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Une étude de l'Université de Californie à San Francisco démontre que les gens qui ont du mal à s'adapter et à répondre au stress chronique ont tendance à prendre du poids autour de la ceinture abdominale. Voici comment éviter le problème.
Stress: ce qui se passe dans mon corps
Le stress a une influence certaine sur notre poids. La plupart d'entre nous allons grossir, surtout si on vit du stress de façon récurrente. Pour expliquer la prise de poids d'un point de vue physiologique, Sonia Lupien nous ramène à nos origines: «Quand les chasseurs préhistoriques croisaient un mammouth, leur cerveau leur envoyait deux messages: courir ou combattre. Dans les deux cas, ils dépensaient beaucoup d'énergie, qu'ils reprenaient en mangeant. Le problème, c'est qu'aujourd'hui on n'a pas à combattre ou à fuir de mammouths.» Or, la mécanique de déclenchement du stress n'a pas évolué: quand on est stressée, on mange comme un chasseur de mammouth sans dépenser la même énergie que lui! Et on grossit. Oui mais alors, pourquoi d'autres personnes maigrissent-elles sous l'effet du stress? C'est que, dans les cas de stress chronique, on peut subir une perte d'appétit, comme de libido et de plaisir en général.
L'ennemi numéro un, question prise de poids, c'est le grignotage. D'un point de vue psychologique, cela s'appelle compenser... et se récompenser. Pas besoin d'être Freud pour le savoir: aussi loin qu'on remonte, le premier sentiment de totale satisfaction et de désir assouvi est lié à la nourriture, au sein ou au biberon. Après, c'est une question d'éducation: «Si beaucoup de gens utilisent la nourriture comme réconfort, c'est probablement parce que, dans leur enfance, on a joué sur le principe de récompense/punition avec les aliments», explique Nathalie Jobin, directrice de la nutrition et des affaires scientifiques du centre de référence sur la nutrition humaine Extenso, affilié à l'Université de Montréal. Quand une mère dit: «Finis ton assiette, sinon tu n'auras pas de dessert», le dessert apparaît comme une récompense. Un schéma malsain qu'il est important de casser, pense Nathalie Jobin.
On sait aussi que l'interdit provoque souvent l'inverse de l'effet voulu. En interdisant les sucreries aux enfants, on peut être certaine qu'ils en mangeront en cachette, créant dans la foulée un sentiment de culpabilité qui peut persister à l'âge adulte. Mieux vaut, d'une part, apprendre la modération et, d'autre part, manger varié pour obtenir toutes les vitamines et bienfaits nutritifs dont notre corps a besoin, surtout en période de stress.
Qui dit grignotage dit souvent sucreries. Choisir des aliments sucrés (chocolat, crème glacée, biscuits, etc.) pour se réconforter quand on est sous pression, c'est peut-être une question d'éducation, mais c'en est aussi une d'hormones: «Les aliments sucrés agissent sur les neurotransmetteurs du cerveau», explique Nathalie Jobin. En libérant des hormones du plaisir comme les endorphines, ils nous donnent une sensation de bien-être de courte durée. Par la suite, à cause des sucres rapides tout juste ingérés, le pancréas va sécréter de l'insuline, qui favorise le stockage des graisses. Un autre phénomène explique pourquoi on peut prendre du poids quand on est stressée: le cortisol a pour effet d'aiguiser l'appétit. «De même, lorsqu'on est stressée, on a tendance à moins bien dormir, et le manque de sommeil chronique augmente la sensation de faim», note la nutritionniste.



















