4. Quels sont les risques associés à cette opération?
Selon le Dr Waddell, l'hystérectomie peut entraîner des complications dans 10 % à 15 % des cas. Les problèmes les plus fréquents: une infection interne ou de la plaie externe, une hémorragie, un traumatisme aux organes environnants (vessie ou intestins) ou une thromboembolie (obstruction d'une veine par un caillot de sang dans la jambe ou, plus rarement, dans les poumons - embolie -, ce qui peut mettre la vie en danger). Les femmes obèses, diabétiques, anémiques ou qui ont déjà subi une chirurgie abdominale (ex.: césarienne) risquent davantage de souffrir de complications.

5. À quoi ressemble la convalescence?
En général, on reste hospitalisée de 2 à 4 jours. La convalescence dure, en moyenne, 4 à 8 semaines. Mais notre congé dépend aussi de la nature de notre travail. Ainsi, il peut s'étirer jusqu'à 12 semaines si on occupe un emploi physique où on doit soulever des poids, par exemple. On récupère habituellement plus vite dans le cas d'une hystérectomie vaginale, qui cause moins de douleurs que l'abdominale. Les deux premières semaines sont consacrées au repos et nécessitent l'aide d'un proche. Pas question de soulever des objets lourds (2,5 kg et plus) ou de s'entraîner. Au fil des semaines, on pourra reprendre graduellement nos activités.

7. L'hystérectomie aura-t-elle un impact sur ma vie sexuelle?
Disons d'abord que, pour permettre aux plaies de bien cicatriser, on recommande de ne pas faire l'amour pendant 6 à 8 semaines après l'opération. Cela dit, oui, l'opération aura un impact, mais il peut être positif ou négatif, selon ce qui a mené à l'intervention. Ainsi, les experts consultés constatent dans leur pratique que l'hystérectomie a un impact positif sur la sexualité de certaines femmes, notamment celles qui avaient des saignements abondants. Mais les études actuelles ne permettent pas de tirer de conclusions claires. «Un tiers des patientes ont moins d'orgasmes après l'hystérectomie, un tiers ne voient pas de changements et un tiers voient une amélioration», indique la Dre Bédard.

8. Est-il normal d'être triste à l'idée de perdre son utérus?
Nicole Reeves, psychologue au Regroupement-clientèle d'obstétrique-gynécologie du CHUM, souligne que subir une hystérectomie entraîne souvent des sentiments dépressifs de fatigue, de dévalorisation et de culpabilité, surtout lorsqu'on doit faire le deuil de notre désir d'avoir des enfants. «Pour beaucoup de femmes, l'utérus représente la féminité et la maternité. Elles se sentent moins belles et attirantes, car elles associent la beauté à la jeunesse et, donc, à l'âge de la procréation», précise-t-elle. Elle recommande de consulter si on ressent de la détresse ou si notre tristesse perdure et entraîne des difficultés dans notre couple. Quelques consultations suffisent parfois.

9. Après l'opération, vais-je être ménopausée?
Cela dépend si on retire ou non les ovaires. Si on les laisse en place, les menstruations cessent, mais les ovaires continuent de sécréter de l'oestrogène et de la progestérone. On ne dit donc malheureusement pas adieu au syndrome prémenstruel et, à la ménopause, on vit les mêmes symptômes que les autres femmes: bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, perte de désir sexuel, etc. Si on retire les ovaires, on tombe tout de suite en ménopause.

10. Mon problème peut-il réapparaître après l'hystérectomie?
Dans les cas de fibromes et de saignements utérins anormaux, non. Le prolapsus ne revient pas non plus. Mais d'autres relâchements, comme celui de la vessie, peuvent survenir, parce que tous les tissus faiblissent avec l'âge. Selon la Dre Bédard, l'endométriose peut réapparaître sur les ovaires si on les laisse en place.