Stress: ce qui se passe dans mon corps

Les urgences se multiplient au boulot. Le petit fait 40 de fièvre. Le plus grand hurle pour qu'on lui donne un coup de main dans ses devoirs. Et il y a l'anniversaire de notre soeur à organiser. N'en jetez plus, la cour est pleine! Devant la montagne de choses à accomplir et les délais toujours plus serrés, il arrive que le stress déteigne sur notre bonne humeur. Chez certaines, cela se manifestera par de l'impatience, chez d'autres, par le désespoir et les larmes. D'autres encore exploseront de colère ou deviendront irritables. Bref, notre humeur en prend pour son rhume, nous rendant pessimiste, morose, grincheuse, voire déprimée. Mais pourquoi n'arrive-t-on pas à garder la tête hors de l'eau?

Plus que la situation elle-même, c'est la perception qu'on en a qui déclenche les hormones du stress. Découragée par un pépin (réparations imprévues à la voiture, opération chirurgicale, etc.), on néglige de profiter des bons moments du quotidien, bien réels eux aussi, ou de trouver un aspect positif à ce qui semble noir à première vue. Ainsi, forcés de faire réparer la voiture, certains se stresseront à l'idée du trou que cela créera dans leur budget, alors que d'autres se diront qu'au moins ils pourront rouler l'esprit tranquille. Même des événements heureux peuvent causer du stress. Après avoir gagné à la loterie, plutôt que de se sentir libérés de leurs soucis, certains vont s'inquiéter de savoir comment bien placer cet argent, à qui en donner... Bref, le mot clé ici, c'est perception. «L'intensité du stress dépend beaucoup de la perception qu'on a de la situation, résume Nicolas Chevrier, des Services psychologiques Sequoia.

Mais à quoi est-elle due, cette différence de perception des événements qui nous rend plus ou moins émotive? Aux expériences vécues, bien sûr, mais aussi à l'éducation. Si, quand on était enfant, notre mère ne voyait que le côté négatif des choses («Ne monte pas là, tu vas tomber!» ou «Arrête de manger des bonbons, tu vas devenir obèse»), il y a de grandes chances qu'on soit d'un naturel plutôt inquiet. Mais rien n'empêche de changer les choses: l'inquiétude n'est rien de plus qu'une émotion produite par nos pensées. Si notre perception change, nos émotions et nos comportements évolueront... et notre propension au stress aussi!

Prise dans un embouteillage, on a tendance à s'enrager. Ce qui nous irrite? Ne pas avoir le contrôle de la situation dans un monde où il faut tout contrôler pour y arriver: le temps qui manque pour faire tout ce qu'on a faire, les effets du temps sur notre corps, les études, le métier, la famille, notre vie en général... Dès que les événements en décident autrement, on stresse! L'adrénaline et le cortisol se mettent de la partie, et on entre en mode «combat». Le problème, c'est qu'il n'y a personne à combattre et qu'à maintenir ce régime longtemps, on s'épuisera, physiquement et psychologiquement.

Pourquoi ne pas opter pour la fuite (le lâcher-prise), comme le faisait parfois notre ancêtre préhistorique? Bien sûr, dans notre société, fuir peut être perçu comme un échec. Mais c'est peut-être la solution la plus sage quand le combat est inégal ou qu'il n'en vaut pas la peine.