On vante sa teneur en bons gras, mais on craint les contaminants qu'il peut contenir. On nous incite à en consommer davantage, mais la variété et la fraîcheur manquent parfois à l'appel. C'est sans compter notre habitude de le surcuire, qui laisse sa chair sèche, caoutchouteuse et insipide. Rien d'étonnant à ce que nous lui préférions encore la viande et la volaille.

Toute une prise!
Sur le plan nutritif, le poisson n'a rien à envier à ses rivaux à plumes ou à poils. Non seulement regorge-t-il de protéines pour peu de gras saturés et de calories, mais il enrichit notre alimentation de précieux minéraux parfois difficiles à obtenir autrement: sélénium, iode (les poissons d'eau salée), magnésium, fer, cuivre et même du calcium si on consomme les arêtes, dans le cas du saumon en boîte, par exemple, qui nous apporte jusqu'à 100 % de la valeur quotidienne recommandée (VQR). C'est aussi l'une des rares sources alimentaires naturelles de vitamine D, surtout les espèces grasses comme le saumon, les sardines et le maquereau. Les valeurs nutritives des poissons varient selon la teneur en gras du poisson, mais varient très peu selon l'espèce. Les poissons dits maigres, se reconnaissent à leur chair blanche (sole, plie, aiglefin, morue, goberge, sébaste, thon blanc) alors que les poissons à chair foncée sont généralement gras (saumon sockeye, sardine, truite arc-en-ciel, thon).

Des oméga-3 exclusifs
Mais encore, le poisson est surtout reconnu pour son apport exceptionnel en gras oméga-3, un des nutriments qui manquent le plus à notre alimentation occidentale. Au palmarès des poissons ayant une teneur élevée en oméga-3: le maquereau (2,6 g par 100 g, cru), la truite de lac (2 g), le saumon d'élevage Atlantique (1,9 g), le hareng (1,8 g), le thon albacore (1,5 g) et les sardines ou les anchois (1,4 g). En fait, tous les poissons, même les poissons maigres (goberge, sole, morue et autres), de même que les fruits de mer en contiennent, alors que la viande, elle, n'en contient pas.
Qu'ils soient de source végétale (graines de lin, soja, huile de canola et autres) ou marine (poissons et fruits de mer), tous les oméga-3 sont bons, et on gagne à en consommer davantage. Mais lorsqu'il est question de bienfaits pour la santé cardiaque, les deux oméga-3 exclusifs au poisson, l'acide eicosapentaénoïque (AEP) et l'acide docosahexaénoïque (ADH), seraient les plus efficaces. On les associe également à la prévention de nombreux désordres dégénératifs, mentaux et inflammatoires (maladies d'Alzheimer, de Parkinson et de Crohn, dépression, hyperactivité, arthrite rhumatoïde et autres). De plus, ces bons gras, en particulier l'ADH, joueraient un rôle important dans le développement normal du cerveau et des yeux chez le foetus et le jeune enfant. Évidemment, si notre poisson baigne dans le beurre, la crème, le fromage, la friture et autres sources de mauvais gras trans ou saturés, ses bénéfices santé s'en trouveront dilués.