9. Humeur dépressive

«Depuis quelques semaines, mon conjoint est triste. Plus rien ne lui tente (y compris le sexe). Il dort mal et a de la difficulté à se concentrer. Est-ce que c'est une dépression? On parle tellement du suicide chez les hommes... je m'inquiète pour lui.»

Cela pourrait être: la dépression, une maladie mentale qui survient lorsque la chimie du cerveau fait défaut. Selon Statistique Canada, près de 4 % des hommes au Québec disent avoir déjà vécu un épisode de dépression majeure. On peut parler de dépression si notre conjoint a une humeur dépressive (qui ne se manifeste pas seulement par de la trisesse ou de l'apathie, mais aussi par des accès d'impatience, de colère, etc.), éprouve des troubles de l'appétit et du sommeil et ressent une baisse d'énergie depuis au moins deux semaines.

Quand consulter? De deux à quatre semaines après l'apparition des symptômes, selon la Dre Johanne Blais, médecin de famille. Si on perçoit des envies suicidaires chez notre conjoint, on n'hésite pas à lui poser la question sans détour: Songes-tu à te suicider? Où, quand et comment comptes-tu le faire? On contacte le Centre de prévention du suicide de Québec (1-866-APPELLE ou 1-866-277-3553). S'il a des intentions suicidaires, Sylvie Nadeau, directrice générale du Centre de prévention du suicide de Québec, conseille de l'accompagner à l'urgence.

Et ensuite? Dans les cas de dépression légère ou modérée, notre conjoint, en discutant avec son médecin, pourra opter pour la psychothérapie ou pour une combinaison de psychothérapie et de médicaments. Dans les cas graves, lorsque les pensées noires empêchent totalement la personne de fonctionner, on peut prescrire des antidépresseurs pour une période de 9 à 12 mois, indique la Dre Blais.

10. Ménopause au masculin

«On dirait que mon conjoint vit lui aussi une ménopause: diminution de la libido, bouffées de chaleur, fatigue, irritabilité, dysfonction érectile.»

Cela pourrait être: l'andropause, un phénomène lié à la chute de la testostérone (une hormone sexuelle mâle) qui survient entre 45 et 65 ans. À partir de la quarantaine, le taux de testostérone décline progressivement chez tous les hommes. Pour certains, cette baisse peut occasionner les symptômes cités plus haut. Toutefois, contrairement à la ménopause, l'andropause ne sonne pas le glas de la fertilité.

Quand devrait-il consulter? S'il éprouve moins de désir et se sent fatigué et irritable sans que ces symptômes ne soient associés à un autre problème comme le surmenage, selon le Dr Jean-Patrice Baillargeon, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Et ensuite? Le médecin fait un bilan de santé général et prescrit une analyse sanguine qui mesure notamment le taux de testostérone. Si ce taux se situe sous la normale, le médecin peut prescrire de la testostérone de remplacement sous forme de comprimés, de gel, de timbres cutanés ou d'injections intramusculaires, explique le Dr Baillargeon.


Dépister... pour l'en sauver

Pour la plupart de ces maladies, le dépistage pourrait faire la différence. À mettre absolument à l'agenda de notre homme avant que les problèmes ne s'installent!

  • Chaque mois: l'autoexamen des testicules (dès l'âge de 15 ans). Après le bain ou la douche, il devrait examiner son scrotum (la poche de peau flasque contenant les testicules) pour s'assurer qu'il n'est pas enflé, et faire rouler chaque testicule entre le pouce et un doigt afin de déceler toute anomalie.
  • Tous les ans ou aux deux ans: un test pour déceler la présence de sang dans les selles qui indiquerait un cancer colorectal (à partir de 50 ans). Ce test consiste à recueillir des échantillons de selles à la maison, qui seront analysés en laboratoire. Si on le dépiste tôt, le cancer colorectal peut être soigné dans 90 % des cas.
  • À chaque examen annuel: un toucher rectal afin de détecter un cancer de la prostate (à partir de 50 ans). Le médecin palpe la prostate et vérifie sa taille, sa forme et sa texture. Il peut également prescrire une analyse sanguine.
  • Aux 3 ans: une prise de sang pour mesurer le taux de glycémie, comme le conseille l'Association canadienne de diabète (à partir de 40 ans). Les hommes qui souffrent d'obésité, d'hypertension, d'hypercholestérolémie et de maladies cardiaques, qui ont des antécédents de diabète dans leur famille ou qui sont d'origine autochtone, africaine, latino-américaine ou asiatique (des groupes plus à risque) devraient faire le test de dépistage avant cet âge et/ou plus souvent.


    Pour en savoir plus
  • Agence de la santé publique du Canada
  • La Fondation des maladies du coeur du Canada
  • La Société canadienne du cancer
  • L'Institut de ressources médicales en andropause