Marie-Josée, 45 ans, opérée il y a deux ans
«Avant de subir mon hystérectomie, j'avais des saignements menstruels très abondants. Je remplissais une serviette sanitaire à l'heure, j'étais fatiguée et ballonnée. J'allais souvent uriner et j'avais des maux de dos. Je n'ai pas consulté, car je croyais être en préménopause, ma mère ayant été ménopausée vers l'âge de 40 ans. J'ai finalement vu une obstétricien-gynécologue. Je n'avais subi que deux examens gynécologiques depuis la naissance de ma fille, en 1994... On m'a diagnostiqué un fibrome de la taille d'un chou-fleur!

L'obstétricienne-gynécologue m'a proposé d'enlever l'utérus. L'opération s'est bien déroulée. J'ai profité de ma convalescence pour me faire servir un brin par mon conjoint et ma fille! J'avais prévu des activités tranquilles, comme faire un casse-tête et classer des photos numériques. Mes blues, je les ai eus six mois plus tard, à l'automne. Cela me faisait drôle de savoir que je ne pourrais plus tomber enceinte, même si mon conjoint et moi ne voulions plus d'enfant. Ce que je ressentais est difficile à décrire: je ne me sentais pas moins femme, mais j'étais tristounette. J'ai mis quelques mois avant de réaliser que je n'aurais plus de règles. J'avais le réflexe de regarder sur le calendrier. Mon conjoint, lui, avait le réflexe de mettre un condom lorsqu'on faisait l'amour - c'était notre moyen de contraception. Mais maintenant, je suis bien heureuse de ne plus avoir de saignements!»

Josée Ann, 48 ans, opérée à l'âge de 34 ans
«Lors de l'examen gynécologique annuel, mon médecin de famille a découvert une anomalie à l'un de mes ovaires. L'obstétricienne-gynécologue à qui il m'a référée a diagnostiqué un kyste bénin. Elle a décidé de l'enlever par laparoscopie. Pendant l'intervention, la masse, qui était un cancer, finalement, a éclaté dans mon abdomen. On a enlevé l'ovaire affecté. Une semaine plus tard, on m'a réopérée pour enlever l'autre ainsi que l'utérus et les trompes de Fallope. J'avais 34 ans. Mon conjoint et moi songions à avoir un premier enfant...

Accepter que je n'aurais jamais d'enfant a été le plus difficile dans cette épreuve. Être ménopausée précocement a aussi eu un impact dans ma vie. Je n'ai jamais eu de contractions aux 5 minutes, mais des bouffées de chaleur, si! Je ne dormais pas bien, je me sentais déprimée et je n'avais plus de libido. Après ma rémission, j'ai pu prendre de l'hormonothérapie de remplacement pour soulager mes symptômes. Tout le tourment émotif causé par le cancer, la ménopause, l'infertilité ont été trop pour mon couple, et je me suis séparée de mon conjoint. Je n'ai pas consulté de psychologue, mais j'aurais dû. En 2004, j'ai pris part à un groupe de soutien. J'ai pu y partager mon vécu, ce qui m'a fait beaucoup de bien. Surtout, j'ai pu enfin comprendre que mon désir de maternité pouvait encore être comblé, malgré l'hystérectomie et le fait que je sois aujourd'hui célibataire. Depuis deux ans, j'ai entrepris des démarches pour adopter un enfant à l'étranger.»