5 questions sur l'hormonothérapie

1. Ça fait quoi, au juste? L'hormonothérapie remplace les hormones que les ovaires cessent de produire à la ménopause. Elle comprend une combinaison d'oestrogènes qui contribuent à soulager les femmes de leurs symptômes et un progestatif qui protège la muqueuse de l'utérus contre les cancers de l'endomètre. Elle est offerte sous plusieurs formes: comprimé, timbre, gel, crème et anneau vaginal.

2. Est-ce pour toutes les femmes? «L'hormonothérapie s'adresse aux femmes présentant des symptômes importants de la ménopause, estime la Dre Dodin. Mais le degré d'inconfort varie selon les femmes et leur capacité à endurer. Les femmes qui souffrent ou qui jugent que leur qualité de vie est perturbée peuvent demander l'hormonothérapie.» On peut aussi prendre l'hormonothérapie en périménopause. «Il s'agit souvent de femmes qui n'ont pas eu de menstruations depuis 3 à 6 mois et qui souffrent vraiment de leurs bouffées de chaleur. On n'a pas à attendre douze mois après l'arrêt des règles pour prescrire l'hormonothérapie,» explique la Dre Desindes.

3. Est-ce efficace? «C'est la façon la plus efficace de soulager les symptômes de la ménopause», assure la Dre Moreau. La Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada (SOGC) considère d'ailleurs que l'hormonothérapie constitue une option sûre et efficace pour le traitement des symptômes ménopausiques allant de modérés à graves, tels que les bouffés de chaleur, les sueurs nocturnes, les sautes d'humeur, l'insomnie, les troubles de la concentration et la sécheresse vaginale. «L'approche idéale, c'est de commencer avec la plus petite dose et de revoir son médecin 4 ou 5 mois plus tard pour l'ajuster au besoin si les symptômes persistent, soutient la Dre Dodin. Mais il n'y a plus de limite de temps imposée.» Après 5 ans, on peut faire le test d'arrêter les hormones pour voir si les symptômes sont toujours là et évaluer si on poursuit le traitement ou pas.» L'hormonothérapie préserve aussi la densité osseuse et diminue le risque de fractures.

4. Y a-t-il des risques? Ce qui fait peur, c'est l'augmentation du risque de cancer du sein. Mais la SOGC rappelle que toutes les femmes font face à un risque accru en vieillissant. En fait, le cancer du sein est plutôt associé au vieillissement qu'à la ménopause. «En chiffres absolus, ce que nous a appris la grande étude américaine Women's Health Initiative Study (WHI) en 2002, c'est que, sur 10 000 femmes qui ne prenaient pas d'hormones pendant un an, 20 ont eu un cancer du sein, alors que sur 10 000 qui prenaient des hormones, 26 en ont développé un, illustre la Dre Dodin. L'hormonothérapie serait donc responsable de 6 cas de plus de cancer du sein par tranche de 10 000 femmes par année. Il y a une légère augmentation du risque.» Le risque d'augmentation de maladies cardio-vasculaires, lui, varie selon l'âge. «Si on débute l'hormonothérapie tardivement après 60 ans, on augmente son risque d'infarctus, note la Dre Desindes. Mais si on commence le traitement hormonal au début de la ménopause, il n'y a pas d'augmentation du risque.» Il peut y avoir d'autres risques ou contre-indications à l'hormonothérapie selon, entre autres, notre histoire médicale; il faut en discuter avec son médecin.

5. Quelle est la différence entre les hormones classiques et les hormones bio-identiques? Comparativement aux hormones classiques, qui sont fabriquées à partir d'urine de juments enceintes, les hormones bio-identiques sont élaborées à partir de molécules identiques à celles produites par nos ovaires. «Aucune étude n'indique que les hormones bio-identiques sont plus sûres ou plus efficaces que les hormones classiques, dit la Dre Moreau. Ce qui compte, à mon avis, c'est que les femmes choisissent une hormonothérapie qui leur convient et qu'elles peuvent se payer.» En effet, certains produits ne sont pas couverts par le régime public d'assurance médicaments du Québec (RAMQ). Les spécialistes mettent aussi les femmes en garde contre les préparations d'hormones bio-identiques fabriquées sur mesure en pharmacie à partir de bilans sanguins hormonaux. «Ces produits ne sont pas approuvés par Santé Canada, prévient la Dre Moreau. Leur qualité et leur efficacité n'ont pas été étudiées et ces produits coûtent très cher.»

Pour en savoir plus

  • Comprendre la ménopause, par la Dre Anne MacGregor, Modus Vivendi, 2006, 194 p., 9,95$.
  • Être femme à 50 ans, par la Dre Johanne Blais et Nathalie Gascon, Les Intouchables 2007, 222 p., 19,95$.
  • Ménopause, nutrition et santé, 3e édition, par Louise Lambert-Lagacé, Les Éditions de l'Homme, 2010, 200 p., 27,95$.
  • Femmes en santé
  • Mamenopause.ca
  • LeGrandOw.ca (site d'information sur l'atrophie vaginale) 


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