L'hystérectomie en 12 questions
- Par
- Marie-Eve Cousineau
- Publié:
- 23 mars 2009
- Mise à jour:
- 31 mars 2009
Chaque année, environ 10 000 femmes subissent une hystérectomie. Cette chirurgie majeure soulève bien des craintes... et des interrogations. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.
Nos grands-mères l'appelaient la «grande opération». Aujourd'hui encore, on la considère un peu à part des autres chirurgies. C'est que, touchant le coeur même de la maternité, sa portée est plus que physiologique. Pour mieux s'y préparer, il importe de bien comprendre cette intervention particulière.
1. Qu'est-ce qu'une hystérectomie?
Cette chirurgie consiste en l'ablation de l'utérus. On distingue quatre types d'hystérectomie: la subtotale (on enlève le corps de l'utérus, mais on conserve le col); la totale (on retire ces deux parties), la totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale (on enlève l'utérus, le col, les ovaires et les trompes de Fallope) et la radicale (on retire tous ces organes ainsi que les ganglions lymphatiques pelviens et les structures de soutien de l'utérus). Le type d'hystérectomie proposé dépend de la raison médicale qui la motive, mais aussi de notre anatomie, notamment de la taille de notre utérus.
2. Comment se déroule l'hystérectomie?
Il existe trois techniques.
L'hystérectomie abdominale. On pratique une incision de 15 à 20 cm entre le nombril et le pubis (coupe dite bikini ou en fermeture-éclair) afin d'enlever l'utérus et le col (ce dernier peut rester en place). Cette chirurgie, qui nécessite une anesthésie générale, est pratiquée en particulier sur les patientes ayant un gros fibrome, souffrant d'endométriose sévère ou atteintes d'un cancer.
L'hystérectomie vaginale. Effectuée sous anesthésie générale ou péridurale, cette chirurgie est utilisée dans les cas de prolapsus utérin ou lors d'un début de cancer du col. Le chirurgien pratique une incision dans le vagin et, à l'aide de longs instruments, détache l'utérus et le col et les retire par les voies vaginales. «Pour qu'on puisse effectuer cette chirurgie, l'utérus doit bouger facilement et ne pas être trop volumineux», dit le Dr Guy Waddell, obstétricien-gynécologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.
L'hystérectomie vaginale assistée par laparoscopie. On pratique de petites incisions sur l'abdomen et on y insère une caméra et de petits instruments (de la taille d'un crayon) pour morceler l'utérus, que l'on sort ensuite par le vagin. Cette chirurgie s'effectue sous anesthésie générale.
3. Pourquoi a-t-on recours à l'hystérectomie?
Selon les experts consultés, cinq problèmes de santé peuvent mener à cette chirurgie.
Un fibrome utérin symptomatique. Environ 30 % des femmes développent un fibrome, une masse bénigne très dure qui se loge dans l'utérus, selon l'obstétricien-gynécologue Markus C. Martin, professeur associé à l'université McGill. Souvent, elles n'ont pas de symptômes. Toutefois, quand le fibrome est gros (10 cm ou plus de diamètre, soit la taille d'un pamplemousse), il peut entraîner des menstruations abondantes (on remplit plus d'une serviette à l'heure) ou prolongées (plus de sept jours) ou de l'anémie. En faisant pression sur l'uretère et la vessie, il peut aussi provoquer un besoin fréquent d'uriner. Ces symptômes varient selon la taille, l'emplacement et le nombre de fibromes. Des saignements anormaux, soit des menstruations abondantes ou prolongées, soit des saignements entre les règles ou après la ménopause. Ces saignements, qui minent la qualité de vie et peuvent causer de l'anémie, sont une des raisons qui mènent le plus fréquemment à l'opération. Un changement hormonal, un polype ou un fibrome dans la muqueuse utérine peuvent en être en cause. L'endométriose. L'endomètre, la couche de cellules qui tapisse l'intérieur de l'utérus, épaissit chaque mois pour accueillir un embryon. Lorsqu'on souffre d'endométriose, certaines cellules de l'endomètre se développent à l'extérieur de la cavité utérine (sur les ovaires, par exemple), créant des plaques ou des cicatrices qui saignent chaque mois, ce qui peut entraîner des douleurs menstruelles, pelviennes ou lors des relations sexuelles.
Un prolapsus utérin. Ici, le col de l'utérus descend dans le vagin, en raison du relâchement des muscles et des ligaments pelviens. Selon le Dr Michel Fortier, obstétricien gynécologue et professeur de clinique à l'Université Laval, le prolapsus se manifeste le plus souvent chez les femmes ménopausées qui ont vécu plusieurs grossesses. Il peut notamment entraîner une sensation de lourdeur dans le vagin, une difficulté à retenir ses urines et gêner les relations sexuelles. Un cancer de l'endomètre, de l'utérus, du col ou des ovaires.
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