L'adulte québécois moyen consomme 3 300 mg de sel chaque jour, selon une enquête menée en 2004 par Statistique Canada. C'est une fois et demie la quantité maximale recommandée! En effet, on ne devrait pas consommer plus de 2 300 mg de sodium quotidiennement, soit l'équivalent d'une cuillerée à thé. La quantité maximale est de 1 900 mg chez les 4 à 8 ans, et de 1 500 mg chez les petits de 1 à 3 ans. Il faut bien un peu de sodium au corps pour maintenir le niveau d'eau dans le sang et assurer la conduction des influx nerveux et la contraction des muscles, mais jamais autant que ce que la majorité consomme.

Les trois quarts du sodium qu'on ingurgite se cachent dans les repas-minute (un hamburger ordinaire en contient 1 000 mg) et dans les produits préemballés prêts à consommer: charcuteries, bouillons, sauces (soya, chili, barbecue, etc.), condiments (ketchup, moutarde, mayonnaise, vinaigrette, etc.), craquelins, grignotines, soupes, légumes en conserve, etc. On en trouve aussi dans certaines céréales et dans le thon en boîte.

Les fabricants utilisent le sel comme agent de conservation, mais aussi pour relever le goût, évidemment. Ce qui explique pourquoi ils en ajoutent même dans les produits surgelés. «Un repas surgelé peut en contenir jusqu'à 1 500 mg», signale Amélie Roy, nutritionniste et coordonnatrice de la clinique universitaire de nutrition Nutrium du Département de nutrition de l'Université de Montréal. Il n'est donc pas étonnant que bien des Québécois aient développé le goût du sel (voir «D'où viennent ces envies?», page 128). «Plus on en mange, moins on le goûte, et plus on en ajoute», explique Amélie Roy.

Consommer trop de sel n'est pas sans conséquence: cela peut entraîner l'hypertension, un facteur de risque des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de l'insuffisance cardiaque et rénale.