Les toxines peuvent-elles s'accumuler?
«Normalement, non. L'organisme les traite à mesure», explique Olivier Barbier. Toutefois, certaines parviennent à s'incruster. Ainsi, le plomb se loge dans les os, le cadmium dans les reins, le mercure, les BPC et les pesticides dans les graisses. Si le plomb est aujourd'hui, grâce à la disparition de l'essence qui en contenait, de trois à quatre fois moins présent dans l'environnement, le cadmium fait toujours partie de la vie des fumeurs (la fumée de cigarette en est la principale source). Quant aux pesticides, ceux qu'on utilise de nos jours «ont une durée de vie dans l'organisme qui est beaucoup plus faible que ceux de la première génération comme le DDT, note Claude Viau. Comme ils se détruisent au contact de l'air ou de la lumière, les résidus éventuels sur les fruits et légumes ont généralement une durée de vie relativement courte.»

Est-ce dangereux?
C'est la dose qui fait le poison, rappelle Claude Viau. Tout est question d'exposition. «Monsieur et madame Toutlemonde, s'ils ne sont pas des travailleurs industriels spécialement exposés par exemple, vivront toute leur vie normalement et mourront avec un peu de plomb dans leurs os, un peu de cadmium dans leurs reins et des pesticides dans leurs graisses sans qu'il y ait eu d'effet notable», tempère-t-il.

Comment le corps élimine les toxines?
Quelques toxines peuvent sortir par la sueur, mais c'est très marginal. «À tout moment de la journée, des toxines circulent dans notre sang, et l'organisme s'ajuste constamment pour les évacuer de manière optimale, poursuit Olivier Barbier. Même si on sait que le foie est spécialisé dans cette tâche, on a de plus en plus de preuves que chaque cellule du corps, pas seulement celles du foie, serait équipée pour éliminer les toxines.»

Comment fonctionnent les produits de détox?
La plupart sont un mélange d'extraits de plantes à prendre sous forme de capsule. Les plantes agiraient sur le foie, les reins ou les intestins pour stimuler l'élimination des toxines. Parfois aussi, il s'agit de jeûnes et de traitements d'irrigation du côlon.

Et c'est efficace?
«Il est impossible de se prononcer là-dessus puisque aucun essai clinique ou étude probante n'a été réalisé sur les cures de détox», répond la Dre Sylvie Dodin, titulaire de la chaire d'enseignement et de recherche sur les approches alternatives de l'Université Laval.

«L'efficacité de certaines plantes a été démontrée, mais pas selon le principe de cure, nuance Jean-Yves Dionne, pharmacien consultant en produits naturels. La grande difficulté avec les plantes, et surtout avec les cures qui en contiennent plusieurs, c'est qu'on peut difficilement déterminer quels composés sont actifs. Ce n'est pas comme en médecine traditionnelle, où on ne teste qu'un élément à la fois.»