La nourriture peut-elle nous soulager?

On trouve dans certains aliments d'origine végétale des substances appelées phyto-oestrogènes, qui ont une structure chimique semblable à celles des oestrogènes produits par nos ovaires. On les trouve notamment dans le soya et les graines de lin. Dans son livre Ménopause, nutrition et santé, la diététiste Louise Lambert-Lagacé mentionne que des recherches ont montré que les phyto-oestrogènes contenus dans le soya et les graines de lin diminuent les bouffées de chaleur à la ménopause. Elle recommande d'intégrer à notre alimentation quotidienne au moins 15 ml (1 c. à tab) de graines de lin moulues et environ 100 g de tofu ou 300 ml de boisson de soya. «On doit être patiente, prévient toutefois Mme Lambert-Lagacé, car il faut prévoir 3 à 6 semaines avant de ressentir une différence.» Elle suggère également d'augmenter notre consommation d'aliments riches en bore, un minéral comme le calcium et le fer. «Comme son action s'apparente à celle des oestrogènes - mais avec un pouvoir plus limité -, le bore peut aider à diminuer les bouffées de chaleur», écrit-elle. La plupart des fruits et des légumes, tout comme les légumineuses et les noix, contiennent du bore, notamment les avocats, les pruneaux, les raisins et abricots séchés de même que les haricots rouges cuits et les noisettes. D'autre part, il est à noter que le café, l'alcool et les mets épicés peuvent augmenter les bouffées de chaleur.

Certains produits naturels comme le trèfle rouge et l'actée à grappes noires en capsules contiennent aussi des phyto-oestrogènes pouvant réduire les bouffées de chaleur. «Les phyto-oestrogènes ne réduisent les bouffées de chaleur que d'une par jour, mais l'effet placebo les réduit de 30%, indique la Dre Dodin. Mais il y a peu d'études sur les effets à long terme de ces produits et je recommande aux femmes d'aller chercher les phyto-oestrogènes dans l'alimentation plutôt que dans les suppléments pour éviter les excès.» Sans oublier que les produits naturels ne sont pas remboursés par les assurances ni la RAMQ. La SOGC prévient aussi qu'il n'existe aucunes données à long terme sur l'innocuité des remèdes à base de plantes médicinales.