Francesca Sicuro est psychologue clinicienne et travaille en pratique privée depuis 27 ans. Elle a travaillé huit ans dans des cliniques d'hôpitaux à Montréal et a été chargée de cours à l'université. Elle s'intéresse à la psychologie de la santé et au mieux-vivre sous toutes ses formes.

Clinique René Laënnec, 1100, av. Beaumont, bureau 307, Mont-Royal, (514) 762-3069.

Q.: J'ai 64 ans. Toute ma vie, j'ai pesé entre 120 et 126 livres, avec mes 5 pieds et 6 pouces. Je pèse maintenant 185 livres et je ne sais plus comment m'habiller. J'ai pris du poids à la suite d'une grave maladie et d'un divorce. Comme j'ai dû déménager, j'ai perdu mon noyau social, ce qui me plonge dans une solitude malsaine et me rend beaucoup moins active. Je suis toujours fatiguée. Les épreuves des dernières années ont grugé toute mon énergie. Pourtant, j'habite dans un immeuble muni d'une piscine et d'une salle d'exercices. J'ai tout ce qu'il faut pour être plus active, mais je me trouve toujours des excuses pour ne rien faire…


R.: Vous avez évidemment eu peu de pouvoir sur la maladie qui a entraîné votre prise de poids. Cela a certainement contribué au fait que vous ayez réagi en vous sentant déprimée et découragée. Vous êtes ainsi entrée dans un cercle vicieux : plus vous êtes déprimée, moins vous avez le goût de bouger, de faire des efforts, de vous mobiliser. Et ce n'est pas par paresse! Selon votre témoignage, je serais portée à croire que vous faites une dépression. C'est pourquoi je vous conseille de consulter un médecin qui pourra juger de la pertinence de vous prescrire des antidépresseurs. Il serait bon également que vous consultiez un psychologue afin d'entreprendre une thérapie qui vous aidera à exprimer ce que vous ressentez et à dépasser cette dépression qui vous mine. Si vous n'avez pas les moyens financiers de consulter au privé, demandez de l'aide à votre CLSC.
Ceci dit, il vaut la peine que vous tentiez d'utiliser dès maintenant le peu d'énergie que vous avez. C'est en effet la seule façon de freiner la spirale vers le bas qui maintient et aggrave votre situation. Mobilisez ce peu d'énergie à ce qui est le plus bénéfique et le plus rentable, même s'il s'agit d'un effort inimaginable. Par exemple, bouger un peu et de plus en plus, peu importe comment et où, à votre rythme. Au début, vos efforts seront probablement très lents et de courte durée, mais persévérez en recommençant encore et encore. L'activité physique est un antidépresseur naturel, une façon d'évacuer le stress et un des meilleurs moyens de se réénergiser. Quelques suggestions pour commencer: en vous réveillant le matin, faites quelques étirements dans votre lit; assise dans un fauteuil, levez tour à tour les bras et les jambes et étirez-vous; faites le ménage en bougeant un peu plus vigoureusement; marchez sur place en cuisinant; mettez de la musique et dansez dans votre salon; quittez l'ascenseur un étage plus bas et prenez l'escalier jusqu'à votre logement; à la piscine, laissez-vous d'abord flotter, puis bouger tout doucement et de plus en plus chaque fois…

Enfin, je vous suggère également de consulter une nutritionniste qui pourra vous donner de précieux conseils alimentaires en tenant compte de votre condition médicale. La clé est d'aller chercher l'aide et le soutien qui vous permettront de quitter votre état dépressif.