Une méta-analyse effectuée en 2004, basée sur près de 50 études, essais et recherches épidémiologiques, en arrive à la conclusion que la possibilité que l'aspartame, la saccharine et le cyclamate puissent constituer un facteur de risque de cancer est négligeable. Dans un même ordre d'idée, suite à l'évaluation de données récentes, le Centre international de recherches sur le cancer (IARC) a conclu que la saccharine ne pouvait plus être considérée comme une substance potentiellement cancérigène. Et le National Toxicology Program (NTP), aux États-Unis a retiré la saccharine de sa liste de substances suspectées de causer le cancer. De ce fait, Santé Canada est à réévaluer la pertinence de l'interdiction d'utilisation de la saccharine comme additif alimentaire.
Toutefois en ce qui a trait au sucralose, acésulfame-K et néotame, étant donné leur utilisation relativement récente et l'absence d'études épidémiologiques, on ne peut évaluer leurs effets à long terme et on ne peut donc se prononcer sur leur potentiel effet cancérigène. Jusqu'à présent, rien n'indique que le sucralose ait des effets secondaires indésirables et, de plus, étant donné que le corps ne peut l'utiliser pour fournir de l'énergie puisqu'il n'est pas absorbé, il semblerait étonnant qu'il soit dommageable.
Autres effets pour le moins sucrés!
Du côté de l'aspartame, beaucoup de scientifiques s'entendent pour dire que certaines personnes pourraient y être particulièrement sensibles et éprouver des migraines suite à son ingestion, un peu comme dans le cas de la caféine, du vin rouge ou du glutamate monosodique. Également, les personnes souffrant de phénylcétonurie devraient s'abstenir d'utiliser l'aspartame.
Dans un autre ordre d'idée, il semblerait que la consommation de saccharine pourrait davantage nuire qu'aider lorsqu'on tente de perdre du poids. En effet, la saccharine entraînerait une incitation à manger davantage pour compenser l'absence de calories, à tout le moins chez les souris d'une étude effectuée en 2008 à l'université Purdue aux États-Unis. L'aspartame et le sucralose auraient le même effet, soit rendre le mécanisme de contrôle de l'appétit déficient, selon les auteurs de l'étude. Il serait plausible de transposer les résultats à l'échelle humaine, étant donné l'augmentation de l'obésité malgré la grande disponibilité et l'utilisation des substituts de sucre.
Alors, faut-il se sucrer le bec sans sucre?
De façon générale, si on pense aux substituts de sucre dans le cadre d'une perte de poids, il semblerait que leur consommation peut être utile en autant qu'il y ait aussi une alimentation équilibrée et de l'exercice. Il est toujours préférable d'avoir une vision d'ensemble de son alimentation, un équilibre et de la variété plutôt que de cibler les bienfaits et les défauts d'un aliment en particulier. Il ne faut pas perdre de vue que le fait d'enlever le sucre du chocolat ou des biscuits ne les rend pas sans gras ni sans calories. Ces produits demeurent une source de calories, pas nécessairement des plus nutritives, contrairement aux fruits, légumes et produits céréaliers de grains entiers.














