Stress: ce qui se passe dans mon corps

Ce que le stress entraîne, plutôt que des problèmes de sommeil proprement dit, ce sont des difficultés d'endormissement. L'explication est simple: «Les enfants sont couchés, vous êtes dans votre lit, la maison est calme, il n'y a plus de bruit... Que faites-vous si quelque chose vous préoccupe? Vous pensez. Trop!» explique Sonia Lupien.

«Les personnes mentalement hyperactives ont plus de difficulté à faire une coupure au moment d'aller se coucher. Leur cerveau reste très actif le soir et même pendant la nuit», renchérit Charles M. Morin, chercheur spécialiste du sommeil à l'École de psychologie de l'Université Laval et président de la Société canadienne du sommeil. Cette difficulté d'endormissement entraîne une tension musculaire, une respiration saccadée et une concentration sur les émotions au lieu d'une détente du corps et de l'esprit, d'un lâcher-prise.

Cela dit, rassurons-nous sur un point: on n'est pas systématiquement condamnée à mal dormir parce qu'on est sous pression! Une fois endormie, la personne stressée peut très bien arriver à dormir profondément et paisiblement. «Cela dépend beaucoup du type de stress, note Charles M. Morin. Si on vit un deuil ou une séparation, il y a de bonnes chances que nos rêves soient plus désagréables qu'en temps normal. Mais il ne s'agit pas nécessairement de cauchemars, car on fait tous des cauchemars à un moment donné, stressés ou pas.» Dans le cas d'un stress intense (trois dossiers à boucler avant le week-end, maladie du petit dernier, vente d'une maison), on aura tendance à avoir un sommeil plus léger, ponctué de réveils répétés, et éprouver des difficultés à se rendormir.

Mais inutile de dramatiser, cela ne ferait qu'accentuer le problème... et le stress! Et inutile de comparer son sommeil avec celui d'autrui, chacun a son rythme bien à lui. Une fois endormis, certains ont le sommeil fragile, d'autres l'ont lourd et profond, certains sont de grands dormeurs, d'autres d'incurables lève-tôt. La moyenne est d'environ huit heures par nuit, mais certaines personnes fonctionnent très bien avec quelques heures de sommeil alors que d'autres ont besoin de dix heures pour être au meilleur de leurs capacités. Mais la qualité l'emporte sur la quantité! «Mieux vaut une nuit de six heures de sommeil sans réveil plutôt qu'une nuit plus longue mais interrompue», insiste Charles M. Morin.

Bref, à moins de devenir habituelle, l'insomnie n'est ni insurmontable ni dramatique. En revanche, si le problème est récurrent, on n'hésite pas à consulter un psychologue. «Cela pourra sans doute nous éviter d'avoir recours à l'utilisation chronique de somnifères et même de tomber dans la dépression, car, on le sait, le manque régulier de sommeil peut être une cause de dépression», ajoute le chercheur.