1. Les nausées

Traitement conventionnel: On a recours à divers médicaments, selon la gravité des nausées et leur cause (on parle principalement des nausées de grossesse, de celles associées à la chimiothérapie et de celles subséquentes à une opération). Les médecins fournissent également une liste de recommandations préventives, comme d'éviter les repas copieux et les aliments difficiles à digérer.

On peut essayer... l'acupuncture

L'acupuncture est une des cinq composantes de la médecine traditionnelle chinoise. L'insertion d'aiguilles à la surface de la peau aiderait à réguler le Qi (prononcé chi), une sorte d'énergie qui circulerait dans le corps, soulageant ainsi différents problèmes. L'acupuncture a fait l'objet d'une multitude d'études scientifiques au fil des ans. En 1997, par exemple, les prestigieux National Institutes of Health des États-Unis ont émis un avis dans lequel ils reconnaissent que l'acupuncture est «efficace pour soulager chez l'adulte les nausées et les vomissements postopératoires ou liés à la chimiothérapie». De même, une étude publiée en 2004 en Croatie démontrait que l'acupuncture soulage efficacement les nausées associées à la grossesse.

«Il y a une complémentarité entre l'acupuncture et les médicaments contre les nausées de grossesse, explique l'acupunctrice Pascale Tremblay, membre du conseil d'administration de l'Ordre des acupuncteurs du Québec. Seules, l'acupuncture ou la médication pourront ne pas être suffisantes pour soulager la patiente. Il y a aussi des femmes qui consultent en acupuncture parce qu'elles veulent prendre le moins de médicaments possible pendant leur grossesse.»

Pascale Tremblay précise que le traitement ne sera pas le même pour la nausée de grossesse que pour celle découlant de la chimiothérapie. Dans le premier cas, dit-elle en prévenant qu'elle «sur-vulgarise» le tout, on peut évoquer un surplus d'énergie qu'il faut réguler pour qu'elle circule correctement. Dans le second, l'énergie fait plutôt défaut et le traitement visera à relancer la circulation de celle encore présente dans l'organisme.

Chez les femmes enceintes, un soulagement pourra être obtenu après seulement un ou deux traitements. Dans le cas d'une chimiothérapie, l'intervention de l'acupuncteur se poursuivra pendant toute sa durée. Un traitement en acupuncture pourra aussi être pertinent avant et après chaque séance de chimio.

L'acupuncture produit très peu ou pas d'effets secondaires. Par contre, l'acupuncteur doit prendre certaines précautions lorsqu'il traite une femme enceinte, car certains points d'acupuncture peuvent déclencher des contractions. «Il faut adapter notre traitement, explique Pascale Tremblay. Celui pour les nausées ne comporte aucun danger de fausse-couche.» Si tous les acupuncteurs sont formés pour traiter les femmes enceintes, certains choisissent de ne pas le faire; d'autres, au contraire, en font leur principale clientèle.

Mise en garde: On entame un traitement complémentaire avec autant de précaution qu'un traitement traditionnel. On n'entreprend pas un traitement sans l'avis de notre médecin (pas question de le lui cacher) et on évite d'abandonner tous nos traitements traditionnels au profit de thérapies alternatives; d'ailleurs, ces dernières se disent aussi souvent «complémentaires».