent dès qu'ils ont atteint le poids souhaité.»

«Souvent, lorsqu'on entreprend un régime, on coupe les portions, on bannit des aliments, on saute des repas, bref, on se prive énormément, explique Marylin Manceau, diététiste au Centre de référence en nutrition humaine. On y va de façon trop drastique.» Et, plus souvent qu'autrement, toutes ces restrictions et privations entraînent la démotivation et l'abandon de la diète.

Par ailleurs, le corps est doté d'un instinct de survie incroyable. En particulier, au cours des millénaires, il a développé une stratégie pour survivre en période de disette: au moindre signe de privation, il fait des réserves et ralentit son métabolisme. «Quand on fait des régimes sévères où l'on se prive d'un seul coup, on met notre corps en état de survie, explique Marylin Monceau. Lorsqu'on se remet à manger comme avant, le corps, qui se souvient d'avoir privé, économise ses réserves en dépensant moins d'énergie au repos pour éviter d'être de nouveau pris au dépourvu.»

Paradoxalement, notre corps s'est également adapté à la société d'abondance. On mange davantage, plus richement, et on bouge moins. Résultat: la population en général a tendance à accumuler du poids superflu. Pourtant, malgré ces mauvaises habitudes de vie, on n'engraisse pas indéfiniment: on atteint un jour ou l'autre un plateau. «C'est que l'organisme s'adapte à sa nouvelle réalité, explique Angelo Tremblay. Un organisme qui gagne du poids devient plus efficace pour brûler les calories et, avec le temps, il atteint un nouvel équilibre.»

Ces phénomènes expliquent en partie pourquoi il est si difficile de maintenir le poids perdu. Lorsqu'on tente de maigrir, notre corps ralentit ses activités pour économiser ses énergies. Et quand on se remet à manger davantage, il a besoin d'un délai grandissant pour s'adapter à sa nouvelle réalité. Résultat: on reprend le poids rapidement et, bien souvent, quelques livres en plus. Il peut s'ensuivre un cercle vicieux de perte et de reprise de poids dont il est difficile de se dépêtrer, le fameux «effet yoyo».